Fables, tome 6 : toute la richesse des personnages des contes de fée [avis]

(image © Vertigo)

Fables tome 6 propose 4 histoires différentes dans leur traitement graphique et scénaristique. On suit avec intérêt et plaisir les aventures d’un grand nombre de personnages comme le roublard Jack, le sanguin Bigby Wolf ou l’effrayant Mr Dark. Et si les artistes ne dessinent pas tous leurs personnages de la même façon, d’un récit à l’autre, le trait reste globalement cohérent et familier.
■ par Chris Colin

 

Dans Fables, les personnages de contes vivent dans notre monde. Ces « Fables » ont une apparence humaine et vivent à Fableville, un quartier de New York. Les Fables qui ne peuvent passer inaperçus au milieu des hommes vivent à la Ferme. Après leur défaite face à Mr Dark, leur ennemi, toutes les Fables se sont réfugiées à la Ferme. Ce tome 6 comprend les 9 chapitres de « la Grande Alliance », le crossover entre les séries Fables et Jack Of Fables. S’y ajoute 8 autres numéros de la série régulière consacré aux méchants Mr Dark et Baba Yaga et à un différend entre gobelins et fables présidé par le roi Gobe-Mouches.

 

(image © Vertigo)

 

La Grande Alliance

Kevin Thorne, l’un des Littéraux, a le pouvoir de modifier la réalité à sa guise en l’écrivant avec sa plume magique sur un simple bout de papier. Il décide de mettre fin à toute sa création, les Fables en faisant partie. Jack en informe ses anciens camarades. Bigby Wolf et Blanche-Neige le retrouvent et créent une alliance contre-nature. Kevin Thorne étant assisté par les Genres, des concepts personnifiés comme la science-fiction, la comédie, l’horreur ou la romance, les Fables vont avoir affaire à forte partie, la prise de pouvoir de la ferme par Jack et le retour de son fils Jack Frost n’arrangeant pas les choses… « La Grande Alliance » est écrite par Bill Willingham, le créateur de Fables, et Matthew Sturges et dessiné par le trio composé de Mark Buckingham, de Russel Braun et de Tony Akins. Malgré ce dessin « à 3 mains », l’ensemble reste assez homogène et donne la part belle à Jack. Il n’y pas de différences graphiques entre les 3 dessinateurs, ce qui donne une bonne unité visuelle. En plus des Genres et de Kevin Thorne, tout le casting des séries Fables et Jack Of Fables est réuni. Avant de vous plonger dans la lecture de Fables tome 6, il est préférable de bien connaitre les (nombreux) personnages, les 2 scénaristes savent donner à chacun un rôle à jouer et offrir à chacun sa part de bravoure.

 

(image © Vertigo)

 

Une richesse de concepts très appréciable

Ce tome 6 de Fables balaie un large spectre de concepts et de styles, passant de l’humour à des réflexions plus profondes au fil de l’intrigue. Ainsi, la Comédie, personnifiée ici sous les traits de l’acteur Groucho Marx, est bien présente, grâce aux transformations successives de Bigby, le grand méchant loup devenant un singe, un éléphant ou une petite fille. Tout en faisant avancer leurs intrigues respectives, Bill Willingham et Matthew Sturges nous offrent une aventure métatextuelle sur le processus de création et sur l’influence des crossovers sur les séries régulières.

 

(image © Vertigo)

 

Mr Dark, Baba Yaga et Gepetto

La « Grande Alliance » est suivie par 1 épisode racontant l’embrigadement du magicien. Ce dernier a créé le coffre qui a enfermé Mr Dark. Dessiné par Jim Fern, ce récit donne du corps à ce vilain et en fait un psychopathe redoutable et un ennemi à la mesure des Fables. Le style graphique de Jim Fern lui va d’ailleurs comme un gant, étant réaliste tout en restant perturbant. L’histoire suivante de ce recueil est divisée en 2, le combat du singe volant Bufkin contre la sorcière Baba Yaga et la tentative de prise de pouvoir de Gepetto au sein du conseil des Fables magiques. On retrouve avec plaisir Mark Buckingham aux pinceaux de la série Fables. Son style cartoony fait des merveilles dans la représentation des personnages non humains comme le singe volant Bufkin ou les animaux de la Ferme et les créatures magiques de toutes sortes. De nombreux personnages évoluent, arrivent, partent ou disparaissent.

 

(image © Vertigo)

 

« Accusé Brump, Levez-vous ! »

Pour finir, Bill Willingham et David Lapham imaginent un procès dans le monde des Fables. Après une soirée arrosée, le gobelin Brump a dévoré Cassegraine l’écureuil parlant. Brump est donc jugé par ses pairs et le roi Gobe-Mouches présidant la séance fait tout pour éviter un conflit diplomatique entre les gobelins et les Fables. Racontée 2 épisodes, cette histoire est malheureusement la moins bonne de cet album. Elle ne manque pas de charme mais est en fait une simple intrigue de cour et un moyen de concilier 2 races différentes. Au moins, le personnage de Gobe-Mouches y gagne en pouvoir et en majesté. J’attends avec impatience le tome 7 de la série Fables. ■

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(image © Vertigo, Urban Comics)

Fables tome 6 est un comics publié en France chez Urban Comics.




A propos Christophe Colin 22 Articles
Christophe Colin lit des comics en VF et en VO depuis une petite trentaine d'années. Il est fan de science-fiction et en particulier des univers alternatifs (What If, Elseworlds) et de Doctor Who. Il a fait partie du site France-Comics pendant 12 ans et s'est spécialisé dans les personnages de comics méconnus comme l'homme tigre sans bras ou Grotesk. Il écrit des chroniques sur les comics pour le fanzine Présences d'Esprits, spécialiste de fantasy, de fantastique, de science fiction et d'imaginaire sous toutes ses formes. Il crée et anime des conférences sur les comics et la pop culture dans les conventions et festivals de bandes dessinées.