La suite de Watchmen est-elle à la hauteur ? [la critique de Doomsday Clock #1-4]

La suite de Watchmen vaut-elle le cour ? critique de Doomsday Clock 1 à 4

DC Rebirth l’a annoncé : les Watchmen et les super-héros de l’univers DC vont se rencontrer ! Et depuis la découverte du badge à smiley dans la Batcave, DC Comics a temporisé. La mini-saga Le Badge a entretenu l’idée. Avec Doomsday Clock, on rentre dans le vif du sujet. Aussi, il est l’heure de se poser la question : le travail de Geoff Johns et Gary Frank soutient-il la comparaison avec les auteurs de Watchmen ?
■ par Doop

 

La suite de Watchmen vaut-elle le cour ? critique de Doomsday Clock 1 à 4

 

Très loin de l’hommage ou de la simple utilisation, Geoff John pose d’emblée la mini-série comme une suite directe de Watchmen. Les premières pages donnent une réponse au suspense de la dernière case de la série originelle (avec le journal de Rorschach). De plus, Geoff Johns enfonce le clou en reprenant exactement les mêmes codes que Watchmen comme les monologues intérieurs de Rorschach, la répartition des cases mais aussi l’impression de fin du monde. Il va même jusqu’à écrire de faux articles à la fin de chaque épisode ou à couper son intrigue principale par une œuvre de fiction, qui cette fois-ci n’est pas une histoire de pirates, mais une série télévisée vintage. Le souci, c’est que, de fait, on ne peut s’empêcher de comparer les 2 œuvres, et forcément, cela se fait au désavantage de Doomsday Clock.

 

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Une copie bien pâle

N’est pas Alan Moore qui veut et tout de suite, on sent que cela pêche au niveau des dialogues et des personnages. Comme Watchmen était construit avec un début, un milieu et une fin, il devient difficile pour Geoff Johns d’inventer quelque chose de nouveau. Les personnages ont déjà été exploités dans leur intégralité, comme le Hibou ou Laurie. L’auteur utilise donc des miettes de l’histoire originelle pour broder et nous présenter de nouveaux héros, beaucoup moins inspirés cette fois-ci. Si le nouveau Rorschach est un élément intéressant, le Mime et Marionnette n’arrivent absolument pas à proposer quelque chose d’intéressant. Rappelons qu’en 1986 ce se sont que des notes de bas de page du récit d’Alan Moore. Par exemple leur braquage de banque dans l’épisode 2 est à la limite du ridicule.
De la même manière, la raison qui envoie ces personnages dans l’univers DC est un peu vaseuse et tirée par les cheveux. Johns crée trop rapidement un lien entre Manhattan et Marionnette et cette solution tombe à plat.

 

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Des retours improbables

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Dans Doomsday Clock, tout le monde atterrit donc dans un futur proche de l’univers DC où les super-héros (Batman notamment) commencent à être détestés du public, ce qui crée un parallèle entre ce futur proche et la terre de Watchmen (pour quelle raison, cela reste encore un mystère). L’interaction entre les protagonistes des 2 univers ne fonctionne pas ou en tout cas fait très forcée. L’apparition étonnante d’un personnage à la fin de l’épisode 2 relance vaguement l’intérêt. Non seulement l’explication de son retour est complètement capillotractée mais peut carrément invalider toute la série Watchmen. Cela pose question. L’épisode 4 uniquement centré sur Rorschach est un peu meilleur dans la mesure où l’on ne parle quasiment pas de l’univers DC. Cela permet à Geoff Johns de développer son personnage et enfin on retrouve un peu d’humanité dans ce récit qui pour l’instant en manque cruellement.

 

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Des points positifs tout de même

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Avec Doomsday Clock, Geoff Johns sait plaire au fan de base de l’univers DC classique en proposant des clins d’œil appuyés et en laissant miroiter le retour de la légion des super-héros ou de la JSA. Son histoire, même truffée de raccourcis se lit correctement, mais il vaut mieux ne pas essayer de comparer avec le travail d’Alan Moore.
Le gros point positif de Doomsday Clock, ce sont les dessins époustouflants de Gary Frank, qui a haussé son niveau pour se mettre à la hauteur du récit. C’est splendide et tout à fait dans le ton. Dommage que le scénario n’ait pas réussi à faire la même chose.
De plus, la série, qui devait permettre de relancer l’univers DC accumule retards sur retards (autour de 5 à 6 mois sur 12 épisodes), ce qui pourrait engendrer beaucoup de soucis sur les séries actuelles, obligées d’attendre la fin pour pouvoir se caler sur Doomsday Clock. ■

 

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Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.