Joker : Killer Smile – Dans les méandres de l’esprit torturé du Joker !

Joker killer smile
(image © Urban Comics, DC Comics)

Jeff Lemire plus fort qu’Alan Moore ?

Jeff Lemire n’est pas Alan Moore. Ce n’est nullement une offense de l’écrire mais de par le thème et le titre de l’album la comparaison avec Batman : The Killing Joke se pose. Mis à part quelques hommages discrets (les ballons), les 2 récits centrés sur le Joker, la némésis de Batman, n’ont à priori rien à voir. Cependant là où l’écriture d’Alan Moore se veut prolixe, celle de Jeff Lemire ne l’a jamais été. Et si le 1er numéro de Joker : Killer Smile est véritablement emballant et intrigant, la suite déçoit surtout dans la rapidité du développement. Malgré plus d’une centaine de pages à sa disposition (pour rappel Batman : The Killing Joke en comporte 48), Jeff Lemire effleure à peine les possibilités offertes par son pitch, laissant plutôt la place aux superbes planches d’Andrea Sorrentino et Jordie Bellaire. Vous me trouvez dur ? Je suis pourtant un admirateur de l’œuvre de Jeff Lemire, de sa 1re œuvre, Lost Dogs (disponible en VF chez Komics Initiative) au très récent Frogcatchers (inédit en VF). Mais quand on s’attaque au Joker avec un angle psychologique, il faut en avoir dans le stylo. Alors oui, le récit réserve quelques surprises. D’accord pour écrire que Joker : Killer Smile surnage sans peine dans la surproduction liée à Batman et son univers. Mais, tourné la dernière page, je ne peux m’empêcher d’être déçu devant finalement une histoire assez banale et manquant de densité surtout la révélation éventée.

 

Joker killer smile
(image © Urban Comics, DC Comics)

 

Un épilogue gênant

Joker : Killer Smile se lit comme un récit auto contenu, hors continuité comme le veut le cahier des charges du Black Label. Pourtant Jeff Lemire et Andrea Sorrentino publiet quelques mois après un 4e numéro, Batman : The Smile Killer. Épilogue ? Conclusion ? Difficile de situer cette histoire par rapport à Joker : Killer Smile qui offre une nouvelle confrontation entre Batman et le Joker toujours sous l’angle psychologique. Pire, une des interprétations de Batman : The Smile Killer mène à une possibilité que l’ensemble soit intégré à la continuité DC. L’erreur est de lier Batman : The Smile Killer à Joker : Killer Smile. Cela affaiblit le propos de ce dernier tout en mettant le doute sur l’objectif du 1er.

 

Joker killer smile
(image © Urban Comics, DC Comics)

 

Une belle édition française signée Urban Comics

Le fait de proposer l’intégralité du récit, c’est-à-dire que les 4 numéros se retrouvent à la suite dans un album unique (Urban Comics suivant l’édition américaine de DC comics), ne contribue pas à atténuer le malaise. Vous trouverez également en introduction une courte interview de Jeff Lemire et Andrea Sorrentino expliquant la genèse et leurs buts avec Joker : Killer Smile. Bon point également pour Urban que d’avoir maintenu le format originel, c’est-à-dire des pages ayant comme dimension 21,5 cm sur 27,5 cm soit légèrement plus grande que des comics mainstream habituel. Cela en fait un bel album, qui de démarquera dans votre bat-bibliothèque dans tous les sens du terme. Le prix est également attractif puisque les 4 numéros formant un album de 144 pages sont proposés pour la modique somme de 15,50 €, soit un prix qui vous permettra de vous faire votre propre opinion, que j’espère critique. ■

Joker killer smile
(image © Urban Comics, DC Comics)

Joker : Killer Smile est un comics publié en France par Urban Comics. Il contient Joker : Killer Smile n°1 à 3 et Batman : The Smile Killer n°1.

 

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10 jokers de DC Comics
(image © DC Comics)




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