Green Lantern n°2 : Grant Morrison verbeux et pas aussi original qu’attendu [avis]

Après un 1er épisode plutôt sympa, ce 2e volume des aventures de Green Lantern par Grant Morrison et Liam Sharp ne propose malheureusement pas grand-chose. Hal Jordan continue son enquête mais concrètement, rien n’avance. Un numéro verbeux et pas très palpitant.
■ par Doop

 

(image © DC Comics)

 

On a laissé Hal Jordan au beau milieu d’une enquête sur le meurtre d’un Green Lantern. Un assassinat qui implique la présence d’un traître parmi le corps des policiers cosmiques. Et nous avons ici un épisode coupé en gros en 2 parties. Une 1re consacrée à l’enquête elle-même qui propose une longue séance d’interrogatoire. Et une 2e concernant les Darkstars libérant un prisonnier, un ancien ennemi oublié de Green Lantern. Les Darkstars semblent être les méchants de la série. Grant Morrison nous propose d’ailleurs d’en savoir plus sur leur plan et je dois vous avouer que ce n’est pas très bon. C’est très classique et les différents ennemis me semblent très génériques. La séance d’interrogatoire avec le protagoniste de l’épisode précédent est un peu trop longue et sans réel intérêt. En bref, on s’ennuie un peu. Il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Les deux intrigues de Green Lantern 2 se rejoignent sur la fin pour un nouveau cliffhanger qui peut promettre, à condition que Grant Morrison en fasse quelque chose d’important. Même si c’est plutôt surprenant (et je ne spoilerai rien), ce n’est pas très original. On a déjà vu cette situation dans certains épisodes de la JLA.

 

(image © DC Comics)

 

Un style ampoulé

Lors de l’épisode précédent, le scénariste écossais Grant Morrison nous a laissés sur une intrigue secondaire concernant un traître au sein du corps des Green Lantern. Sauf qu’ici il n’en parle absolument pas ! Je veux bien que les auteurs nous proposent une intrigue au long cours, mais de fait, cela pose un réel problème de rythme. Grant Morrison ajoute à son récit énormément de choses qui ne font pas sens, pour le moment. Et j’ai bien peur que tous ces personnages bizarres, ces situations n’aient aucune utilité pour la suite du récit. Sans tomber dans un pessimisme primaire, j’ai un peu peur que Grant Morrison ne retombe dans certains de ces travers, à savoir une intrigue très (trop) verbeuse et beaucoup trop de digressions au niveau des personnages et du récit. Si G. Morrison est un excellent scénariste de comics, qui nous a livré de véritables bijoux, ce n’est en revanche pas un auteur qui a une « plume ». Pour preuve je vous renvoie à son numéro en prose de Batman, totalement illisible. Ses monologues sont souvent très ampoulés et j’ai ressenti un peu de cela à la lecture de ce Green Lantern 2, beaucoup d’inventivité, mais qui ne fait pas très sens, et enrobée dans des phrases un peu trop longues et mal foutues.

 

(image © DC Comics)

 

Des dessins plus classiques

La véritable révélation de Green Lantern 1, c’était de retrouver un Liam Sharp inventif, qui n’avait pas peur de se lâcher dans certaines de ses compositions et de ses designs, beaucoup plus sales qu’à l’accoutumée. Et si cela reste, encore une fois, vraiment bien, il faut admettre que c’est un tout petit peu moins inventif que lors du précédent numéro. Green Lantern 2 reste bien évidemment au-dessus de la quasi-totalité de la production actuelle et cela fait du bien d’avoir des graphismes différents. Cela ne suffit malheureusement pas à faire de ce numéro 2 un bon épisode. On espère que c’est juste un moyen pour Grant Morrison de gérer son intrigue, mais il faudra clairement qu’il développe un peu ses méchants et qu’il se recentre sur une intrigue plus resserrée. À voir sur le long terme. ■




A propos Doop 198 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.