Critiques Doopiennes, le marathon comics : semaine 7 !

Loïs Lane n°1-12

(Greg Rucka/Mike Perkins)

Critiques Doopiennes
(image:© DC Comics)


Loïs Lane, ça raconte quoi ?

Loïs enquête sur des magouilles gouvernementales. Et ce n’est pas facile. Il faut dire que depuis que les média ont publié une photo d’elle en train de tromper Clark Kent en embrassant Superman, elle n’est pas très bien considérée par l’opinion publique. Cachée, elle va demander l’aide de Renée Montoya, alias The Question pour non seulement mettre à jour cette affaire, mais aussi révéler au monde entier un immense secret.

Des débuts impressionnants

J’attendais beaucoup de ce Loïs Lane. Il faut dire que Greg Rucka est un excellent scénariste, spécialisé dans les femmes à fort caractère. Donc cela convenait parfaitement à un titre Loïs Lane. Malheureusement, si le début de la série est très prometteur, le scénariste se perd un peu en accumulant les intrigues et les personnages pas toujours raccords. En effet, le début de Loïs Lane place d’entrée le récit sur des bases réalistes et politiques. On sent bien la volonté de Greg Rucka de se lancer dans une analyse de la vérité selon le gouvernement, en réaction certainement à Donald Trump, et c’est fort à propos. Superman reste dans l’ombre et les 3 premiers épisodes servent à définir un peu le personnage de Loïs et le casting qui l’entoure. Et c’est très bien fait. Parce que Greg Rucka est un sacré écrivain ! Il a le sens des dialogues et des situations et arrive à faire passer ses idées sans que cela ne devienne lourd. J’ai beaucoup aimé le fait que quand Loïs se fait paparazzer en embrassant Superman, le public la traite de trainée alors que personne ne fait de même pour l’homme d’acier. C’est plutôt délicat et c’est effectivement là, dans ces moments un peu intimes que Greg Rucka est le meilleur. Son humanité transparaît véritablement.

Mais qui perdent en cohérence

Mais par la suite, le récit part un peu dans toutes les directions et c’est dommage. En fait, la série commence à dévier de ce que je considérais comme son objectif principal à partir du crossover Leviathan, où Loïs joue un rôle prépondérant. Du coup, Rucka se voit obligé d’intégrer ces éléments à son histoire et perd complètement le fil. L’intrigue passe subitement de réaliste à mystique, en faisant revenir des personnages comme Jessica Midnight. On sait que ce sont ses personnages fétiches, mais c’est trop abrupt pour que cela fonctionne. En fait, on a toujours l’impression d’avoir un train de retard ou d’avoir raté un épisode. Et même la lecture en continue n’atténue pas cet effet. Le grand secret sur la vie et l’univers tombe à mon sens lui aussi totalement à plat, dans la mesure où ce n’est pas ce que l’on voulait savoir. Globalement, que Loïs Lane nous parle du multiverse, cela atténue plus le caractère du personnage qu’autre chose. Ce n’est tout simplement pas son rôle. L’intrigue de la fin en général est assez bâclée. Beaucoup de questions sont résolues hors champ ou expédiées très rapidement alors qu’elles étaient centrales au tout début de la série. J’avais l’impression de me trouver plus dans un comics The Question que dans un comics Loïs Lane !

Des dessins superbes

C’est vraiment dommage car le dernier épisode est véritablement bien écrit, avec un débat autour de ce que sont les vérités et si elles doivent toujours être avouées au grand public. Donc après des débuts prometteurs, Loïs Lane s’enfonce dans les méandres de la continuité DC. Niveau dessins en revanche, c’est excellent. Mike Perkins réalise des planches sublimes. Il est parfait pour une ambiance réaliste et se lâche totalement sur des pages plus « mystiques » qui sont de véritables petits tableaux. On notera quand-même quelques petites inconsistances au niveau de l’encrage, pas toujours aussi soigné et qui parfois rend la différenciation des personnages féminins compliquée. Mais c’est un tout petit défaut. Les dessins sont donc le point fort de l’histoire, qui aurait pu donner quelques chose de vraiment excellent si Greg Rucka n’avait pas voulu à tout prix mettre son personnage au cœur du multivers. Pas mauvais, mais un peu décevant quand-même. Mais quelle partie graphique !

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Critiques Doopiennes
(image:© DC Comics)

Loïs Lane est une maxi-série en 12 épisodes publiée aux Etats-Unis par DC Comics et encore inédit en France.  

 

La suite : c'est Rorschach !

À LIRE AUSSI : Tales From The Dark Multiverse – Death Of Superman : après la mort de Superman, Lois Lane succombe à son côté obscur !

Tales from the dark multiverse death superman lois lane
(image © DC Comics)




A propos Doop 354 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.

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