The Magic Order : la nouvelle série de Mark Millar et d’Olivier Coipel est-elle une réussite ? [avis]

The Magic Order
(image © Image Comics)

Mark Millar sait s’entourer. Le scénariste écossais demande à Olivier Coipel de le rejoindre pour The Magic Order, 1re série originale du Millarverse depuis l’accord entre sa compagnie et Netflix. The Magic Order est donc une série superficielle au niveau de l’histoire, trop calibrée pour plaire à tous mais qui prend une ampleur insoupçonnée grâce aux dessins splendides d’Olivier Coipel.
■ par Doop

 

The Magic Order
(image © Image Comics)

 

Depuis des centaines d’années, 5 familles de magiciens survivent au nez et à la barbe des humains. Civils le jour, ils se réunissent la nuit et combattent toutes les menaces supranaturelles qui touchent la terre, réunis au sein d’un ordre secret. Mais les meurtres à répétition de certains membres de l’ordre déclenchent la panique. The Magic Order s’intéresse particulièrement à la famille Moonstone. Il y a le père, Leonard, qui fait des spectacles de magie. Et surtout ses enfants : Gabriel, qui a abandonné la magie depuis un accident ayant entraîné la mort de sa jaune fille ; Regan, qui suit les traces de son père et Cordielia, la rebelle. Mais la famille Moonstone, son château caché dans une peinture et son grimoire magique font bien des envieux. Qui est le mystérieux magicien qui semble plus puissant que tout le monde et pour qui travaille-t-il ? Vous le saurez en lisant The Magic Order, minisérie en 6 épisodes.

 

The Magic Order
(image © Image Comics)

 

Quand Sabrina rencontre Dallas

Mark Millar a vendu The Magic Order comme un mélange entre Harry Potter et les Soprano. Je suis un peu moins enthousiaste pour le coup. Coupons court à toute polémique : The Magic Order est une histoire bien menée et lisible. C’est distrayant mais pour le coup, c’est extrêmement vide. En fait, il ne se passe pas grand-chose durant ces 6 épisodes. Toute la bonne volonté des 2 auteurs ne suffit pas à nous en donner pour notre argent. Le problème, c’est que si le scénariste écossais a abandonné ses scénarios provocs et cyniques pour se recentrer sur ses histoires, il a toujours une fâcheuse tendance à écrire pour les adaptations télévisées. De fait, on retrouve dans The Magic Order une structure plus que classique, à savoir des meurtres mystérieux, des personnages « à la mode » et un ordre secret. Il y a bien un retournement final et une grosse bagarre à la fin. Si on y rajoute un personnage féminin fort, vous avez tous les ingrédients d’une série télévisée actuelle. Ce n’est pas non plus très grave, mais je trouve que finalement, Mark Millar n’utilise pas toutes les possibilités offertes par ce medium pour se concentrer uniquement sur ce qui pourrait être adapté. On est quand même très loin des délires psycho-pop de Steve Ditko sur Dr Strange. Arrivé au 5e numéro, je me suis vraiment dit : « tout ça pour ça ? ». De fait, la structure du récit est tellement calquée sur ce que l’on voit et lit à longueur de journée que finalement, même les retournements de situation n’ont plus d’impact. L’univers de The Magic Order n’est pas non plus si développé que ça, on est plutôt centré sur des histoires de familles basiques qui font plus penser à une sitcom qu’aux Soprano. Il y a toutefois quelques points forts, à savoir le personnage de Cordelia, sorte de magicienne rebelle qui va devoir assumer son statut et qui nous fait retrouver un peu le côté « sale gosse » de Millar. Si l’histoire de The Magic Order est sans accroc, elle reste tout de même trop superficielle. On aurait ironiquement aimé un peu plus de magie !

 

The Magic Order
(image © Image Comics)

 

Le retour d’Olivier Coipel

À LIRE AUSSI : Magic Order : la nouvelle création de Mark Millar et Olivier Coipel pour Netflix
Sincèrement, j’ai été assez critique du travail d’Olivier Coipel chez Marvel. Fan de la 1re heure et de ses Legion avec Dan Abnett et Andy Lanning où il nous donnait un dessin très original et qui se démarquait du reste de la production de l’époque (un style que j’appelais « bachalo-crade » avec son compère Pascal Alixe). J’avais vraiment aimé ses 1res incursions dans l’univers Avengers (Zone Rouge). Malheureusement, j’ai été déçu de son travail qui a suivi (ce qui est assez ironique dans la mesure où c’est certainement cette période qui en a fait une superstar). Pour moi, Olivier Coipel, dévoré par l’encrage de Mark Morales, perdait au fil des épisodes toute sa particularité. De plus, il a eu énormément de soucis au niveau des délais (ce qui est assez constant depuis ses débuts). De fait, je l’ai un peu perdu de vue. Et là, je dois admettre qu’il m’a totalement bluffé. Sur Thor : La Guerre de l’Indigne, le dessinateur amorçait un mieux. Déjà, il s’encre lui-même et on retrouve un peu le style de ses débuts. Mieux que ça, Olivier Coipel arrive à produire une synthèse entre tous ses styles qui lui permet d’assurer 6 numéros d’affilée sur une série (ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps). C’est beau, c’est réfléchi et même si on a l’impression que certains passages sont plus de story-boards qu’autre chose, c’est sans aucun conteste une réussite. ■

The Magic Order
(image © Image Comics)




A propos Doop 213 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.