The Valiant : une réédition pour la sortie du film Bloodshot

The Valiant Bloodshot
(image © Valiant Comics, Bliss Éditions)

Avec la sortie en VOD du film Bloodshot, Bliss Édition met en avant le superhéros bodybuildé et réédite The Valiant, une saga indispensable dans l’histoire de Ray Garrison, et un temps fort dans l’histoire de l’Univers Valiant. L’occasion peut être pour certains curieux de tenter l’aventure Valiant !?
■ par Stéphane Le Troëdec

 

The Valiant Bloodshot
(image © Valiant Comics, Bliss Éditions)

 

Depuis des millénaires, les Géomanciens sont une lignée d’oracles mystiques capable de communiquer avec notre planète. Inlassablement, au fil des siècles, Gilad, le Guerrier Éternel, voue sa vie à défendre le Géomancien des attaques de l’Ennemi Immortel. Sans grand succès puisque dans l’Histoire, l’Ennemi Immortel a toujours massacré le Guerrier Éternel et son protégé ! Mais aujourd’hui les choses pourraient bien changer. En effet, pour sauver la vie de Kay, la nouvelle Géomancienne, Gilad a réuni plusieurs surhommes aux pouvoirs exceptionnels comme Armstrong (le frère de Gilad), Ninjak, X-O Manowar, ou Bloodshot. Hélas, l’Ennemi Immortel joue sur les peurs et faiblesses de ses ennemis et se rapproche inexorablement de Kay ! Le Guerrier Éternel et ses alliés parviendront-il à l’arrêter ?

 

The Valiant Bloodshot
(image © Valiant Comics, Bliss Éditions)

 

Un point d’entrée… uniquement pour certains personnages Valiant

Ce n’est pas tout à fait un hasard si Bliss Édition réédite The Valiant près de 5 ans après sa 1re sortie en France. On a coutume de présenter cette saga comme LE point d’entrée idéal dans l’univers Valiant. La relecture de The Valiant permet de reconsidérer l’intérêt de cette aventure, puisque 5 ans se sont écoulés depuis la 1re édition, et nous avons maintenant un peu de recul. Car The Valiant est un point d’entrée pour seulement une partie des héros Valiant. Bloodshot, évidemment, puisque la série régulière Bloodshot Reborn découle directement des événements de The Valiant (et Bliss Édition vient la rééditer en intégrale). Le Guerrier Éternel, aussi, puisque The Valiant est entièrement focalisé sur sa quête personnelle. Par contre, les autres personnages Valiant font plus ou moins de la figuration. Du coup, The Valiant est une lecture agréable, certes, qui donne un rapide aperçu de l’Univers Valiant, mais beaucoup moins indispensable si vous vous intéressez à, par exemple, Faith, Ninjak ou X-O Manowar.

 

The Valiant Bloodshot
(image © Valiant Comics, Bliss Éditions)

 

Un casting trop chargé

Dans The Valiant, Jeff Lemire tente de mettre en scène la plupart des personnages Valiant Comics. Et n’y parvient pas tout à fait car rapidement, le Guerrier Éternel et Bloodshot accaparent la plupart des planches. Il ne reste que peu de place aux autres héros, qu’on aperçoit de temps en temps, au détour d’une case. Autant les scènes avec Gilad et Ray sont réussies, autant dès qu’il y a toute l’écurie Valiant en action, on a le sentiment que les planches sont trop étroites pour faire ressentir le côté épique de l’histoire. La faute probablement au faible nombre d’épisodes, 4 au total, trop juste à mon goût pour permettre à la saga de se déployer comme elle le devrait. L’épisode 3 est assez représentatif du problème : les autres héros sont quasiment tous traités de façon elliptique, sans presque aucune mise en valeur de leur action. Pire : la seule illustration double-page montrant les héros en action… se retrouve coupée en recto verso… Du coup, cela accentue l’impression d’une histoire pensée pour 2 personnages, mais dans laquelle on aurait injectée un peu artificiellement tout le reste de l’écurie Valiant. Dommage, parce qu’avec 2 ou 3 épisodes de plus, The Valiant aurait pu devenir une vraie porte d’entrée pour tous les personnages.

 

The Valiant Bloodshot
(image © Valiant Comics, Bliss Éditions)

 

L’Ennemi Immortel ou la sensation de danger inexorable

Dans The Valiant, le scénariste Jeff Lemire réussit parfaitement à restituer une sensation de lecture intéressante : celle du danger inexorable. L’histoire commence par prendre le temps de nous montrer les échecs du Guerrier Éternel au fil des siècles : à chaque fois Gilad promet à son protégé qu’il le sauvera, à chaque fois il est vaincu à plat de couture. Si bien qu’avant même que l’intrigue de The Valiant ne démarre, on n’y entre pas la fleur au fusil, en mode « mais de toute manière, les héros gagneront à la fin ». Non. Non, parce qu’on a bien lu que l’Ennemi Immortel, c’est du costaud. Au passage, Paolo Rivera lui trouve un design particulièrement réussi, avec ces visages qui se « déchirent » pour laisser voir le vrai visage du mal. Effrayant. Du coup, tout au long de The Valiant, on se demande bien comment tout cela va finir, tellement l’Ennemi Immortel tient plus du rouleau compresseur, d’« écrabouilleur » de superhéros qui ne fait pas dans le détail, que du supervilain d’opérette classique. Le doute et le danger planent pendant toute la lecture de The Valiant, et c’est très agréable.

 

The Valiant Bloodshot
(image © Valiant Comics, Bliss Éditions)

 

Des bonus comme toujours intéressants

Les dernières pages de The Valiant sont consacrées à des bonus qui permettent d’en apprendre un peu plus sur les coulisses de la création de l’histoire. On n’a pas l’impression qu’il s’agit de remplissage, contrairement à d’autres éditeurs qui se contentent d’aligner les couvertures alternatives et les crayonnés, sans vraiment de plus-value flagrante. Chez Bliss Éditions, il s’agit d’en profiter pour montrer les différentes étapes, du crayonné à la colorisation, avec de nombreux commentaires des artistes, qui vont l’anecdotique au passionnant. Ces annotations permettent surtout de souligner certains détails qui nous auraient échappé à la lecture. ■

The Valiant Bloodshot
(image © Valiant Comics, Bliss Éditions)

The Valiant est un comics publié en France chez Bliss Éditions. Il contient : The Valiant n°1-4.




A propos Stéphane Le Troëdec 467 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.