L’invasion des enfants au yeux noirs [critique de Black Eyed Kids, tome 1]

Black Eyed Kids tome 1 critique

Connaissez-vous les Black Eyed Kids ? Les enfants aux yeux noirs, c’est, à la base, une légende urbaine américaine. Joe Pruett tire une histoire d’épouvante bluffante et prometteuse.
■ par Stéphane Le Troëdec

 

Un soir, le calme d’une petite ville américaine est rompu par l’apparition d’un groupe d’enfants violents et très étranges. Ils commencent par assassiner un chien. Puis l’un d’entre eux braque une station essence pour voler un paquet de cigarette. Mais très vite, le vol tourne mal et le garçon descend clients et commerçant. Un peu plus tard, deux adolescents aux yeux entièrement noirs manipulent un jeune garçon pour assassine un à un les membres de sa famille. Qui sont-ils ? Et surtout, quel est leur objectif ?

 

Black Eyed Kids tome 1 critique
Les laisseriez-vous entrer ?…

 

Les Black Eyed Kids, une légende urbaine contemporaine

Tout commence par une légende urbaine apparue aux États-Unis à la fin des années 90. Sur internet, Brian Bethel, un journaliste texan, raconte sa rencontre avec ces enfants aux yeux noirs. Un soir, il est seul chez lui. Deux kids frappent à sa porte et demandent à utiliser le téléphone pour appeler leurs parents. Chose étonnante, ils paraissent incapables de rentrer dans la maison avant qu’on ne les ait expressément invités à le faire. Une fois à l’intérieur, on peut mieux voir leur visage et surtout leurs yeux : des yeux sans pupille, entièrement noirs… Depuis, plusieurs témoignages similaires ne cessent d’alimenter régulièrement la légende.

 

Black Eyed Kids tome 1 critique
Black Eyed Kids contient quelques scènes gores

 

Une invasion programmée

Dans le comics Black Eyed Kids, Joe Pruett s’empare de la légende des enfants aux yeux noirs pour en tirer une histoire d’épouvante redoutable. Évidemment, la scène d’enfants voulant entrer dans une maison est reprise telle quel. Mais conscient que son histoire risque vite de tourner court, Joe Pruett développe une intrigue intéressante à base d’invasion. Ces gamins aux yeux noirs comme l’ébène ne frappent pas tout à fait par hasard. Ils ont un plan et les humains ne sont pour eux qu’un outil. Plus on avance dans Black Eyed-Kids et plus ce comics rappelle de jolies références comme le Village des Damnés, L’Invasion des Profanateurs de Sépultures ou bien encore le trop méconnu Body Snatchers d’Abel Ferrara.

 

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Un des envahisseurs en chef

 

Témoigner de la fin d’une espèce

Il y a dans Black Eyed Kids une autre très belle idée. Ces envahisseurs souhaitent garder une trace de l’histoire de la fin de l’humanité. Ils enrôlent de force une romancière, chargée de consigner les ultimes étapes de l’existence de l’être humain sur Terre. Une idée pour le moment pas totalement exploité dans Black Eyed Kids, mais qui, c’est certain, aura son importance dans les épisodes à venir. Disons que cela place le personnage de la romancière dans un rôle plus original que celui de la victime ou de l’héroïne.

 

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Les couleurs de Guy Majors ajoutent au sentiment de malaise dégagé par B.E.K.

 

Des dessins oppressants

Black Eyed Kids utilise au mieux le style graphique particulier de Szymon Kudranski. On connait déjà cet artiste avec son travail sur le comics Spawn ou sur l’album Batman – La Splendeur du Pingouin. Son trait sombre fait ici des merveilles, surtout qu’il n’a plus à coller à des designs précis. Kudranski parvient à rendre certaines scènes réellement inquiétante ou même malsaine. Ces passages retranscrivent bien l’inquiétude et la tension qu’on pourrait ressentir face à ce genre de monstres. ■

Black Eyed Kids tome 1 critique

B.E.K. – Black Eyed Kids, tome 1 est un comics de 144 pages écrit par Joe Pruett et dessiné par Szymon Kudranski. Cet album est publié en France par Snorgleux au prix de 16,50 €. Les épisodes originaux sont parus aux USA chez Aftershock Comics.




A propos Stéphane Le Troëdec 203 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.