Hercule, très loin du divin avec ce costume

Le design original d’Hercules imaginé par Jack Kirby s’inspire clairement des films de péplum avec Steve Reeves, alors extrêmement populaires. Et ça fonctionne à merveille. La barbe imposante, les sandales antiques, le pagne d’inspiration gréco-romaine, tout colle parfaitement au personnage. Hercule a l’allure d’un dieu antique, massif et charismatique. Ce look accompagne le héros pendant des années sans jamais poser problème. À la différence d’autres tentatives plus modernes, ici, l’esthétique raconte immédiatement qui il est et d’où il vient.
Mais au début des années 1990, lors de son retour chez les Avengers, les choses se compliquent. Thor porte lui aussi une barbe à cette période, et l’idée surgit qu’avoir deux barbus dans l’équipe ferait bizarre. Mauvais calcul. Hercule rase donc sa barbe, perdant au passage une bonne partie de sa prestance, puis hérite d’un costume dépourvu de toute référence classique. Progressivement, même cette tenue disparaît, remplacée par un simple débardeur et un pantalon. Un choix étonnamment terre-à-terre pour un demi-dieu, qui finit par vider le personnage de toute sa majesté et lui fait perdre ce qui le rendait si mythique.
Wonder Woman voulait « grandir », alors elle a ajouté des lames à son costume

David Finch fait partie des grands noms du comics de super-héros actuel. Avec son épouse Meredith Finch, il reprend la série Wonder Woman après le passage de Brian Azzarello et Cliff Chiang. C’est à ce moment-là qu’un choix pour le moins discutable apparaît. Diana estime qu’elle porte son costume classique depuis sa jeunesse. Elle considère désormais être une femme adulte. L’idée peut s’entendre. Après tout, le costume du New 52, déjà une refonte, restait proche de la tenue historique de Wonder Woman. Le problème vient de ce que cette réflexion va engendrer visuellement.
Son nouveau costume « adulte » prend la forme d’une armure criarde, étonnamment chargée. Plus étrange encore, des lames sont intégrées directement aux manches. On se retrouve avec une Wonder Woman équipée comme une version amazone de Wolverine. Pourquoi ? Le concept paraît artificiel, presque adolescent, alors qu’il était censé marquer une évolution mûre du personnage. Forcément, ce design ne convainc pas. Il disparaît rapidement lorsque DC change de direction éditoriale, et Diana revient à une approche bien plus classique. Au final, vouloir symboliser la maturité par des couteaux intégrés n’était peut-être pas la meilleure idée.
Conclusion
Les pires costumes de super-héros ne sont pas toujours le fruit d’un manque de talent. Bien au contraire. La plupart naissent de bonnes intentions, de contextes éditoriaux précis ou de modes passagères, souvent très marquées par leur époque. Les années 1990, en particulier, ont multiplié les choix maladroits, cherchant à tout prix à rendre les personnages plus « cool », plus adultes, plus agressifs. Pourtant, un costume fonctionne quand il raconte une identité claire. Dès qu’il la brouille, le ridicule n’est jamais loin. Au final, ces ratés vestimentaires rappellent une vérité simple : dans les comics, le style ne doit jamais écraser le symbole.