Avec Green Lantern One Corps United, Urban Comics poursuit la relance du mythe des porteurs de l’anneau vert en misant sur une approche à la fois spectaculaire et politique. Ce premier tome cherche à répondre à plusieurs questions clés : que reste-t-il du Green Lantern Corps après les bouleversements récents ? Peut-il encore incarner une force d’équilibre dans un univers DC de plus en plus instable ? Et surtout, cette nouvelle direction mérite-t-elle l’attention des lecteurs de longue date comme des revenants un peu méfiants. Entre guerre d’influence cosmique, tensions internes et montée en puissance de nouvelles menaces, Green Lantern One Corps United ambitionne clairement de remettre de l’ordre dans la partie cosmique de DC… quitte à en créer un peu plus au passage.

Green Lantern One Corps United et la fin des illusions politiques
L’un des axes majeurs de Green Lantern One Corps United repose sur l’affrontement entre le Green Lantern Corps et les Planètes Unies, incarnation d’un pouvoir politique corrompu et manipulateur. Le scénario insiste sur la manière dont une autorité supposée légitime peut transformer un conflit idéologique en guerre ouverte. Cette dimension politique donne de l’épaisseur au récit, tout en rappelant que les Green Lanterns ne sont plus seulement des flics cosmiques mais des pions dans un jeu de pouvoir plus vaste. L’idée est forte, même si le traitement reste parfois plus suggéré que réellement approfondi.

Un récit choral ambitieux mais parfois trop pressé
Jeremy Adams signe un récit volontairement dense, où plusieurs fronts s’ouvrent simultanément et où les menaces s’accumulent sans laisser beaucoup de répit. Green Lantern One Corps United fonctionne comme une grande manœuvre stratégique, avec plusieurs camps, des alliances fragiles et des retournements rapides. Cette approche donne une énergie certaine à l’ensemble, mais elle a aussi un coût : les personnages passent souvent plus de temps à réagir qu’à véritablement agir ou intéragir. Le sentiment d’urgence est réussi, mais il empêche parfois l’histoire de respirer et d’installer durablement ses enjeux émotionnels.

Les Green Lanterns de la Terre au premier plan
Sans surprise, Green Lantern One Corps United met largement en avant les Green Lanterns terriens, devenus au fil des années un groupe pléthorique. Hal Jordan et John Stewart occupent naturellement le devant de la scène, avec une dynamique bien huilée et une vraie complémentarité dans leurs choix moraux. Jeremy Adams parvient aussi à intégrer Alan Scott de façon plutôt élégante, renforçant l’idée d’un héritage partagé plutôt qu’un simple caméo nostalgique. D’autres personnages comme Keli Quintela apportent une touche de fraîcheur bienvenue, même si certains, à l’image de Simon Baz, restent clairement en retrait. Jo Mullein, la Green Lantern de Far Sector, fait même une apparition.

Carol Ferris et le poids mal exploité de l’émotion
La place accordée à Carol Ferris dans Green Lantern One Corps United laisse une impression mitigée. Présentée comme une recrue encore en apprentissage, elle est souvent reléguée à l’arrière-plan, silencieuse là où l’on attendrait une voix forte. La confrontation avec l’entité est pourtant une idée intéressante, qui réoriente habilement le mythe des Star Sapphir vers quelque chose de plus inquiétant. Malheureusement, cette piste prometteuse semble presque détachée du reste du récit, comme si elle annonçait surtout des développements futurs sans réellement enrichir l’arc en cours.

Une montée en tension efficace mais une conclusion frustrante
La dernière partie de Green Lantern One Corps United privilégie clairement l’ambiance et la projection vers l’avenir plutôt que la résolution immédiate. Les planches contemplatives, notamment autour de Hal Jordan, installent une tonalité optimiste après l’action, mais laissent plusieurs révélations importantes hors champ. Le retour des Gardiens ou l’émergence de nouveaux porteurs de pouvoirs sont évoqués sans être montrés, donnant à la conclusion un goût un peu précipité. L’enthousiasme est là, mais il s’accompagne d’un sentiment d’inachevé qui pourra frustrer les lecteurs les plus exigeants.

Un dessin solide au service du spectaculaire cosmique
Visuellement, Green Lantern One Corps United tient parfaitement la route. Les artistes livrent un travail lisible, énergique, capable de gérer aussi bien les grandes batailles cosmiques que les scènes plus intimistes. Le design des constructions, la gestion des couleurs et la mise en scène des affrontements contribuent à renforcer l’ampleur du récit. Sans être révolutionnaire, l’ensemble reste cohérent et efficace, exactement ce que l’on attend d’un titre Green Lantern à vocation épique.
Green Lantern One Corps United : un nouveau départ imparfait mais prometteur
À la fin de ce tome 1, Green Lantern One Corps United pose les bases d’une nouvelle ère pour le Green Lantern Corps, avec des idées fortes et une vraie envie de relancer la machine. On pourra quand même s’étonner du choix d’Urban Comics de publier la conclusion du début de l’arc en cours… dans un tome 1 ! Bon courage aux nouveaux lecteurs pour y comprendre quelque chose malgré le rédactionnel proposé par l’éditeur. Si on veut pleinement profiter de ce récit, je conseille vraiment les 2 tomes de Dawn of Green Lantern. Pour en revenir à Green Lantern One Corps United, si le récit souffre parfois d’un rythme trop soutenu et de personnages secondaires sous-exploités, il parvient néanmoins à réinstaller des enjeux clairs et une dynamique enthousiasmante. Ce premier tome n’est pas une révolution, mais il agit comme un socle solide sur lequel DC peut bâtir la suite. Et ça donne quand même envie de voir ce que l’univers va nous réserver ensuite, même si tout n’est pas encore parfaitement calé.

Green Lantern One Corps United tome 1 est un comics publié en France par Urban Comics. Il contient : Green Lantern Civil Corps Special #1 + Green Lantern #16-18 + Green Lantern – Fractured Spectrum #1