Les 10 pires costumes de super-héros de tous les temps

Temps de lecture estimée : 10 min.

Mais au juste… c’est quoi le costume de Britanic ?

Captain Britain a subi, lui aussi, le grand lifting des années 1990. Comme Ant-Man, son costume classique a été jugé trop sage, trop daté, pas assez agressif. Pourtant, le résultat est encore plus déroutant. Là où Ant-Man devenait ridicule à force de vouloir jouer les durs, Britanic verse dans l’étrangeté pure. Le personnage disparaît un temps dans le flux temporel, avant d’être récupéré par Excalibur. Jusque-là, tout va bien. Mais à son retour, Brian n’est plus vraiment Brian.

Car Captain Britain revient transformé en « Britanic », une entité hantée par des visions précognitives du futur. Le vrai problème, cependant, ne vient pas tant du concept que de son apparence. Le costume ne raconte rien. On passe d’un design inspiré de l’Union Jack, superbe et immédiatement lisible (brillamment conçu par Alan Davis), à une tenue recouverte de motifs évoquant vaguement une toile d’araignée. Pourquoi ? Pour symboliser quoi, exactement ? Rien ne ressort. Rien ne marque. Ce costume semble exister sans raison précise. Heureusement, Brian reviendra rapidement à une version retravaillée de son costume classique, preuve que cette parenthèse n’avait pas grand-chose à dire.

Le costume « Drake » de Tim Drake, ou l’ennui à l’état pur

Tim Drake occupe une place à part dans la lignée des Robin. Le paradoxe, c’est que presque tout ce qui faisait l’originalité de ses costumes a fini par être recyclé ailleurs. Son premier design a été repris tel quel pour Dick Grayson dans les dessins animés, alors qu’il était totalement inédit à l’époque. Son second costume, apparu autour de 2007, devient celui que porte Jason Todd dans Batman : Under the Red Hood au moment de sa mort. Autrement dit, l’identité visuelle du personnage a été diluée, puis dissoute, sans grand respect.

Cette mise à l’écart continue lorsque Brian Michael Bendis, fraîchement arrivé chez DC, décide de lui offrir une nouvelle identité dans Young Justice #10 (2019). Fini Robin, place à « Drake ». Et son costume illustre parfaitement le problème. Il est difficile d’en dire beaucoup, tant il est pénible à regarder. Les couleurs fonctionnent mal, ne s’accordent jamais, et donnent l’impression d’un ersatz juridiquement prudent d’un autre héros. Rien n’évoque Tim Drake, ni son héritage, ni sa place dans l’univers Batman. Heureusement, cette tentative a été vite abandonnée, et Tim est retourné à une version plus classique de l’uniforme de Robin, là où il est, malgré tout, à sa place.

B’wana Beast a tenté le retour du pagne… sans succès

En 1956, DC lance Showcase, une série pensée comme un laboratoire. Chaque numéro sert de test pour un nouveau personnage susceptible d’obtenir sa propre série. Après quelques essais oubliables, le numéro 4 introduit une nouvelle version de Flash, Barry Allen. Le succès est immédiat. À tel point qu’il participe directement à la naissance de ce que l’on appellera plus tard l’Âge d’Argent des comics. Fort de cette réussite, DC décline le concept avec The Brave and the Bold, lui aussi conçu comme un titre d’essai. Pourtant, si ce dernier deviendra plus tard un comic de team-up, Showcase continuera longtemps à lancer de nouveaux héros, jusque dans les années 1970.

C’est dans ce contexte que naît B’wana Beast. Un homme blanc qui part vivre en Afrique pour devenir ranger dans une réserve animalière. Après une rencontre musclée avec un gorille rouge muté, puis une absorption d’eau radioactive, il gagne une force surhumaine. Le gorille, magnanime, lui offre un casque capable de contrôler les animaux. Le vrai problème vient du costume. Contrairement aux autres exemples, cette tenue n’a jamais vraiment disparu, ce qui est assez fascinant. Un simple pagne. Dans les années 1930, pourquoi pas. Namor ou l’original Amazing Man s’inscrivaient dans une esthétique d’époque. Mais en 1967, pour un super-héros supposé moderne, c’est clairement insuffisant. À ce stade, il fallait plus qu’un bout de tissu noué autour de la taille.




A propos Stéphane 816 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.