Body horror : 15 scènes parmi les plus dérangeantes dans les comics mainstream

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Six bras, et franchement ce n’est pas une amélioration

On pourrait presque dire que toute la vie de Spider-Man relève du body horror. Après tout, Peter Parker se fait mordre par une araignée radioactive, puis voit son corps changer du jour au lendemain. Présenté comme ça, ce n’est pas exactement une promenade de santé. La différence, c’est que Peter accueille d’abord ces transformations avec l’enthousiasme d’un adolescent qui découvre des pouvoirs cools et une agilité toute neuve. Forcément, ça aide à faire passer la pilule. Pourtant, la fameuse période dite du « Spider-Man à six bras », en 1971, reste sans doute l’un des premiers vrais moments de body horror que le personnage ait eu à subir (il en connaîtra plein d’autres par la suite).

À cette époque de Amazing Spider-Man, Peter traverse une mauvaise passe. Il commence à perdre le goût de sa vie en costume et rêve surtout de se poser avec Gwen Stacy. Dans cette optique, il met au point une potion expérimentale censée le débarrasser de ses pouvoirs. Sur le papier, l’idée se tient. Dans les faits, c’est un peu plus gênant. La potion rate complètement son coup et Peter se réveille avec quatre bras supplémentaires. Oui, quatre. Comme réveil désagréable, on a connu plus doux. Peter essaie malgré tout de gérer ce désastre avec le peu de dignité qu’il lui reste. Heureusement pour lui, la situation ne dure pas très longtemps. Quelques épisodes plus tard, il finit par se soigner grâce à un échantillon de sang de Morbius, le vampire vivant. Comme souvent chez Spider-Man, même la catastrophe a un petit côté poissard assez fascinant.

Gueule d’Or, ou le cauchemar d’origine qu’on préfère souvent oublier

Gueule d’Or fait partie du décor chez les Inhumains depuis des années. À force, on finirait presque par le considérer comme un bon gros chien téléporteur tout à fait normal. Ce qui, bon, n’est déjà pas si banal. Le personnage est devenu un vrai chouchou des lecteurs. Il a même eu droit à sa propre série avec Lockjaw & The Pet Avengers. Pas mal pour un molosse géant qui bave. Mais derrière cette mascotte sympathique se cache une origine autrement plus dérangeante. Et là, tout de suite, on rigole un peu moins.

Dans The Thing #3, publié en 1983, on apprend en effet que Gueule d’Or aurait autrefois été un Inhumain à l’apparence humanoïde. Oui, humanoïde. Les Brumes Terrigènes l’auraient ensuite déformé jusqu’à lui donner cette apparence de chien géant que l’on connaît. Forcément, pour les personnages présents, la révélation fait son petit effet. Le tout est même présenté comme un secret bien gardé par la famille royale des Inhumains. Sauf que quelques années plus tard, dans X-Factor, Vif-Argent laisse entendre que toute cette histoire n’était peut-être qu’une blague racontée à la Chose. Et plus récemment encore, dans Mosaic en 2017, Marvel entretient volontairement le flou. Gueule d’Or est-il un Inhumain transformé ou simplement un chien surpuissant ? Mystère. Mais dans le doute, l’idée qu’un être humain ait pu finir coincé dans ce corps-là garde un vrai parfum de body horror. Et un parfum assez tenace, il faut bien le dire.

Des yeux qui mettraient cent ans à cligner

Après Infinite Crisis, Bart Allen récupère le rôle de Flash. L’idée avait de quoi intriguer. Hélas, son passage sous le costume tourne court. Les Lascars, réunis par Inertia, se lancent en effet à l’attaque contre lui. Sauf qu’un détail vient tout faire dérailler. La Force véloce s’arrête soudainement. Oui, carrément. Cet arrêt brutal découle d’une intervention de la Légion des Super-Héros, qui puise dans cette énergie pour ramener Wally West et sa famille. Forcément, quand on trifouille ce genre de moteur cosmique, il y a souvent un petit effet secondaire au passage.

Lorsque Wally West retrouve enfin Inertia, il ne vient pas pour discuter calmement autour d’un café. Fou de rage, il lui inflige une punition absolument terrifiante. Grâce à son pouvoir de vol d’énergie cinétique, Wally ralentit le corps d’Inertia jusqu’à l’immobilité totale. Puis il l’installe dans le musée de Flash comme une pièce d’exposition vivante. Oui, vivante. Inertia reste donc là, figé, condamné à contempler une statue de Bart Allen avec des « yeux qui mettraient cent ans à cligner ». Rien que l’image est cauchemardesque. On est en plein body horror tordu, où le corps ne souffre pas par mutilation, mais par confiscation totale du mouvement. Inertia finira bien par être libéré. Mais uniquement pour que les Lascars puissent le tuer en représailles. Chez les vilains aussi, visiblement, il y a des rancunes tenaces.




A propos Stéphane 829 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.