Inhumans : Tour d’Ivoire

Inhumans : Tour d'Ivoire : le meilleur comics de l'été !

Panini Comics réimprime dans la collection Marvel Deluxe la mini-série Inhumans : Tour d’ivoire. Ce titre remarquable série n’avait été publié que dans le magazine Marvel Knights en 1999 et 2000. Une injustice enfin réparée pour cette histoire complète qui propose un regard très personnel sur la famille royale dirigée par Flèche Noire.
■ par Doop

 

Inhumans : Tour d'Ivoire : le meilleur comics de l'été !
(image © Marvel)

 

Attilan, la cité des Inhumains, qui repose sur les ruines de l’ancienne ville engloutie d’Atlantis, est assiégée de toutes parts. Non seulement à l’extérieur par une bande de mercenaires dirigés par on ne sait quel pays, mais aussi dans son propre sein par Maximus le fou, le frère de Flèche Noire. Tout le monde s’inquiète devant le manque de réaction de leur dirigeant incontesté. Flèche Noire aurait-il un plan secret en tête ?

 

Inhumans : Tour d'Ivoire : le meilleur comics de l'été !
(image © Marvel)

Encore des inhumains ? Non, une série majeure !

Commençons par fixer quelques bases : Inhumans : Tour d’ivoire date de 1998 et ne ressemble en rien à la dizaine de bouses estampillées « Inhumans » que Marvel nous pond à la chaine depuis 5 ou 6 ans. La qualité, l’inventivité et l’originalité sont cette fois-ci au rendez-vous et vous auriez tort, cher lecteur, de ne pas vous intéresser à ce volume sous prétexte que c’est encore une série sur les Inhumains. Cela n’a rien à voir ! Inhumans : Tour d’ivoire fait partie de la 1ère vague Marvel Knights, qui avait entre autres relancé Daredevil et Black Panther, mais aussi propulsé directement Joe Quesada au poste de rédacteur en chef de Marvel Comics. Cette mini-série entérine officiellement le retour sur le devant de la scène de Jae Lee, dessinateur superstar au début des années 90 qui s’était égaré chez Image. A l’époque, Jae Lee avait la réputation d’un dessinateur incapable de supporter les délais de production et qui livrait au maximum 1 épisode par an. L’annonce de son arrivée sur Inhumans : Tour d’ivoire avait fait comme l’effet d’une bombe. Personne ne pensait que Lee allait tenir le rythme. Surtout avec au scénario Paul Jenkins, à cette époque un inconnu pour la majorité des lecteurs. Sauf que ceux qui connaissaient Hellblazer et qui avaient jeté un coup d’œil sur Man Thing et Werewolf by Night savaient que ce scénariste pouvait proposer des histoires différentes et surtout très réussies. Autant dire que pour moi, cette série pouvait être la meilleure de la ligne Marvel Knights, et je l’avais à l’époque précommandé directement en single.

 

Inhumans : Tour d'Ivoire : le meilleur comics de l'été !
(image © Marvel)

 

Inhumans : Tour d’ivoire est une réussite absolue

Même à la relecture, il faut avouer que Inhumans : Tour d’ivoire est une réussite incontestable.C’est sur ce comics que Jae Lee confirme son virage graphique déjà amorcé sur Hellshock. Mais c’est surtout l’avènement des scénarii « intimistes », qui se placent au niveau du personnage, avec des cases de pensée qui prennent la place des dialogues. Bien avant Bendis, et même si c’est loin d’être le 1er, Paul Jenkins redéfinit une nouvelle façon d’écrire. Inhumans : Tour d’ivoire nous offre donc la possibilité de voir 2 artistes reconnus prendre leur envol et affirmer leur style pour le meilleur. Pas étonnant que cette série ait été primée aux Eisner Awards à l’époque où cette récompense signifiait encore quelque chose. Paul Jenkins fait le tour des personnages principaux de la série mais n’oublie pas, en bon auteur issu de chez Vertigo, de saupoudrer son récit de thèmes sociaux et politiques. On pense non seulement aux Inhumains à l’ONU mais aussi au sort des primitifs Alpha. Ne vous attendez pas à des bagarres, quasiment tout se passe dans les salons feutrés et silencieux du régent inhumain. C’est l’introspection qui prime, et non pas l’action, Jenkins arrivant véritablement à donner à chaque personnage une voix distincte et singulière. Alors que des combats sanglants font rage, Jenkins préfère s’attarder sur Gueule d’Or, lui offrant un épisode complet centré sur lui. Tout se passe à l’intérieur des crânes.

 

Inhumans : Tour d'Ivoire : le meilleur comics de l'été !
(image © Marvel)

 

Le retour gagnant de Jae Lee

Et que dire des dessins ? Jae Lee livre peut-être son meilleur travail, en attendant son plus abouti. Il faut dire que l’apport de José Villarubia aux couleurs est loin d’être négligeable, les 2 artistes travaillant presque en symbiose. Fini les dessins un peu outranciers qui avaient fait le succès de Lee période Namor, l’artiste évolue pour le mieux et nous livre des planches et des designs formidables. Inhumans : Tour d’ivoire fait partie des incontournables de l’été. Un comics qu’il faut acheter et passer à vos amis. Un must ! ■




A propos Doop 136 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.