Suicide Squad présente Peacemaker : un pari osé d’Urban Comics (mais quelque peu indigeste) !

Suicide Squad présente Peacemaker
(image © DC Comics, Urban Comics)

Profitant de la sortie du film Suicide Squad et de la prochaine série consacrée à ce personnage interprété par John Cena, Urban Comics a sorti un grand nombre de livres relatifs à la Suicide Squad et à ses protagonistes. Et je pense qu’on peut dire que le plus incongru est Suicide Squad présente Peacemaker, dans la mesure où il présente des récits des années 80 totalement inédits en VF, réalisés par des auteurs assez inconnus du grand public. Un pari osé et plutôt destiné aux fans hardcore des récits vintage.
■ Par Doop

Suicide Squad présente Peacemaker
(image © DC Comics, Urban Comics)

 

Histoire d’un revenant

Nous n’allons pas revenir sur l’histoire du personnage du Peacemaker. Sachez simplement qu’après le rachat de certains personnages Charlton par DC Comics et une 1re apparition sans Crisis on Infinite Earths, le personnage du Peacemaker apparaît dans sa nouvelle version dans les pages du titre Vigilante, sous la plume et les crayons de Paul Kupperberg et Tod Smith. Il obtient ensuite sa propre mini-série réalisée par les mêmes auteurs.

 

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(image : © DC Comics)

 

Les différences

Si les auteurs reprennent le design et la base du personnage de Peacemaker (un diplomate qui revêt un costume pour combattre les dictateurs), il y a quand-même énormément de différences. Tout d’abord Christopher Smith n’est pas tout seul, il est accompagné par toute une structure militaire qui le contrôle contre son gré. Peacemaker est complètement fou, alors que les récits Charlton en faisaient un personnage très simple, Paul Kupperberg en fait un véritable intégriste de la paix. Imaginez un croisement entre le Punisher pour un personnage qui n’hésite pas à se débarrasser sans aucun remords de ses ennemis et Moon Knight pour la partie je suis totalement halluciné et je vois des choses qui n’existent pas. Ce n’est pas étonnant de voir Paul Kupperberg assigné à ce genre de série. En effet, son grand fait d’arme est surtout d’avoir présidé à la destinée de la série Checkmate, qui présentait aussi des récits à base d’espionnage et d’organisations secrètes.

 

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(image : © DC Comics)

 

Peacemaker vs Vigilante

Le Vigilante est surtout connu des vieux lecteurs comics, puisque quelques-unes de ses aventures ont été publiées dans la revue Comics Parade de Aredit/Artima. Crée par Marv Wolfman et George Perez, le Vigilante est la version DC Comics du Punisher, un ancien juge qui trouve, après la mort de sa famille, que la justice ne fait pas assez bien son travail. C’est donc plutôt une bonne idée de la confronter à pire que lui, avec en fond une histoire d’espionnage russe er de terrorisme. Si le Peacemaker n’est pas très défini, c’est un récit qui va plutôt amener le Vigilante à se positionner vis-à-vis de ses croyances et de ses méthodes. Le 1er épisode est vraiment bien réalisé par Denys Cowan aux dessins, sublimé par l’encrage nerveux de Kyle Baker ! La suite est réalisée par Tod Smith et niveau dessins c’est un peu en dessous. C’est du dessin moyen de comics des années 80. À vrai dire, l’histoire n’est pas très passionnante, avec différents aller-retours un peu confus et des personnages trop caricaturaux.

 

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(image : © DC Comics)

 

La mini-série

Mais c’est assez suffisant pour proposer une mini-série à ce personnage qui, malheureusement, possède les mêmes défauts que l’histoire précédente. En effet, le récit est souvent confus (alors que l’intrigue n’est pas si compliquée que ça) et c’est surtout très verbeux. Comme je l’ai dit plus tôt, Paul Kupperberg se rapproche beaucoup de ce qui se passe sur la série Moon Knight chez Marvel, avec une équipe de choc derrière lui qui le fournit en armes et en soutien psychologique. On en apprend plus sur les phobies de Christopher, son enfance, son éducation par un père qui était un ancien nazi. À la limite, c’est cette partie-là qui est la plus intéressante, parce que le reste est quand-même archi convenu, avec des infiltrations, un méchant peu crédible et des actions un peu fouillis.

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(image : © DC Comics)

 

La partie graphique

Les dessins sont l’équivalent graphique du scénario. Tod Smith est tout sauf fluide, ses compositions sont très chargées, avec parfois une dizaine de cases ultra détaillées par page. Le pire, c’est que la plupart des scènes d’action sont enfermées dans des cases trapézoïdales, des agencements difficiles à décrypter au premier coup d’œil. Du coup, avec un texte assez lourd, cela n’aide pas vraiment beaucoup à donner un titre facile et agréable à lire. Rajoutez à cela des textes très denses de 2 pages qui accompagnent la fin de chaque épisode et qui en plus ne sont pas très intéressants. Cela reste donc très classique et surtout, assez indigeste.

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(image : © DC Comics)

 

Une mauvaise surprise pour les fans du film

Autant dire que si un spectateur qui a apprécié le ton assez décalé et humoristique de Suicide Squad se dit que ce volume va y ressembler à cause de sa couverture totalement inadaptée, il va au-devant de graves désillusions. À aucun moment il ne retrouvera ce qu’il a apprécié dans l’adaptation cinéma, puisque nous avons un titre très premier degré et pas du tout fun. Après, je dois vous avouer que même pour moi, qui suis plutôt fan des titres vintages, la lecture a été difficile et assez ardue. La faute à une intrigue pas très intéressante et une histoire extrêmement chargée, scénaristiquement et visuellement. À ne réserver qu’aux fans des récits des années 80, même si le choix d’Urban Comics de proposer quelque chose de différent mérite d’être soutenu. Ça nous change des « Batmaniaiseries dark » actuelles ! ■

Suicide Squad présente Peacemaker est un comics publié par Urban Comics. Il contient Peacemaker 1-4 et Vigilante 36-38.

 




A propos Doop 374 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.