Venom : retour dans les années 90 [avis]

(image © Marvel Comics)

Pour son Fresh Start, Marvel a décidé de mettre les petits plats dans les grands et relance une série Venom avec Eddie Brock. Mieux, elle confie les rênes artistiques à Donny Cates, la nouvelle coqueluche des fans, et Ryan Stegman, dont les dessins distordus conviennent parfaitement aux aventures du symbiote. Après la lecture des 6 premiers numéros, je reste pourtant assez déçu.
■ par Doop

 

Eddie s’est réapproprié le symbiote. Il est contacté par un ancien soldat, Rex, victime lui aussi d’expériences du SHIELD pour le transformer en soldat ultime via le parasite extraterrestre. Lorsqu’il lui demande d’aller délivrer ses camarades, Eddie Brock n’hésite pas une seconde, même s’il semble perdre la raison et le contrôle de son costume. Sa tentative de sauvetage va toutefois libérer une ancienne menace, qui se trouve être la créature à l’origine des symbiotes…

 

(image © Marvel Comics)

 

Un récit très faible et décompressé

Ce que j’ai lu pour l’instant de Donny Cates était plutôt enthousiasmant (Cosmic Ghost Rider). Mais là, je dois vous avouer que je me suis ennuyé ferme. N’allons pas plus loin, cela ressemble énormément à du Spawn des pires années, voire à The Haunt, la série fadasse de Robert Kirkman et de Todd McFarlane. Il ne se passe pas grand-chose et toute l’histoire, pourtant simple est diluée dans une scène de bagarre entre Venom et un dragon géant. Pour tenir 6 numéros quand-même, Donny Cates utilise une technique pourtant éculée : mettre des mystères et balancer des sous-entendus alors que finalement, il n’y a rien d’autre qu’une histoire linéaire. Si dans le 1er épisode le scénariste arrive à donner une relation plutôt bien pensée entre Eddie et son symbiote, il oublie complétement cet aspect pour la suite, qui se veut être une gigantesque scène de bagarre avec des dents, des symbiotes qui fusionnent et Venom contre un ennemi plus puissant que lui ! Mais attention, un Venom armé jusqu’aux dents (!!) avec des gros fusils et des flingues improbables. Il ne manque que les petites sacoches autour des cuisses pour avoir un bon comics qui tâche d’il y a 20 ans signé Image. Sincèrement, j’ai trouvé le scénario d’une faiblesse abyssale, introduisant un méchant générique et sans grand charisme à qui Donny Cates essaye de donner corps durant tout un numéro assez imbuvable, tellement il tord l’origine des symbiotes dans tous les sens. Nous avons droit à une apparition de Miles Morales qui ne sert strictement à rien dans la mesure où il n’apporte absolument rien au récit et où sa relation avec Eddie n’est pas à l’ordre du jour. La résolution de l’intrigue est elle aussi assez paresseuse, manquant sincèrement de chair, surtout au niveau de la menace décrite.

 

(image © Marvel Comics)

 

Des dessins rétro

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Si l’histoire aurait pu être écrite par Brandon Choi ou Eric Silvestri, les dessins ne sont pas en reste non plus, puisque Ryan Stegman possède un style assez particulier, qui fait immédiatement penser à du Todd McFarlane. Son utilisation de la toile organique (ou spaghetti) jusqu’à l’écœurement en est une preuve, comme son anatomie humaine assez spéciale. Après, pour une fois qu’un dessinateur à un style propre on ne va pas s’en plaindre, mais disons que Ryan Stegman passe tellement de temps à vouloir truffer ses planches de petits détails que parfois il s’égare dans sa narration, proposant des planches extrêmement compliquées et difficiles à appréhender. Alors que finalement rien ne se passe de bien folichon. Après, R. Stegman donne beaucoup d’énergie dans ses dessins, mais c’est pour moi insuffisant.

 

(image © Marvel Comics)

 

Une histoire pour rien ?

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De fait, nous avons ici une histoire qui se veut présenter les origines des symbiotes et relancer la relation entre Eddie Brock et le costume. Mais j’ai trouvé le récit extrêmement superficiel, allant de plus dans le sens du lecteur en produisant une histoire premier degré et bourrée de combat et de gros flingues et qui se lit en moins d’un quart d’heure. Je pense qu’au bout de plus de 30 ans d’existence, Venom mérite mieux qu’une redite moderne de ce qui a été fait plus tôt. ■

(image © Marvel Comics)




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Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.