[Avant-première] Dans Batman : White Knight, le Joker remplace le Chevalier Noir !

(image © DC Comics)

Sean Murphy, après avoir consolidé sa réputation de dessinateur sur des titres comme The Wake ou Joe Le Barbare avec Grant Morrison et Scott Snyder, s’est alors lancé tout seul sur Punk Rock Jesus qui a connu un véritable succès d’estime. Devenu bankable, il était logique de proposer un gros titre à cette nouvelle étoile montante. C’est le cas avec ce Batman : White Knight, une mini-série hors continuité dans la lignée des Elseworld et grandement poussée en avant par DC Comics. Titre exceptionnel ou évènement un peu trop « hypé » ? Le résultat est à mon sens en demi-teinte. Si les qualités d’artiste de Murphy ne sont pas à remettre en cause, il lui reste, à mon avis, quelques progrès à faire au niveau de l’histoire et de la gestion du rythme.
■ par Doop

Batman : White Knight (image © DC Comics)

 

Par le biais d’une substance chimique, le Joker est redevenu un être humain normal, sensible et très intelligent. En revanche, sa haine pour Batman n’a pas changé. Il utilise donc sa nouvelle image, totalement blanchie, afin de décrédibiliser l’homme chauve-souris et d’en faire l’ennemi public n°1. Suivi dans sa démarche par la police de Gotham, Nightwing et même Batgirl, le plan du Joker semble se dérouler de la meilleure des manières. C’était sans compter sur une Harley Quinn revancharde, qui va mettre la pagaille dans tout Gotham…

 

Batman : White Knight (image © DC Comics)

 

Une idée intéressante mais…

L’idée de Batman : White Knight est bonne (à savoir une inversion des rôles), mais l’exécution pêche toutefois un peu. Le titre traîne en longueur et on se demande si Murphy n’en rajoute pas un peu trop afin de pouvoir remplir ses pages. Toute l’intrigue autour des personnages de Gueule d’argile et du Chapelier Fou semble superflue. Elle n’a pas grand intérêt dans la mesure où elle détourne le lecteur du message principal de la série : la relation entre Batman et le Joker. De plus, l’introduction de 2 Harley Quinn différentes est astucieuse (une qui représente la version de Paul Dini et l’autre celle des films), mais cette idée engendre pas mal de répétitions.

 

Batman : White Knight (image © DC Comics)

 

Des répétitions et des superficialités

Dans Batman : White Knight, on retrouve souvent le même type de dialogues ou de situations. La gentille Harley Quinn face à la méchante, Batman qui se dit qu’il fera passer Gotham avant tout, Nightwing et Batgirl qui ne servent pas vraiment à grand-chose, un nombre incalculable de courses-poursuites, le Joker redevenu Jack Napier qui prouve qu’il est gentil… C’est assez lassant, surtout que finalement, on ne s’occupe pas du tout de Bruce Wayne. Le traitement de Nightwing est le plus décevant dans la mesure où c’est le moins développé. Dick Grayson est unilatéral, sans trop de nuances et n’apporte finalement pas grand-chose. De la même manière, toute la montée en puissance sur le testament d’Alfred tombe totalement à plat par un texte finalement bateau, tout comme l’histoire concernant les nazis et M. Freeze.

 

Batman : White Knight (image © DC Comics)

 

De bonnes idées, de bons graphismes et quelques séquences réussies

Cela ne doit pas occulter la bonne impression d’ensemble de Batman : White Knight. Sean Murphy a parfois quelques fulgurances lors de certaines scènes, notamment dans le dernier épisode où enfin il s’attache à la relation entre Batman et le Joker. La révélation finale est sympathique, avec une bonne gestion de Batman et Harley. En fait, Sean Murphy a voulu en faire trop, introduire trop d’éléments et perd souvent le fil conducteur de son histoire. Ces défauts sont toutefois compensés par d’excellents dessins. Son sens du design et de la composition fonctionne parfaitement. Batman : White Knight propose finalement une histoire classique, qui se lit bien, bien dessinée, mais avec quelques longueurs. Cela fera un joli album publié fin octobre 2018 chez Urban Comics. ■




A propos Doop 217 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.