Klaus : Faut pas chercher la marave avec le père Noël ! [critique]

(image © BOOM ! Studios)

Le Père Noël est le 1er superhéros de tous les enfants… et pourtant on ne sait rien de ses origines ! Cette lacune est désormais comblée grâce à Grant Morrison, alors préparez les boules et les marrons car voici Klaus !
■ par Dragnir

 

Klaus (image © BOOM ! Studios)

 

L’homme des bois descend en ville

Dans la belle ville de Grimsvig, la fête de Yule n’a pas lieu ! Le seigneur local a décrété que la joie et le bonheur n’avaient plus leur place, pas même pour les enfants. C’est dans ce triste état que Klaus, un homme des bois, trouve la ville. Il a pourtant connu Grimsvig pleine de vie et d’allégresse. Pire encore, les gardes de la ville semblent faire régner la terreur allant jusqu’à frapper un pauvre enfant qui joue avec une malheureuse pierre. C’en est trop pour Klaus le forestier qui prend la défense du gamin. Mais, malgré sa colère, il est roué de coups et abandonné en dehors des portes de la ville dans un froid glacial qui pourrait lui être fatal. Mais Klaus est plus résistant qu’il n’y parait. Avec l’aide de sa louve blanche Lilli, il se tire de ce mauvais pas, blessé mais vivant. Contraint de se soigner, il absorbe une décoction magique et, avec sa flute, Klaus parvient à involontairement attirer à lui des Esprits de la forêt. Ces derniers le font passer dans un état second durant lequel il construit un nombre incroyable de jouet… Mais va-t-il bien pouvoir faire de tout ça ?

 

Klaus (image © BOOM ! Studios)

 

Des origines du mythe, mais pas uniquement

L’origine story du Père Noël avec un Santa Klaus qui sert de la soupe à la phalange façon patate de maçon, soyons clair c’est un pied phénoménal ! Le bougre n’hésite pas à s’exercer aux claquettes sur les protubérances testiculaires de ses adversaires à en retrouver des bouts de prépuces sur la pointe des godasses. Mais attention, il n’y a pas que ça dans ce Klaus ! On assiste aussi à une belle critique sociale avec un seigneur local prêt à faire crever son peuple à la tâche pour ses propres intérêts. Et ce quand bien même cette quête de pouvoir impliquerait le malheur et le désespoir des enfants, c’est bien simple, on dirait un fabricant de chaussures de sport américain ! D’ailleurs qu’on ne s’y trompe pas : l’auteur, le stupéfiant Grant Morrison, imagine Klaus comme un combattant pour la justice sociale qui défie l’autorité oppressive par de la désobéissance manifeste ! Par cette rébellion face au pouvoir, le héros amène de la joie dans le cœur des familles. Si ça ce n’est pas du message , je m’y connais pas ! Avec un mélange de Zorro et d’Assasin’s Creed pour la capuche et le côté « je grimpe sur les toits » !

 

Klaus (image © BOOM ! Studios)

 

Klaus n’est pas un conte de Noël

Le principe de Klaus est fort sympathique et vraiment bien mené. Ici, Grant Morrison alterne des phases d’action menées tambours battants et des flashbacks. Ce procédé permet de comprendre le fond historique dans lequel situer Klaus, c’est-à-dire dans des contrées germaniques au 14e ou 15e siècle. Cette fois-ci, et contrairement à ce que nous a habitué le scénariste, pas la peine de sortir la boite de paracétamol : Grant Morrison nous offre une histoire facile d’accès et tout à fait distrayante ! Bon bien sûr, il en profite pour nous passer un petit message subliminal sur les vertus de la consommation de substances hallucinogènes et pas avec beaucoup de subtilité pour le coup. Mais même cette partie très psychédélique fait sens et est superbement illustrée par Dan Mora. Le trait actuel de l’artiste est d’ailleurs fort assuré, avec des décors vraiment bien sentis et on ne peut plus agréables à l’œil ! Qu’on s’entende bien, on n’est pas dans un récit de Noël classique avec le vieux barbu bedonnant et son « Oh Oh Oh » que l’on va se raconter au coin du feu avec un pull en laine aux couleurs dégueulasses. Non ! Klaus est plus rugueux, plus dans l’idée de ce qu’étaient les fables des frères Grimm ou d’Andersen. Non ! Klaus n’est pas un conte de Noël mais jamais l’esprit de Noël ne fut plus présent dans un comics ! ■

Couverture de Klaus (image © Glénat Comics)

 




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Dragnir , c'est 120 kilos d'amour des comics ! Lecteur depuis plus de 40 ans, il est désormais muni d'un cal au pouce de plus de 9 cm a force de tourner les pages des comics indépendants voire underground US ou UK dont il s'est fait une spécialité.