Flash Rebirth, tome 6 : à bout de souffle ? [avis]

(image © DC Comics)

Le 6e tome de Flash Rebirth intègre l’event Flash War qui, comme son nom l’indique, oppose les membres de la Flash Family et les confronte à leurs pires démons.
■ par Sonia Dollinger

 

Les fréquents voyages dans le temps de Flash et ses acolytes finissent par perturber sérieusement le multivers d’autant qu’au XXVe siècle, la mort d’Eobard Thawne, le Nega-Flash, n’est pas passée inaperçue. Si Barry Allen souhaitait se reposer un peu après la lutte acharnée qui l’a opposée à de nombreux adversaires, c’était sans compter sans les soucis de Wally West, revenu très perturbé d’une autre dimension.

 

(image © DC Comics)

 

Wally West : un retour compliqué

Revenu dans notre dimension après avoir été prisonnier de la Force véloce, Wally West fait désormais de nouveau partie de la vie de Barry Allen ou d’Iris West. Les souvenirs des uns et des autres reviennent peu à peu mais, pour Wally, le retour s’avère encore plus complexe que prévu. Ce 6e tome tourne donc essentiellement autour de la personnalité perturbée de Wally qui se rend compte, petit à petit qu’il a perdu bien plus qu’il ne le pensait. Fou de douleur, il se lance à la recherche de sa famille, au risque de menacer l’équilibre de l’univers tout entier.

 

(image © DC Comics)

 

Focus sur Wally West

Après l’introspection et la remise en cause de Barry Allen, le scénariste Joshua Williamson s’attaque donc aux problèmes de Wally West. Ce changement de focale réjouira les fans de Wally West qui étaient en deuil depuis Flashpoint puisqu’il devient le personnage central de ce récit, Barry Allen passant au second plan, oubliant ses propres soucis pour tenter de soutenir un Wally complètement déboussolé. J. Williamson joue une nouvelle fois avec les recettes préférées des scénaristes de Flash : la culpabilité du héros, son choix cornélien entre la protection de sa famille et la stabilité du multivers et la manipulation de ses émotions par des adversaires à la fois terriblement envieux et foncièrement admiratifs. Et c’est là qu’est peut-être le souci de ce récit : une formule qui s’essouffle.

 

(image © DC Comics)

 

Une forte impression de déjà-vu

Au cours des 5 tomes précédents, Joshua Williamson a pris soin de nous montrer un Barry Allen fragilisé, déchiré par ses mensonges envers ses proches, usé par le poids de sa culpabilité et aux prises avec une force véloce qui, bien qu’étant la source de ses pouvoirs, est également celle de tous ses soucis. Le scénariste joue à fond la déconstruction de son héros en en pointant toutes les faiblesses et c’est ce qui fait le point fort de Flash Rebirth. Cependant, alors que le volume précédent était parvenu à un point d’orgue et qu’on pensait passer à autre chose, Williamson reprend exactement les mêmes recettes avec le personnage de Wally West ce qui confère à cet évènement Flash War une réelle impression de déjà vu et gâche un peu la force du récit tellement l’histoire de Wally est calquée sur celle de Barry Allen. Aussi intéressant que soit le retour de Wally West, la redondance des thématiques développées par Joshua Williamson commence à lasser quelque peu d’autant que l’enchaînement entre la remise en question personnelle des 2 Flash est extrêmement rapide et ne laisse pas le temps au lecteur de bénéficier d’une transition. Ce volume bénéficie toutefois d’une des forces de Williamson qui est d’exploiter avec succès les personnages de vilains et d’en faire autre chose que de simples caricatures. Si le scénariste sait jouer avec les faiblesses et les peurs de ses héros, il en fait de même avec leurs antagonistes les rendant presque plus intéressants que les héros eux-mêmes.

 

(image © DC Comics)

 

Une guerre totale sans grande saveur

La joie de voir toute la « Flash Family » à nouveau réunie s’estompe assez vite tant on sent bien que Joshua Williamson ne sait trop que faire avec ses deux Wally West. Le jeune Kid Flash est ainsi totalement occulté et on se demande finalement à quoi il va bien pouvoir servir par la suite. Le scénariste tente également d’intégrer les autres figures de l’univers DC au récit en faisant appel à la Justice League sans que l’intervention de ses membres ne revête le moindre intérêt. La fin du récit est très confuse même si on comprend bien que Williamson tisse des fils pour ses intrigues suivantes.

 

(image © DC Comics)

 

Des dessins inégaux

Graphiquement, le volume est soutenu par deux artistes aux talents très inégaux. Si Howard Porter s’en sort plutôt bien avec son style puissant qui sied bien à un héros tout en muscles et en vitesse, Scott Kolins donne à voir un trait minimaliste voire hésitant qui ne met pas en valeur ses personnages aux expressions figées. La succession de dessinateurs est moindre puisqu’Howard Porter est présent sur les ¾ du titre, le contraste avec Kolins en est d’autant plus brutal. Flash Rebirth tome 6 est un condensé de toutes les thématiques chères à Joshua Williamson qui joue encore une fois avec la fragilité du héros, son sens de la famille et son perpétuel sentiment de culpabilité. En décalquant ici les problèmes de Barry Allen et en les plaquant sur un Wally West tout juste revenu du néant, Williamson ne fait hélas pas preuve d’innovation et commence à tourner un peu en rond. ■

(image © DC Comics, Urban Comics)

Flash Rebirth, tome 6 est un comics publié en France chez Urban Comics.




A propos Sonia Dollinger 17 Articles
Sonia est tombée amoureuse de Jean Grey à l'âge de six ans et lit des comics depuis bientôt quarante ans. Créatrice du blog Comics have the Power, elle participe également au collectif LesComics.fr et au podcast les GG Comics. Son gros problème est qu'elle ne sait pas choisir et qu'elle lit tous les titres qui lui passent sous la main en gardant une affection particulière pour tout ce qui touche aux X-Men.