Young Romance : du Jack Kirby sans baston ni spandex [critique]

Young Romance : du Jack Kirby sans baston ni spandex [critique]
couverture (image © Komics Initiative)

Entre la création de Captain America et celle des Quatre Fantastiques, Jack Kirby inventa avec Joe Simon un genre nouveau, les romance comics. C’est ce travail que Komics initiative nous propose de redécouvrir.
■ par Mad Monkey

 

Young Romance : du Jack Kirby sans baston ni spandex [critique]
Young Romance (image © Komics Initiative)

Un morceau d’histoire

Si c’est un indispensable pour les fans des créateurs de Captain America, il serait dommage décontextualiser Young Romance. Après la fin de la Guerre, les populations aspirent à retrouver une certaine tranquillité et n’ont plus goût pour les combats épiques. En conséquence les lecteurs délaissent les super-héros, c’est le début de la fin du Golden Age. Joe Simon va alors avoir l’idée d’un genre nouveau pour relancer les ventes. Il se propose d’écrire des comics pour les jeunes femmes. En effet, bien que ciblant les enfants, les comics sont aussi largement lus par les adultes. De plus, les hommes revenant du front, les femmes sont priées de quitter la vie active, ce qui les pousse à chercher des divertissements peu coûteux.

 

Young Romance : du Jack Kirby sans baston ni spandex [critique]
Young Romance (image © Komics Initiative)

Pour un public plus adulte

Young Romance met donc en scène des jeunes femmes dans des histoires sérieuses. Format court oblige, ça se traduit par une grande diversité de situations et de thématiques. Les romances ne connaissent pas toutes des fins heureuses. Elles peuvent mettre en scène des femmes aspirant à s’émanciper, des couples issus de milieux différents, d’anciens ennemis, etc. Jack Kirby porte une grande attention aux détails, que ce soit pour les attitudes, les tenues ou encore les décors. Il fait ainsi passer visuellement beaucoup d’informations sur les caractères ou la vie des personnages.

 

Young Romance : du Jack Kirby sans baston ni spandex [critique]
Young Romance (image © Komics Initiative)

Un titre de son époque

Grâce au talent des auteurs, Young Romance a fait preuve d’une grande modernité et se lit encore avec plaisir. Mais Young Romance reste une série créée en 1947, avec tout ce que ça implique. Par exemple, le mariage est essentiel à une fin heureuse et la méthode de « séduction » standard consiste à insister jusqu’à ce que la dame cède. Et la mise en place du Comics Code Authority en 1954 ne va pas arranger les choses. Si les artistes ne cédèrent pas à la facilité, les histoires perdent malgré tout en dureté et en dimension critique. Bref, Young Romance est aussi un bon moyen d’évaluer l’influence du Code sur les publications.

Young Romance : du Jack Kirby sans baston ni spandex [critique]
couverture (image © Komics Initiative)
Young Romance est une anthologie de 416 pages contenant 38 récits écrits par Joe Simon et dessinés par Jack Kirby. Il contient en plus des textes inédits de Jean Depelley et Marc Duveau. Mais aussi des illustrations exclusives d’Antonio Lapone, Laurent Zimny, Josselin Billard et Sarah Ink, Victor Santos, Lucky Star, Michel Montheillet, Fred Grivaud, Franck Biancarelli, Louis, Guillomcool. Cet album cartonné à dos toilé est édité en France par Komics Initiative au prix de 50 €. Il réunit en un seul tome les deux volumes de l’anthologie américaine Young Romance : The Best of Simon and Kirby’s Romance Comics publiés chez Fantagraphics. Les épisodes originaux (Young Romance #1-11, #13, #21, #23, #34, #80, #85, #99, Young Love #1-2, #37, #50, Western Love #2, et Real West Romance #4) sont parus aux USA entre 1947 et 1959 chez Crestwood.

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