The Isolated Zone, du post apocalyptique réaliste [avis]

the isolated zone
(image © éditions H2T)

Les récits de fins du monde sont légion en bandes dessinées. Mais rares sont ceux qui peuvent se targuer d’être crédible dans la cause d’origine du désastre et le traitement de la survivance. Pourtant, The isolated zone, un seinen disponible aux éditions H2T, réussi cet exploit !
■ par Dragnir

the isolated zone
(image © éditions H2T)

 

La survie du plus fort

Un scientifique véreux a voulu faire de l’argent en revendant un virus conçu pour être une arme bactériologique particulièrement meurtrière. Par malheur, lors de la transaction, un tremblement de terre a lieu et l’agent pathogène est libéré dans l’atmosphère. Pour les habitants, la mort survient à brève échéance. Pour ceux qui survivent, ils demeurent porteur sains et donc contagieux. Le gouvernement japonais prend alors une décision radicale : isoler toute la zone du sud de la région de Kanto, abandonnant les survivants au sort peu enviable de la survie dans ce territoire en quarantaine. Un an plus tard, le jeune Tetsu est à la tête d’un groupe, quelques enfants qui tentent de survivre malgré la désolation et la maladie qui frappe toujours. Leur quotidien est donc une lutte constante pour trouver des moyens de subsistance, mais aussi pour combattre les groupes de pillards qui applique la loi du plus fort. Pire encore, un homme se faisant appeler « l’Empereur » organise des raids encore plus violents dont vont souffrir les enfants.

 

the isolated zone
(image © éditions H2T)

 

Une si réelle cruauté

Allons droit au but, la force de The isolated zone est le fait que tout est plausible ! Ici, pas de mutants, de zombies ou de force mystique qui sonne le glas de l’humanité. Non, ici s’expose simplement l’inconscience de l’homme qui manipule ce qu’il ne maitrise pas et aux conséquences terribles que cela peut engendrer. Ici nous sommes face à la barbarie et la cruauté qui va au-delà de la simple nécessité de survie. Et personne n’est épargné, ni femmes, ni enfants ! L’histoire de The isolated Zone est sans concessions et bien malin est le lecteur qui sera capable de savoir qui survivra et qui périra. Alors dit comme ça, on peut se dire que ce genre de contexte et d’implacabilité concernant les personnages se retrouve dans des séries comme Game of Thrones ou Walking Dead, c’est indéniable. Mais The Isolated Zone a été écrit en 1980 et c’est donc à une mangaka visionnaire et très en avant sur son temps à laquelle nous avons affaire. Mieux que cela, l’auteure le fait avec une intensité émotionnelle proprement incroyable. Le lecteur souffre à chaque disparition, chaque agonie est ressentie et c’est la force de ce  titre.

 

the isolated zone
(image © éditions H2T)

 

Ça sent bon le rétro

À LIRE AUSSI : Les Brumes d’Arcadia : une BD française écolo avec des robots [Avis]
L’originalité de The isolated zone, c’est aussi qu’il n’a jamais été publié au Japon car nous avons affaire à un dôjinshi, l’équivalent nippon d’un fanzine. Cet aspect confère au livre un charme propre aux œuvres écrites avec la grande liberté des fanzines, un état de fait tout à fait jouissif car la créativité s’exprime sans garde-fou. Par contre, il est clair que The isolated zone est clairement d’une œuvre de jeunesse de Nao Yazawa devenue depuis lors une auteure reconnue au niveau international. Le trait y est cependant d’une indéniable qualité. Quand bien même il est marqué par le sceau de son époque, il n’est en rien désuet. Tout le potentiel du talent de l’artiste est déjà bel et bien là. Bien sûr, on n’échappe pas aux quelques difficultés narratives liées à la jeunesse de Nao Yazawa. Mais celle-ci retombe sur ses pieds rapidement et cela ne nuit même pas à la fluidité ou la compréhension. The Isolated zone est un titre d’une grande force émotionnelle qui vous prendra aux tripes. ■

the isolated zone
(image © éditions H2T)




A propos Dragnir 41 Articles
Dragnir , c'est 120 kilos d'amour des comics ! Lecteur depuis plus de 40 ans, il est désormais muni d'un cal au pouce de plus de 9 cm a force de tourner les pages des comics indépendants voire underground US ou UK dont il s'est fait une spécialité.