Justice League Rebirth tome 6 : conflits, procès et débats intimes [avis]

(image © DC Comics)

Clap de fin pour Justice League Rebirth. Alors que la nouvelle version de la Ligue de Justice arrive déjà dans les bacs, mieux vaut ne pas rater cette conclusion l’ère précédente. L’arrivée d’un nouveau scénariste, Christopher Priest, permet à tout lecteur de se plonger dans cet ultime tome très plaisant. La Ligue est bouleversée face par des défis intimes et politiques. 10 épisodes qui surprennent par leur profondeur et leur pertinence.
■ par Ben Wawe

 

(image © DC Comics)

 

Bryan Hitch a scénarisé les précédents tomes de Justice League Rebirth. Il a pu signer des récits auto-contenus, cosmiques. Cela n’a cependant pas toujours plu. Surtout, Justice League Rebirth n’a pas eu ce statut de moteur de l’univers DC qu’elle avait dans la collection DC Renaissance. Ce rôle lui revient dans la nouvelle série Justice League New Justice signée Scott Snyder. Urban Comics propose d’ailleurs ce mois-ci ce nouveau titre ainsi que son prologue No Justice… Mais attention à ne pas sous-estimer la conclusion de Justice League Rebirth, qui voit arriver de nouveaux auteurs.

 

(image © DC Comics)

 

De nouveaux auteurs pour en finir

Bryan Hitch a livré sa conclusion à ses sagas dans le tome 5, via l’apparition plaisante des enfants de la Ligue. DC Comics ne pouvait cependant pas encore lancer la suite, car New Justice est dérivée de Batman Métal, qui n’était pas alors terminé. Bryan Hitch allant dessiner le Hawkman de Robert Venditti, Christopher Priest le remplace comme scénariste. Celui-ci gère Deathstroke, a écrit Justice League Task Force même s’il est connu pour ses Black Panther, qui ont inspiré le film. Dans Justice League Rebirth tome 6, Christopher Priest, passionné de thématiques sociales, peut conclure en pleine liberté, dans son coin. Il livre ici 2 sagas passionnantes, mais troublantes.

 

(image © DC Comics)

 

« Le procès de la Ligue de Justice » et « Justice perdue »

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Batman est autant le chef de la Ligue de Justice que de la Ligue de Justice d’Amérique, créée après les évènements de Justice League vs Suicide Squad. Avec son activité dans Gotham, c’en fait trop. Batman est fatigué, commet une erreur tactique grave pour la Ligue. L’équipe est étrillée par les journalistes. Elle est même agressée par un nouvel ennemi, le Fan, qui les connait si bien qu’il les met à mal. La Tour de Garde endommagée s’écrase alors en Afrique. Ce qui déclenche des imbroglios diplomatiques à l’arrivée de réfugiés victimes des exactions du Lion Rouge, tyran génocidaire ; copie assumée de Black Panther et employeur régulier de Deathstroke. Face à une Ligue rongée par les limites de leur intervention et les egos de chacun…

 

(image © DC Comics)

 

Densité et profondeur des récits

Dans Justice League Rebirth tome 6, les 10 épisodes de Christopher Priest impressionnent par l’ampleur des thèmes abordés et leurs rebondissements. La Ligue fait face à des bouleversements internes, et s’en relève à peine. Le leadership de Batman contesté, son remplacement par Cyborg, le scandale, l’attaque efficace du Fan et surtout la géopolitique africaine sont des coups terribles au groupe. Christopher Priest n’épargne rien à l’équipe, et n’oublie personne. Chaque personnage de Justice League Rebirth tome 6 a son moment, et son débat intérieur. Superman et Aquaman sont légèrement en retrait, mais ils ont malgré tout une position et des doutes. Simon et Jessica sont mis en avant, et l’auteur gère bien le duo de Green Lanterns. Surtout, il n’hésite pas à montrer que la Ligue ne peut pas tout faire, malgré les bonnes volontés. Rarement la Ligue n’a paru aussi troublée que face aux réfugiés et de bourreaux en Afrique, car les rôles peuvent s’inverser et rien n’est simple, binaire. Ces 10 épisodes de Justice League Rebirth tome 6 plongent au cœur des héros, et sont plus passionnants et profonds que d’habitude.

 

(image © DC Comics)

 

Quelques faiblesses incontournables

Même si Christopher Priest fait beaucoup sur ces 10 épisodes de Justice League Rebirth tome 6, il ne peut pas tout réussir vu l’ampleur du propos. Son récit souffre de raccourcis, notamment Deathstroke et le Lion Rouge qui ne sont pas assez présentés. Le sort du Fan est rapidement réglé, comme le scandale public. La narration de Christopher Priest amuse avec un « titre » pour chaque changement de point de vue, mais il n’a pas le temps de développer ça au-delà du gadget. Surtout, le placement de ces épisodes entre 2 périodes de la Ligue rend caduque tout changement. Les personnages ne risquent vraiment pas grand-chose, ici. Enfin, l’aspect graphique est faible : Pete Woods signe l’essentiel de planches correctes mais guère brillantes. Le français Philippe Briones, Marco Santucci et Ian Churchill l’accompagnent, dans leurs styles plus secs et détaillés. L’ensemble de Justice League Rebirth tome 6 reste cohérent, mais trop classique pour en faire un atout.

 

(image © DC Comics)

 

Une conclusion intense et agréable

Même si elle est plutôt discrète, la conclusion de Justice League Rebirth tome 6 est intense et agréable. Dommage que Christopher Priest ne puisse pas plus développer son approche intime et politique, et que le dessin n’impressionne pas. Ce 6e tome demeure néanmoins une très agréable et pertinente surprise, abordable par tous. A ne pas rater ! ■

(image © DC Comics, Urban Comics)

Justice League Rebirth tome 6 est un comics publié en France par Urban Comics.

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