Critiques Doopiennes, le marathon comics : semaine 7 !

Moby Dick

(Bill Sienkiewicz)

Critiques Doopiennes
(image:© Bill Sienkiewicz)


Moby Dick : ça raconte quoi ?

C’est l’adaptation du roman de Harman Melville, qui raconte la folie obsessionnelle d’un capitaine de bateau contre une baleine blanche. Tous cela sous le regard d’un des marins.

Une institution pour un artiste majeur

Les Classic Illustrated sont une véritable institution dans les comics américains. Lancés dans les années 40, ils ont proposé des adaptations en bande dessinée d’œuvres essentielles de la littérature, adaptant du Jules Vernes, du Mark Twain, du Lewis Carroll et même du Maupassant ! Les Classic Illustrated ont connu plusieurs éditeurs et leur parution a été assez chaotique. Pour info, cette adaptation date de 2009. Moby Dick adapté par Bill Sienkiewicz, ca fait quand-même assez saliver. Après, pour ceux qui ne connaitraient le travail de l’illustrateur uniquement avec la série New Mutants, vous risquez d’aller au-devant de graves déconvenues. En effet, il ne faut pas oublier que Bill Sienkiewicz s’est déjà essayé au scénario, avec le superbe Stray Toasters qui pouvait sembler au départ extrêmement fouillis mais qui finalement prenait toute son ampleur à la fin de l’histoire. Du coup, on est plutôt sur un auteur qui ne réalise pas vraiment de récit séquentiel.

Une illustration plus qu’une adaptation ?

Il y a très peu de passage d’une case à l’autre, d’ailleurs, le principe des cases n’existe pas dans cette adaptation. Comme la narration n’est pas très fluide et composée globalement de splash pages  (c’est le cas de le dire) magnifiques, Bill Sienkiewicz se repose de fait sur son texte et sur le texte de Melville, qu’il a donc réinterprété et réécrit. Et c’est un peu dommage, même si finalement, on rentre tout à fait dans le contexte d’un classique illustré. Ce n’est donc pas vraiment une adaptation en bande dessinées de l’histoire, mais plus une mise en image du texte. On ne peut pas suivre l’intrigue simplement en regardant les dessins. Donc cela peut entraîner une certaine déception au niveau du lecteur. Parce qu’il y a énormément de texte, et que cela vient parfois à ruiner un peu les dessins et l’organisation de la page.

Quel talent !

Une fois que ce principe est posé, on peut en revanche se faire plaisir en admirant les véritables tableaux de l’artiste. Il se lâche totalement, avec des couleurs au ton orangées qui font tout de suite penser à la lueur d’une bougie ou d’une lumière dans la nuit noire, ou bien à celui d’un coucher de soleil à l’horizon. Cela correspond parfaitement à ce qu’il se passe dans la tête de Achab, qui sombre progressivement dans la folie avant de sombrer littéralement dans les flots. Bill Sienkiewicz se concentre plus sur les ambiances que sur le récit à proprement parler. D’ailleurs, si l’on parle du héros du livre, à savoir la baleine, eh bien on ne la verra quasiment jamais ! C’est peut-être aussi un peu frustrant, mais finalement, c’est plutôt bien vu puisque Bill Sienkiewicz ne nous proposera donc jamais ce que l’on attend ! Vous vouliez voir une pleine page avec la baleine ? Vous ne l’aurez pas, ou pas comme vous le pensez.
Si je suis un peu déconcerté par l’importance du texte, en revanche, il n’y a absolument rien à dire au niveau des dessins ! C’est tout simplement magnifique et mérite largement l’achat. Après, je préfère Stray Toasters ou encore Elektra !

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Moby Dick a été publié en 2009 par First Comics et en France par Harmonia Mundi Editions en 2009 et en 2020 par Delcourt !

Critiques Doopiennes
(image:© Harmonia Mundi Editions
Suite et fin de la semaine avec du très très bon !

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Nouveaux Mutants New Mutants comics
(image © Marvel Comics)

 

 




A propos Doop 354 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.

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