Crâne Rouge fils de Steve Rogers et automutilé

Ultimate Avengers s’ouvre sur une mission menée par Steve Rogers pour le S.H.I.E.L.D., avec Hawkeye à ses côtés. Jusque-là, rien d’anormal pour Captain America. Sauf que l’opération tourne vite à la sale rencontre, puisque le duo tombe sur Crâne Rouge. Dans l’univers Ultimate, ce dernier est un peu plus âgé, plus physique aussi, et nettement moins porté sur la discussion polie. C’est un terroriste brutal, un vrai. Mais le plus sordide n’est pas là. Le véritable choc, c’est son secret. Ce Crâne Rouge est en réalité le fils de Captain America. Voilà. Ambiance.
Un flashback révèle alors que, la veille de sa dernière mission, Steve Rogers passe une ultime nuit avec sa compagne de l’époque, Gail Richards. Gail tombe enceinte, mais le gouvernement la pousse à abandonner l’enfant en secret. Le garçon grandit avec le sérum du Super Soldat dans les veines et semble, pendant un temps, parfaitement normal. Trop normal, sans doute. Car à dix-sept ans, tout bascule. Il massacre près de 300 agents du S.H.I.E.L.D. au moment de son évasion. Et comme si cela ne suffisait pas, il se fabrique lui-même son futur visage de Crâne Rouge. Oui, lui-même. Avec un couteau de cuisine et une main bien ferme, il se découpe le visage. Là, on ne parle même plus d’un simple détail glauque. On est en plein body horror qui vous attrape par le col et vous murmure que certains scénaristes vont décidément très loin quand ils ont du temps libre.
Captain America pris dans la glace

Steve Rogers devient Captain America après avoir reçu le sérum du Super Soldat. Avant ça, le pauvre, c’est surtout un gringalet malingre que l’armée regarde avec une moue gênée. Le sérum change évidemment la donne. En quelques instants, Steve devient un spécimen physique quasi parfait, une vitrine patriotique sur jambes, et part casser du nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. Jusque-là, rien de bien neuf sous le soleil. Cette partie de l’histoire, tout le monde la connaît à peu près. En revanche, il y a un détail dans le parcours de Captain America qui a toujours eu quelque chose de franchement flippant. Je parle bien sûr de son passage vers l’époque moderne.
Après l’explosion d’un missile, Captain America tombe dans les eaux glacées de l’Arctique et finit congelé. Oui, comme ça, net. Selon la chronologie changeante de Marvel, Steve Rogers reste prisonnier de la glace pendant vingt à soixante ans. Déjà, sur le papier, l’idée n’a rien de très joyeux. Être coincé dans un bloc de glace pendant des décennies, il y a quand même plus sympa comme destin. Heureusement pour lui, son métabolisme surboosté ralentit au point de le plonger dans une forme de stase. Il n’est donc pas conscient de ce qui lui arrive. C’est déjà ça. Mais même avec cette précision, l’image reste sacrément dérangeante. Car être figé dans la glace pour une durée indéterminée, tout en restant vivant, c’est quand même une très belle saloperie de body horror.
Un visage que seul un père peut aimer

Lorsque Detective Comics repart à zéro avec l’ère « New 52 », beaucoup de lecteurs s’imaginent que le premier grand méchant sera le Joker. Franchement, ce n’était pas absurde. On parle quand même du pensionnaire le plus encombrant de Gotham. Sauf que DC prend tout le monde à contre-pied. Le premier numéro se termine en effet sur une image assez immonde : le Joker se fait découper le visage par l’énigmatique Dollmaker. Et c’est finalement ce dernier qui devient le grand salopard du premier arc.
Fils d’un tueur en série abattu autrefois par un jeune James Gordon, Dollmaker n’a ensuite fait que des apparitions éparses. Pourtant, chaque retour du personnage laisse une sale impression. Le bonhomme est chirurgien de talent, ce qui est rarement rassurant dans un comics Batman. Lui utilise carrément de la chair humaine pour fabriquer des poupées vivantes. Ambiance. Il se trimballe en plus avec des sbires proprement cauchemardesques, dont un qui semble avoir des os en caoutchouc. Mais le détail le plus atroce reste son masque. Car Dollmaker perpétue l’héritage familial à sa façon, avec une élégance toute relative : il porte sur le visage un masque cousu à partir des restes de la face de son propre père. Oui, on est en plein body horror qui vous donne envie de refermer l’album et d’aller prendre l’air.