Deathstroke Rebirth, tome 5 : La chute de Slade [avis]

(image © DC Comics)

Après un tome 4 qui redistribuait les cartes pour Slade Wilson et ses alliés, ce tome 5 de Deathstroke met fin à la quête de rédemption du mercenaire et répond à toutes les questions. Absolument toutes ! Au risque de perdre le lecteur en chemin…
■ par JB

 

Au contact de la Force Véloce, Deathstroke a décidé de s’amender. Cependant, face au jugement de la Société secrète, Slade Wilson a été mis face à ses contradictions. Il n’a cependant pas l’occasion de méditer là-dessus : il est aussitôt enlevé par sa némésis, Ikon, dont il ignore tout des motivations ou même de l’identité. Pendant ce temps, en l’absence de Slade, l’équipe Defiance vole peu à peu en éclat. Jericho est toujours à la recherche du meurtrier de sa fiancée, Adeline complote pour se débarrasser de son ex-mari, la très croyante Power Girl est de plus en plus mal à l’aise avec l’homosexualité de Joseph et Terra découvre le secret qui se cache derrière l’attaque des Triades. L’équipe que Slade a mise sur pied sera-t-elle toujours présente à son retour ?

 

(image © DC Comics)

 

L’érosion des relations

Ce tome 5 de Deathstroke Rebirth met l’accent sur l’impact délétère qu’exerce à son insu Slade sur les autres personnages. Ikon en est l’exemple frappant. Ancien collègue et proche de Wilson, Ikon/Isherwood a noué en secret une relation amoureuse avec Joseph, le fils de Slade. Lorsqu’il s’est opposé au mariage de Joseph, ce dernier l’a expédié à l’hôpital. Immobilisé, Isherwood devient un cobaye pour un médecin scrupuleux et perd un œil au profit de Deathstroke, qui ignore tout de l’affaire. Slade Wilson se forge ainsi un ennemi juré complètement par accident ! En son absence, sa propre famille explose. Chaque conflit est mis à nu et contribue à éloigner les membres de Defiance : la mort de la fiancée de Joseph, le traumatisme crânien de Ravager, le passé ambigu entre Terra et Slade, l’incertitude de Wally ou les croyances de Power Girl. C’est un Deathstroke isolé que l’on retrouve à la fin de cet album, prêt pour un nouveau départ.

 

(image © DC Comics)

 

La conscience de Wilson

Ikon fonctionne comme un miroir déformant de Deathstroke. Physiquement, tout d’abord. Isherwood a reçu des injections du sang de Wilson qui lui confère une surpuissance mais déforment son corps.  Il ne peut plus porter qu’un costume initialement conçu pour Slade. Ikon perd en outre son œil au profit de Wilson. Il est ainsi transformé en double grotesque du mercenaire. Moralement ensuite. Il recherche la rédemption pour lui-même et pour Wilson. Ikon tente de forcer le repentir de Slade en le confinant à une église auprès d’un confesseur. L’homme d’église comprend immédiatement que le volte-face de Deathstroke n’est que temporaire et qu’il commence déjà à glisser vers le mal. Dans la foulée, Deathstroke se voit doté d’une conscience qui prend la forme d’un jeune Wintergreen. Au fil de ce tome 5 qui porte bien son nom, on suit la chute de Slade. Celui-ci réalise que son entourage lui échappe, perd peu à peu sa résolution et la famille qu’il s’est construite jusqu’à un final surprenant dans lequel le mercenaire touche le fond.

 

(image © DC Comics)

 

L’heure des explications

Promis, on vous dit tout ! Vous vouliez tout savoir sur le plan d’Ikon ? Sur la mystérieuse Willow, princesse prostituée qui s’attaque aux triades ? Sur ce qui est arrivée à la 1re Power Girl ? Sur les relations entre Deathstroke et Terra ? Sur l’identité du tueur d’Etienne, la fiancée de Jericho ? C’est l’heure des réponses ! Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elles arrivent vite, trop vite. Dans le 1er chapitre, Ikon se livre à une exposition qui traîne en longueur devant son captif, un Deathstroke complètement passif. L’affaire Willow est encore plus problématique. Une révélation importante a lieu à la fin d’un numéro, mais l’épisode suivant (un annual) laisse l’intrigue en suspens pendant quelques dizaines de pages. Terra ? Des flashbacks reviennent sur le passé de Slade et de Terra Markov, mais notre héros joue à « Je t’aime, moi non plus » au gré de ses convenances. La révélation sur le meurtre d’Etienne est réglée en quelques pages comme un ajout de dernière minute. Sans parler de la tragédie Power Girl, dont la soudaineté ne s’explique que par l’idiotie du personnage.

 

(image © DC Comics)

 

Une fin précipitée

J’adore réellement Christopher Priest, de ses Conan ou Black Panther à des publications moins connues comme Xero ou son Solar chez Acclaim. Cependant, soyons clair, ce volume est illisible si vous n’avez pas lu les suivants. Il souffre également d’un réel problème de construction. Dans une série de comics, un annual est soit coupé des numéros normaux, soit pleinement intégré à un arc narratif. Ici, l’annual occupe une position bâtarde : il ne suit pas directement l’histoire qui précède mais est essentiel au personnage. La cassure se retrouve également au niveau graphique : le trait classique et « sale » de Denys Cowan tranche avec celui tout en action de Diogene Neves. Je regrette également la conclusion précipitée de la saga Defiance, et me demande même si elle a été forcée. Dans l’histoire, Power Girl et Deathstroke s’étonnent même de la rapidité avec laquelle l’équipe explose. Critique métatextuelle de l’auteur ? Cependant, si je n’ai pas trouvé cette conclusion très satisfaisante, le prochain tome promet un affrontement entre Batman et Deathstroke, avant de reprendre sur le cliffhanger de ce tome 5. ■

(image © DC Comics, Urban Comics)

Deathstroke : Rebirth Tome 5 est un comics publié en France chez Urban Comics.




A propos JB 79 Articles
Lecteur de comics depuis 30 ans, pinailleur Marvel, râleur DC et nostalgique des séries Valiant des années 90.