Harley Quinn Rebirth tome 4 : Harley plus violente, plus provoc’… et plus creuse ? [avis]

harley quinn rebirth tome 4
(image © DC Comics)

Je m’appelle Emily, je suis lectrice de comics (un peu) mais surtout lectrice tout court (beaucoup). Chaque mois, la rédac’ de Top Comics m’envoie un album surprise pour le chroniquer et donner mon point de vue. Aujourd’hui, je m’intéresse à Harley Quinn Rebirth tome 4 !
■ par Emily

 

Sueurs froides en découvrant mon « comics surprise » du mois : c’est un tome 4 ! Heureusement, on peut lire cette compilation des aventures d’Harley Quinn sans connaitre les numéros précédents. D’une part, grâce aux résumés très complets proposés par l’éditeur Urban Comics, et d’autre part car les numéros 22 à 26 représentent une transition dans laquelle les bases d’une nouvelle intrigue sont jetées, mais où l’on s’intéresse principalement à Harley et à sa petite vie évidemment pas comme les autres…

 

harley quinn rebirth tome 4
(image © DC Comics)

 

La reine de Coney Island

Nous retrouvons donc Harley Quinn, délurée, insolente, incontrôlable et court vêtue, fidèle en fait à l’image que la maison DC entend lui donner depuis plusieurs années, que ce soit sur grand écran, dans les jeux vidéo et bien sûr dans les comics. Harley vit à Coney Island, dans un immeuble où se croisent ses amis et ses ennemis, tous plus déjantés les uns que les autres, sachant qu’ils peuvent passer d’une catégorie à l’autre au gré de leurs intérêts personnels… D’ailleurs, Harley elle-même est une supervilaine repentie qui a gardé de bien mauvaises habitudes… Et même si elle aide la police de New York, elle le fait à sa façon : peu subtilement. Ce tome 4 réserve donc son lot de rebondissements et d’impertinence habituel même si, comme promis dans le titre, une surprise de taille vient clore le numéro 26, surprise qui entraine Harley vers de nouvelles aventures inattendues et forcément tirées par les cheveux.

 

harley quinn rebirth tome 4
(image © DC Comics)

 

Harley 2.0

Avec Harley Quinn Rebirth tome 4, je fais connaissance avec un personnage dont la 1re version, celle créée en 1992 par Paul Dini et Bruce Timm dans la série d’animation Batman, m’est bien plus familière. La Harley d’aujourd’hui est à l’image de tout le catalogue DC : plus sombre, plus violente, plus provoc’. À la vue des quelques images du film Suicide Squad parvenues jusqu’à moi, je m’attendais bien sûr à cette ambiance-là… Cascades suggestives et réparties potaches viennent donc ponctuer des scènes de violence souvent gratuite et totalement assumée. Se pose alors la question du sens… Car j’ose espérer que pour chaque lecteur, au-delà de l’aspect divertissant d’un comics, il y a aussi la volonté de lire des choses qui ont du sens, qui ouvrent sur autre chose. Alors que cache cette orientation-là ?

 

harley quinn rebirth tome 4
(image © DC Comics)

 

L’habit ne fait pas le moine

Généralement, provoquer, c’est tenter de bousculer l’ordre établi, mais aussi interpeler. Si j’apprécie le côté chaotico-anarchique du personnage d’Harley Quinn, il faut croire cependant que je n’ai pas la même notion de ce qui est provocant… Quelques blagues en dessous de la ceinture, des gros plans de seins et de fesses charnues, un baiser entre femmes et des mares de sang… Ni plus ni moins ce que l’on voit chaque jour autour sur Internet ou d’autres médias… Mais on prétend quand même nous donner un peu de fond : une scène voit Harley et Goat Boy prendre le métro (voir image ci-dessus), et Harley de s’extasier devant la diversité des personnes présentes : un homme avec une coupe afro des plus hispter, une lycéenne à la cuisse tatouée, une vieille dame un peu chic, un mec balèze tatoué et crêté, pour ne citer qu’eux. « Regarde comme c’est merveilleux… C’est une honte que certains jugent les autres si injustement, tout ça parce qu’ils sont différents ». Hum… Ode à la différence ? Soit… Mais cette phrase prononcée par Harley illustre bien la pauvreté scénaristique de ce tome 4… On dirait que les auteurs estiment que le simple fait de faire évoluer ce personnage est une affirmation des valeurs de tolérance. Pas besoin de se creuser la tête pour une histoire digne de ce nom : Harley se suffirait à elle-même.

 

harley quinn rebirth tome 4
(image © DC Comics)

 

Dessins gonflés…

Le dessin de Harley Quinn Rebirth tome 4 pose un autre genre de problème : l’image de la femme. Il serait politiquement correct et dans la tendance actuelle de dire qu’Harley et ses copines sont des femmes fortes qui s’assument et qui font donc ce qu’elle veulent de leur corps, à la manière de la Lady Gaga des 1ers temps. Pour moi, cette démarche est surtout tout à fait hypocrite, et au final, ce sont toujours des fantasmes masculins et une imagerie machiste qui sont appliqués aux héroïnes de cette série. Pas sûr que le lecteur adolescent perçoive le message prétendument féministe derrière tout ça. Non que je mette en doute ses capacités d’analyse, simplement, les hormones, tout ça, tout ça…

 

harley quinn rebirth tome 4
(image © DC Comics)

 

Bonus

Les back-ups proposées à la fin de Harley Quinn Rebirth tome 4, quant à elles, rattachent Harley à son amoureux célèbre, le Joker, l’ennemi le plus fêlé de Batman. Ces petites histoires redonnent du relief à Harley. Car ce qui fait l’intérêt du personnage, ce qui le rend si atypique mais aussi inquiétant, c’est son obsession pour « Mister J ». Elle permet, mine de rien, d’aborder de façon inattendue le thème de la violence envers les femmes et les ressorts d’une relation abusive… C’est elle aussi qui fait de cette Harley-là un personnage déroutant et souvent dérangeant. Bref, bien plus subversif que la version bimbo survoltée… A noter également dans Harley Quinn Rebirth tome 4, un numéro anniversaire pour les 25 ans d’Harley Quinn et des couvertures signées notamment Franck Cho et Jim Lee !

harley quinn rebirth tome 4
(image © DC Comics, Urban Comics)

Harley Quinn Rebirth tome 4 est un comics publié en France par Urban Comics.




A propos Emily 3 Articles
Je suis une grande lectrice. Simplement pas de comics... Ça pourrait être un problème, mais il se trouve que je peux réciter par cœur la généalogie des Summers (ceux des X-Men, hein, pas de Buffy…), ce qui devrait suffire à me faire pardonner ! Mon lien avec l’univers des comics, c'est surtout Neil Gaiman. Fervente admiratrice de son imagination et de son écriture, je le suis dans toutes ses aventures, y compris quand elles passent par la case comics. Un comics... Voilà une bien étrange petite chose... Un subtil équilibre entre texte et dessin... Ce qui me pose le plus de difficulté, à moi, c'est le dessin. Dans ce domaine, je suis une néophyte difficile. Après tout, illustrer une histoire, c'est un peu empiéter sur le territoire imaginaire du lecteur ! Alors, pour que je le permette, il me faut quelques garanties, forcément subjectives. Et bien sûr, comme vous tous, chers lecteurs, je suis bien souvent de mauvaise foi en disant qu'untel dessine aussi bien que je skie. Mais je vous rassure, je crois savoir reconnaître un dessinateur talentueux quand j'en vois un, même si je n'aime pas la proposition artistique qu'il me fait. Pour Top Comics, j'ai passé un « contrat » avec Stéphane Le Troëdec (le « boss » de Top Comics) : chroniquer un comics par mois ! D'accord, mais à une condition : que ce soit un comics surprise que le « boss » a choisi ! J'ai donc hâte de découvrir les multiples facettes de ce format et de partager mes découvertes avec vous tous !