Robocop – Citizens Arrest : Gagnez de l’argent en dénonçant vos concitoyens sur l’appli R/Cop !

robocop citizens arrest
(image © BOOM Studios)

Robocop : Citizens Arrest s’ouvre sur d’excellentes idées imaginées par Brian Wood. Mais le scénariste parvient-il à mener son projet jusqu’au bout avec la même qualité ?
■ par Stéphane Le Troëdec

 

robocop citizens arrest alex murphy
(image © BOOM Studios)

 

Un peu plus de 30 ans après sa 1re apparition, Robocop a réussi à rester une figure du cinéma fantastique. Le film originel de Paul Verhoeven posait les bases d’un univers de science-fiction sociale et politique, tout en offrant une réflexion intéressante sur notre société consumériste. Hélas, les produits dérivés – 2 suites directes, 1 remake, 2 séries animées, 2 séries tv plus de nombreux comics – n’ont que rarement réussi à retrouver les qualités de l’opus originel.

 

robocop citizens arrest satire news
(image © BOOM Studios)

 

Mon nom est Murphy

30 ans après les évènements du film Robocop, à New Detroit, l’OCP révolutionne la lutte contre le crime avec une nouvelle application. « R/Cop » permet à tout citoyen de signaler en ligne un crime pour gagner un peu d’argent. Malgré ses dérives, le succès de l’application incite la mairie à licencier de nombreux policiers. Leo Reza est un de ces flics renvoyés, en plus d’être un jeune père. Son épouse et lui ont trouvé refuge dans le quartier de la Côte. Sauf que l’OCP a décidé d’en faire un nouveau quartier pour les citoyens riches et poussent les habitants à quitter la Côte. Par tous les moyens, même violents. Leo Reza découvre bientôt qu’un de ses voisins n’est autre qu’Alex Murphy, alias « Robocop », une vieille « gloire » de la police de Detroit maintenant à la retraite, la mémoire en partie effacée par l’OCP. Et si Leo Reza trouvait le moyen de ramener le bon vieux Robocop d’antan, ne pourrait-il pas défendre la cause des habitants du quartier contre l’OCP ?

 

robocop citizens arrest appli r/cop
(image © BOOM Studios)

 

De bonnes intentions

Naturellement, Robocop : Citizens Arrest s’ouvre sur des scènes choc à caractère sociale. Le scénariste Brian Wood commence par mettre en scène la bonne idée de son récit. Le lecteur constate immédiatement les dangers de l’application R/Cop. On poursuit avec des extraits de talk shows plus vrais que nature. Puis enfin la rencontre entre Leo Reza et Robocop. Ce dernier n’est plus que l’ombre de lui-même, vivotant dans une maison de la Côte délabrée et spartiate, incapable de ne serait-ce que prendre son pistolet – l’OCP lui a retiré la mémoire lui donnant accès à son arme. On se dit alors que Brian Wood a bien compris les thèmes principaux de la saga Robocop. Hélas, tout en étant très agréable, la suite de Robocop : Citizens Arrest ne profite que trop rarement de cette bonne lettre d’intention…

 

robocop citizens arrest social cote
(image © BOOM Studios)

 

Des idées un peu gâchées

Hélas, Brian Wood n’arrive pas vraiment à tirer les fruits de ses bonnes idées. Passé le 1er épisode, Robocop : Citizens Arrest se perd un peu trop dans une relecture du film Robocop 3. L’application R/Cop ? Brian Wood ne la réutilise plus vraiment. La satire sociale ? Brian Wood abuse des flash info et autres simili talks, sans réussir à les intégrer pleinement dans l’intrigue, si bien qu’ils viennent trop souvent couper le rythme de l’histoire. Rapidement, Robocop : Citizens Arrest se transforme en un film d’action sur le mode Murphy contre l’OCP, sans subtilité. La 2nde partie du récit amène une idée intéressante, mais hélas d’une part trop prévisible, et ensuite maladroitement exécutée. En fait, l’ensemble n’est pas mauvais, la lecture est même agréable. Mais le début est si prometteur qu’on ne peut qu’être déçu que le contexte ne soit pas assez exploité.

 

robocop citizens arrest leo murphy
(image © BOOM Studios)

 

Jorge Coelho trouve le bon ton à son Robocop

Jorge Coelho a la délicate tâche d’animer graphiquement ce Robocop : Citizens Arrest. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Jorge Coelho s’en sort très bien. Il s’accapare le style visuel de Robocop tout en donnant une vie propre aux autres personnages. Subtilement, il permet de souligner le caractère un peu obsolète de Robocop, espèce de réminiscence d’une technologie du passé qui au final est plus efficace que les IA, drones, androïdes, et autres applis… On ressent de la tristesse face à un Murphy dépassé et Jorge Coelho parvient bien à capter la « lourdeur » caractéristique du Robocop jusque dans les scènes d’action. Un plaisir pour les yeux. ■

robocop citizens arrest couverture
(image © BOOM Studios, Vestron)

Robocop : Citizens Arrest est un comics publié en France par les éditions Vestron.

 

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(image © Dark Horse)




A propos Stéphane Le Troëdec 475 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.