Body horror : 15 scènes parmi les plus dérangeantes dans les comics mainstream

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Un cocon, parce que visiblement ce n’était pas assez horrible

Avec « Extremis » en 2005, Warren Ellis et Adi Granov ont sérieusement secoué le petit monde d’Iron Man. L’histoire a même redéfini durablement le personnage. Et ce n’est pas volé. Encore aujourd’hui, beaucoup la considèrent comme l’un des meilleurs récits consacrés à Tony Stark. Le scénario reprend d’ailleurs après les événements de Avengers Disassembled, alors qu’un certain Mallen subit la procédure Extremis pour devenir une menace surhumaine. Forcément, Tony Stark finit par passer lui aussi par la même opération. Parce que chez Marvel, quand une idée a l’air dangereuse, il faut toujours que quelqu’un se dise que ce serait bien de tenter le coup quand même.

Sur le papier, Extremis a tout du jackpot pour Tony Stark. La procédure répare son cœur abîmé, restaure sa musculature et lui offre une connexion avec son armure et ses technologies qu’il n’aurait jamais pu obtenir autrement. Dit comme ça, on signerait presque. Sauf qu’en réalité, le procédé a de quoi faire grimacer très fort. Extremis est carrément présenté comme un virus. Et son fonctionnement est délicieux, au sens où il donne surtout envie de hurler. Le virus explique en gros à votre système immunitaire que tout votre corps est une erreur. Rien que ça. Résultat, le sujet se retrouve enfermé dans une sorte de cocon pendant que son organisme se démonte et se reconstruit. On a vu des cures de jouvence plus élégantes. Et surtout beaucoup moins body horror.

La terreur du M-Pox

Comme si les X-Men n’avaient pas déjà assez de saloperies biologiques à gérer, les voilà confrontés il y a peu au M-Pox. Oui, encore un virus bien sympathique. Pendant le crossover Infinity, Flèche Noire, roi des Inhumains et grand spécialiste des décisions aux conséquences légèrement catastrophiques, déclenche plusieurs bombes Terratogènes. Le résultat ne tarde pas à se faire sentir : deux nuages Terratogènes se répandent au-dessus de la Terre. Pour les Inhumains, c’est une bénédiction. Pour les mutants, beaucoup moins. Ils découvrent en effet avec une certaine stupeur que ces nuages sont carrément mortels pour tous ceux qui possèdent le gène X.

Une fois mélangée à l’atmosphère terrestre, la Terratogène devient toxique pour les mutants. Et les effets sont tout sauf élégants. Comme on le voit dans « Death of X », ce poison finit par coûter la vie à Jamie Madrox et à Cyclope. Le M-Pox agit vite, très vite même. Les victimes se couvrent de furoncles, leur système immunitaire s’effondre, puis le corps finit par lâcher en se vidant littéralement de son sang. Charmant programme. On est là dans une forme de body horror particulièrement cruelle, parce qu’elle transforme lentement le corps en piège mortel. Heureusement, Medusa finit par comprendre que la menace est bien réelle pour les mutants et ordonne la destruction des nuages. Pour une fois, quelqu’un décide donc d’éteindre l’incendie avant que tout le monde y passe. Ce qui, chez Marvel, mérite presque un petit applaudissement.

Wolverine, un des plus maltraités

On pourrait sans trop forcer consacrer une liste entière aux joyeusetés permises par le facteur guérisseur de Wolverine. D’ailleurs, ce ne serait même pas du luxe. Au fil des années, la capacité de Logan à récupérer après une blessure est devenue de plus en plus absurde. À ses débuts, cela voulait simplement dire qu’il guérissait plus vite qu’un humain normal. Rien de trop extravagant, en somme. Il lui fallait encore du temps pour se remettre. Puis arrivent les années 90, et là, c’est open bar. Wolverine commence à encaisser des sévices qui devraient réduire n’importe qui en soupe froide, avant de repartir comme si de rien n’était. Enfin presque.

Forcément, à partir de là, les scénaristes se sont mis à le martyriser avec un enthousiasme presque suspect. L’un des grands classiques consiste à lui arracher l’adamantium du squelette en le faisant jaillir par ses plaies ouvertes. Oui, dit comme ça, ce n’est déjà pas très gai. Et pourtant Logan survit, grâce à son facteur guérisseur et à la rapidité d’esprit de Jean Grey. Comme si cela ne suffisait pas, il a aussi eu droit à une digestion en règle par un Hulk cannibale avant de ressortir de son estomac en le lacérant de l’intérieur. Ambiance. Mais le sommet reste peut-être son tie-in de Civil War . Nitro le fait littéralement exploser, et Wolverine régénère ensuite tout son corps à partir des restes de son squelette. Là, on ne parle même plus d’un simple pouvoir cool. On est dans un niveau de body horror tellement grotesque qu’il en devient presque fascinant. Presque.




A propos Stéphane 829 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.