Les 10 pires costumes de super-héros de tous les temps

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Certains super-héros supportent les pointes… Ant-Man, clairement pas

Les années 1990 furent une période étrange pour les comics. Les super-héros dits « classiques » semblaient soudain ringards face à l’arrivée de figures plus radicales, plus agressives, plus bruyantes. Résultat, beaucoup d’éditeurs ont adopté une logique simple. Puisqu’on ne peut pas lutter contre la mode, autant l’imiter. Ainsi, des costumes iconiques ont été redessinés pour paraître plus sombres, plus dangereux, surtout plus « cool ». En réalité, cette course à l’extrême a souvent produit des résultats discutables, voire franchement embarrassants.

L’un des exemples les plus absurdes concerne Scott Lang dans Fantastic Four #405. Après la disparition supposée de Reed Richards, il gravite autour des Fantastic Four afin de combler le manque d’un scientifique dans l’équipe. Ant-Man ne rejoint jamais officiellement le groupe, mais il traîne suffisamment dans les parages pour vouloir revoir son costume. L’idée d’une armure n’est pas idiote en soi. En revanche, y ajouter des pics relève du non-sens total. Des pointes. Sur Ant-Man. Pour un héros dont le pouvoir repose sur la discrétion. Forcément, le concept était voué à l’échec, et ce costume n’a pas fait long feu, heureusement pour tout le monde.

La couleur peut marcher pour beaucoup de héros, mais sûrement pas pour Ghost Rider

Quand Ghost Rider débute il y a plus de cinquante ans, son apparence est d’une efficacité redoutable. Une tenue de cascadeur moto assez banale, certes, mais surmontée d’un crâne en flammes. Le choc visuel fonctionne immédiatement. Ce look accompagne le personnage pendant des années, sans réelle remise en question. Puis, dans les années 1980, Ghost Rider disparaît des radars. Lorsqu’il revient en 1990, l’essentiel est conservé. Blouson de cuir noir, chaînes, pointes métalliques. Et là, aucun débat possible. Les pics fonctionnent parfaitement avec Ghost Rider. Ils renforcent même son aura infernale.

Cependant, une question demeure. Qui est ce nouveau Ghost Rider ? Il ne s’agit plus de Zarathos, l’entité liée à Johnny Blaze. L’intrigue révèle peu à peu un autre héritage, celui de Noble Kane, dont la lignée est maudite par Mephisto. Cette malédiction inclut alors Dan Ketch, le Ghost Rider de l’époque. Une fois ses souvenirs retrouvés, Kane décide de changer de tenue. Et là, incompréhension totale. Il opte pour un costume rouge et jaune, ultra coloré. Des couleurs associées au cuir ? Jamais. Le contraste est violent, presque absurde. Sans surprise, ce design ne survivra pas longtemps, tant il trahit l’identité même du personnage.

L’armure de Warbird, ou l’anti-costume par excellence

Après avoir perdu ses pouvoirs dans Avengers Annual #10, Carol Danvers connaît une nouvelle mutation au contact des X-Men. Devenue Binaire, elle accède à des capacités cosmiques démesurées. Le souci, pourtant, est évident. Avec une telle puissance, difficile de fonctionner dans une équipe sans écraser tout le monde. Kurt Busiek, lorsqu’il la réintègre chez les Avengers, choisit donc de calmer le jeu. Carol est volontairement affaiblie, afin de redevenir utilisable dans un collectif. Une décision logique, car un personnage trop fort finit souvent par casser la dynamique du groupe.

Plus tard, durant le run de Geoff Johns au scénario et d’Olivier Coipel au dessin, Carol adopte le nom de Warbird et devient une sorte de liaison officielle entre le gouvernement américain et les super-héros. Coipel en profite pour revoir son apparence et lui inflige une armure corporelle d’un ennui mortel. Plus de couleurs, plus de symbole, plus d’identité visuelle. En réalité, peut-on encore parler de costume quand tout a été gommé ? Olivier Coipel est pourtant un excellent designer, mais ici, il passe clairement à côté. Carol ne tardera d’ailleurs pas à revenir à son costume classique de Ms. Marvel, preuve que cette tentative n’a convaincu personne.




A propos Stéphane 816 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.