Avec Contro Natura, Mirka Andolfo livre une parabole étonnante sur les dangers de l’intégrisme et de l’homophobie [avis]

(image © Glénat Comics)

Faire une bande dessinée érotique avec une truie le tout avec une métaphore sur notre société… C’est le pari réussi par Mirka Andolfo dans Contro Natura !
■ par Stéphane Le Troëdec

 

Leslie est une jeune truie romantique de 25 ans. Et, dans la société très conformiste de Contro Natura, c’est à cet âge que tout citoyen doit se marier. Et pas avec n’importe qui, puisqu’il faut impérativement se marier avec une personne du sexe opposé et de la même race. Sauf que Leslie, elle, n’a pas encore trouvé son Prince charmant. Elle profite de sa vie de célibataire. Mais depuis quelques temps, Leslie fait des rêves étranges : dans ses visions érotiques et interdites, son amour est un loup blanc inconnu…

 

(image © Glénat Comics)

Contro Natura, une métaphore du fanatisme ?

Avec Contro Natura, Mirka Andolfo choisit d’employer des animaux anthropomorphes pour filer la métaphore plus facilement. La technique n’est pas nouvelle : on se souvient notamment de Maüs d’Art Spiegelman qui utilisait le même principe. Pour Mirka Andolfo, c’est une manière de dépeindre un univers cauchemardesque sans forcément tomber dans un univers graphique sombre et triste. Car la société de Contro Natura ferait presque froid dans le dos ! Le modèle imposé à tous ses citoyens, c’est le couple hétérosexuel : ici, l’homosexualité est proscrite.

 

(image © Glénat Comics)

 

Un changement de ton… étonnant !

Mirka Andolfo fait un pari assez curieux et original. Celui de changer l’orientation de son histoire en cours de route. La 1re partie de Contro Natura est, on l’a vu, une métaphore de notre société. Mais Mirka Andolfo choisit de modifier l’approche de son histoire. Elle ajoute des éléments ésotériques à travers une entité maléfique qui tente de prendre possession de Leslie. Avec ce genre de revirement, c’est de perdre le lecteur et le fil de son intrigue. Contro Naturo ne parvient malheureusement jamais à récupérer le ton de la 1re partie et on peut dire que l’album se finit un peu faiblement, par rapport à tout ce qui a pu précéder. Cette incursion de l’ésotérisme donne l’impression que Mirka Andolfo n’a pas su gérer son histoire et c’est dommage.

 

(image © Glénat Comics)

 

Des dessins surprenants et originaux

Un mot des dessins, car ils sont étonnants. Mirka Andolfo a choisi comme design l’anthropomorphie animale et on pourrait penser de prime abord que ça va être difficile à conjuguer avec l’érotisme (Leslie est une truie, donc bon, érotisme et cochon ne sont pas deux mots qui vont ensemble, à priori). Pourtant, ce pari-là est réussi ! Mirka Andolfo parvient à livrer des planches sensuelles sans tomber dans la vulgarité. L’ensemble est dynamique, que ce soit dans des scènes calmes que dans des passages plus rythmés. Contro Natura a un réel cachet graphique, ce petit truc en plus qui vous fait vous accrocher pour aller jusqu’au bout de l’intrigue. ■

(image © Glénat Comics)




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