Superman Rebirth tome 6 : un vrai « feel good » comics pour vous remonter le moral ! [avis]

(image © DC Comics)

Si vous n’attendiez rien de cette fin de run sur Superman Rebirth, vous pourriez bien être surpris ! Sans tomber dans la mièvrerie, ces épisodes font un sacré coup de bien au moral tout en faisant subtilement réfléchir sur des thèmes d’actualité. Une jolie surprise dont vous auriez tort de vous priver !
■ par Stéphane Le Troëdec

(image © DC Comics)

La disparition de Darkseid a laissé vacant le trône d’Apokolips. Très impliqué dans son rôle de protecteur de Metropolis, Lex Luthor a négligé l’ancien royaume du pire tyran que l’univers ait connu. Mais les habitants d’Apokolips se rappellent à lui en le kidnappant via un tunnel boom. En effet, il y a urgence : des factions rivales s’affrontent pour s’emparer du trône délaissé… Incapable de gérer seul ces multiples menaces, Lex Luthor téléporte Superman manu militari sur Apokolips pour l’aider à se sortir de cette situation délicate. Problème : Luthor a aussi téléporté l’épouse de Superman, Lois Kent, et leur fils Jonathan, en pleine territoire ennemi

 

(image © DC Comics)

 

Un héritage familial

Dans les comics, quand ils évoquent la famille, les scénaristes mettent généralement en scène des familles dysfonctionnelles. Peter J. Tomasi, Patrick Gleason s’y étaient déjà essayé avec le duo Batman and Robin, père et fils. Prenant le contrepied de leur travail précédent et de la « sinistrose » ambiante, Superman Rebirth tome 6 fait souffler un grand vent de fraicheur. Dans ces aventures, Clark Kent n’est pas le seul héros. Peter J. Tomasi, Patrick Gleason et James Robinson composent une dynamique équilibrée dans laquelle les 3 membres de la famille Kent trouvent une juste place. On connait depuis longtemps déjà les rapports complices entre Lois et Clark. Jonathan, leur fils doté lui aussi de superpouvoirs, vient alors renforcer l’intérêt de ces aventures. Et bien autrement qu’en étant une simple « victime » des ennemis de Superman. Kal-El apprend petit à petit à transmettre à son fils un héritage multiple : ses valeurs, sa culture kryptonienne, et son expérience. Et bien évidemment, Lois reste la pierre angulaire de cette famille, pétillante, pleine de vie, veillant sur son époux et s’inquiétant pour son enfant. Ce qui ne l’empêche pas de prendre part à sa manière, souvent bienveillante et même parfois très active comme dans les 4 épisodes d’«Imperius Lex » qui ouvrent ce Superman Rebirth tome 6.

 

(image © DC Comics)

 

Feel good comics !

À LIRE AUSSI : Man of Steel : quand John Byrne redéfinissait les origines de Superman ! [la critique]
Superman Rebirth tome 6
réussit quelque chose de particulièrement agréable : proposer des intrigues, des situations et des personnages qui font du bien. À la grisaille du quotidien, et même de nos lectures régulières finalement souvent très pessimistes, les auteurs fournissent une dose non négligeable de bienveillance et de douceur. Parfois le trait est un peu appuyé, comme par exemple dans l’épisode « De la Terre à la Lune », où Superman et la Justice League se consacrent une journée à des enfants atteints du cancer. Journée que les petits ne sont pas prêts d’oublier… Et nous non plus. Même Batman succombe à l’ambiance doucereuse puisqu’au détour d’une case, on surprend le Dark Knight à sourire ! Plus subtil, l’épisode intitulé « Vérité, Justice, Famille » – tout un programme – vient conclure la série Superman Rebirth, avec le déménagement des Kent vers Metropolis. Les auteurs en profitent pour statuer sur le devenir des personnages secondaires apparus dans la série… et tout le monde se retrouve dans une fête foraine ! Tout un symbole, donc.

 

(image © DC Comics)

Des intrigues plus subtiles qu’il n’y parait

Pour autant, Peter J. Tomasi, Patrick Gleason et James Robinson évitent l’écueil de tomber dans la mièvrerie. Superman Rebirth tome 6 dégage certes une joie et une légèreté. Mais à y regarder de plus près, les aventures de Superman et Jonathan ne finissent pas bien. Je dirais même que le bodycount de cet album est bien plus élevé que d’ordinaire, avec son lot de destructions, d’holocauste et d’apocalypse. La partie lumineuse de ces épisodes est contrebalancée par une facette plus sombre. Je pense à la saga « Bizarrovers » à la conclusion inattendue et terrible. Ou bien lorsque Superman se retrouve à expliquer à son fils qu’on ne peut pas sauver tout le monde et que parfois il faut trouver la force mentale d’accepter de l’emporter a minima. Comme par exemple dans « Derniers Jours », où Kal-El et Jon tentent de sauver une planète qui va bientôt exploser et dont les habitants acceptent leur triste destin par fanatisme religieux. D’une intrigue qui nous est présentée, à la base, comme une « simple » redite de la fin de Krypton (avec les conséquences qui vont bien pour Superman), James Robinson tisse avec délicatesse une très jolie histoire. Entre douceur, subtilité et émotion, Superman Rebirth tome 6 conclue de fort belle manière une série qu’il conviendra de relire : peut-être qu’on tient ici les meilleures aventures de Superman écrites depuis longtemps. ■

À LIRE AUSSI : Super Sons tome 3 : vers une ambiance plus sombre ? [avis]

(image © DC Comics, Urban Comics)

Superman Rebirth tome 6 est un comics publié en France par Urban Comics.




A propos Stéphane Le Troëdec 291 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.