Scary Movie 6 : Ghostface revient, les rires beaucoup moins

Scary Movie 6
Temps de lecture estimée : 6 min.

Scary Movie 6 : les 5 points essentiels

  • Scary Movie 6 réunit Anna Faris, Regina Hall, Marlon Wayans et Shawn Wayans, les vedettes historiques de la franchise.
  • Le film parodie notamment Scream, M3GAN, Smile, The Substance, Sinners et plusieurs succès horrifiques récents.
  • Quelques séquences visuelles retrouvent l’énergie absurde des premiers épisodes.
  • Le scénario décousu accumule les références sans construire une véritable mécanique comique.
  • Scary Movie 6 compte surtout sur la nostalgie, alors que ses meilleures idées restent désespérément minoritaires.

Treize ans après un cinquième épisode que même ses producteurs essaient probablement d’oublier, Scary Movie 6 ressuscite la célèbre franchise parodique. Anna Faris, Regina Hall, Marlon Wayans et Shawn Wayans reviennent donc affronter Ghostface. Les frères Wayans reprennent aussi les commandes créatives après 25 ans d’absence. De quoi espérer une renaissance spectaculaire ? Scary Movie 6 sait-il encore parodier le cinéma d’horreur moderne ? Son humour volontairement idiot fonctionne-t-il toujours en 2026 ? Malheureusement, la réponse risque de faire davantage grimacer que rire. Le film possède quelques fulgurances, mais elles surnagent dans un océan de blagues paresseuses. Bref, Ghostface est revenu. Les bons scénaristes, eux, semblent avoir raté le bus.

Scary Movie 6 ressort Ghostface du placard

Ghostface poursuit désormais Sara et Tuesday, les deux filles de Cindy Campbell. Cette dernière vit recluse, transformée en survivaliste paranoïaque façon Laurie Strode. Brenda Meeks possède également sa propre progéniture, tandis que Shorty et Ray reviennent comme si personne n’avait vieilli. Enfin, si, les acteurs ont vieilli. Leurs personnages, beaucoup moins. L’intrigue mélange alors Scream, M3GAN, Smile, Évanouis et quelques autres films jetés dans le mixeur. On aperçoit même une référence à John Wick, car pourquoi se limiter à l’horreur quand on peut ratisser tout le rayon vidéo ? Cindy cherche donc l’identité du tueur pendant que le scénario saute d’une parodie à l’autre. L’ensemble conserve vaguement un fil rouge. Vaguement, hein. Disons plutôt une ficelle élimée trouvée derrière le canapé.

Le retour d’Anna Faris et Regina Hall sauve les meubles

Le véritable plaisir vient des retrouvailles avec les anciens personnages. Anna Faris retrouve immédiatement les mimiques ahuries de Cindy Campbell. Son visage semble toujours capable de passer de la terreur à la bêtise totale en trois secondes. Regina Hall reste pourtant la plus efficace. Brenda Meeks peut transformer une réplique médiocre en gag acceptable grâce à une intonation ou un regard assassin. Marlon Wayans récupère Shorty, son éternel fumeur de joints. Shawn Wayans rejoue Ray Wilkins avec un enthousiasme indéniable. Cependant, leurs personnages tournent vite en rond. Shorty reste défoncé. Ray recycle ses anciennes plaisanteries. Le film ressort même le fameux « Wassa ! » du congélateur. À ce stade, ce n’est plus de la nostalgie : c’est de l’archéologie.

Une parodie qui arrive souvent après la bataille

Le premier Scary Movie s’attaquait à Scream, lui-même conçu comme un commentaire ironique sur les slashers. Scary Movie 6 reprend encore cette méthode. Le film parodie donc une saga qui se moque déjà des règles du cinéma d’horreur. C’est un peu comme raconter la photocopie d’une photocopie. Au bout d’un moment, l’image devient grise et personne ne distingue plus grand-chose. Pourtant, le genre horrifique a connu une véritable renaissance. Get Out, Sinners, Évanouis ou The Substance offraient une matière formidable. Le scénario préfère souvent les mentionner rapidement avant de repartir vers Ghostface. Ainsi, Scary Movie 6 reconnaît les films récents sans vraiment les démonter. On repère la référence. On hoche la tête. Puis on attend la plaisanterie. Malheureusement, elle est parfois déjà repartie dans la scène précédente.

Quelques gags réveillent enfin Scary Movie 6

Tout n’est pas à jeter à la benne. L’ouverture avec Teyana Taylor affiche une violence absurde plutôt réjouissante. Le film retrouve aussi son énergie pendant une parodie visuellement ambitieuse de KPop Demon Hunters. Cette séquence bénéficie d’un vrai travail de mise en scène et d’un rythme enfin précis. Une parodie de Michael menée par Kenan Thompson ressemble, quant à elle, à un sketch correct de Saturday Night Live. Ce n’est pas miraculeux, mais le public peut respirer entre deux silences gênés. Le twist final retrouve également la brutalité stupide des meilleurs moments de la franchise. D’ailleurs, ces scènes prouvent que la formule pouvait encore fonctionner. Il suffisait de construire les gags au lieu de lancer des références contre le mur en espérant qu’une blague reste collée.

Un scénario qui ne tient pas

Scary Movie 6 souffre surtout d’un montage particulièrement brutal. Des personnages refusent une mission avant de l’accepter dans la scène suivante. Certaines situations démarrent sans véritable préparation. D’autres disparaissent avant leur conclusion. On croirait parfois que plusieurs bobines manquent entre deux séquences. Le problème dépasse pourtant la continuité. Une bonne parodie réclame une construction précise. Le gag doit créer une attente, la détourner et frapper au bon moment. Ici, beaucoup de scènes se contentent de montrer un élément reconnaissable. Regardez, c’est M3GAN ! Regardez, c’est Smile ! Regardez, nous avons vu le même film que vous ! Merci les gars, mais j’avais déjà remarqué l’affiche dans le hall. Cette accumulation finit donc par étouffer Cindy et Brenda, qui deviennent presque secondaires dans leur propre retour.

L’humour « provocateur » manque surtout de courage

Les Wayans ont bâti leur réputation sur un humour grossier qui attaquait tout le monde. On pouvait trouver certaines plaisanteries stupides ou franchement douteuses. Pourtant, elles possédaient souvent une énergie anarchique. Scary Movie 6 essaie de retrouver cette insolence, mais il confond régulièrement provocation et paresse. Prononcer plusieurs fois le mot « woke » ne constitue pas une chute. Les plaisanteries sur les pronoms sentent également le débat périmé réchauffé au micro-ondes. Certaines observations sur les stéréotypes raciaux fonctionnent mieux grâce aux comédiens. Cependant, les blague visent rarement juste. Le film veut apparaître méchant sans prendre de véritable risque. Il agite donc les bras, fait beaucoup de bruit et attend les applaudissements. C’est la méthode du cousin bourré pendant un repas de famille. Parfois, quelqu’un rit. Souvent, tout le monde regarde son assiette.

La nostalgie remplace trop souvent les idées

Revoir Anna Faris et Regina Hall ensemble procure forcément un petit plaisir. Les spectateurs qui ont découvert Scary Movie en 2000 retrouveront plusieurs visages familiers. Dave Sheridan, Lochlyn Munro et Chris Elliott participent également à cette grande réunion d’anciens élèves. Seulement, un casting ne remplace pas un scénario. Le film compte visiblement sur notre affection pour Cindy, Brenda, Shorty et Ray. Il ressort leurs attitudes, leurs expressions et leurs vieilles obsessions. Pourtant, ces retrouvailles ressemblent vite à une convention organisée dans un gymnase municipal. On prend une photo ; on raconte deux souvenirs. Puis chacun cherche discrètement la sortie. Le cinéma d’horreur a énormément changé depuis Scary Movie 5. La comédie aussi. Scary Movie 6 aurait donc pu confronter ses personnages vieillissants à cette évolution. Cette piste reste malheureusement à peine exploitée.

Scary Movie 6 n’est pas le désastre absolu que pouvait laisser craindre le 5e film.

Michael Tiddes maintient le film en mouvement

Michael Tiddes connaît bien l’univers de Marlon Wayans puisqu’il a réalisé A Haunted House et sa suite. Sa mise en scène privilégie donc la vitesse et l’efficacité. Le film dure environ 96 minutes, ce qui constitue presque une preuve de charité. Malgré tout, ce rythme ne masque pas les coutures. Certaines transitions paraissent expédiées et plusieurs scènes semblent incomplètes. En revanche, Michael Tiddes assure correctement les passages plus visuels. La séquence inspirée de KPop Demon Hunters montre même une ambition inattendue. Le réalisateur accompagne aussi ses acteurs sans freiner leur énergie. De fait, Scary Movie 6 ne devient jamais réellement pénible à regarder. Il reste simplement très pauvre en rires. Ce qui, pour une comédie, ressemble tout de même à un léger problème de fabrication.

Scary Movie 6 fait-il encore peur aux zygomatiques ?

Scary Movie 6 n’est pas le désastre absolu que pouvait laisser craindre le 5e film. Anna Faris et Regina Hall restent excellentes. Quelques parodies trouvent leur cible. L’ouverture et le final rappellent aussi la folie des premiers épisodes. Cependant, le retour des Wayans ressemble surtout à une occasion manquée. Le cinéma d’horreur moderne leur offrait pourtant un garde-manger rempli jusqu’au plafond. Ils en ressortent avec deux biscuits mous et une bouteille de lait périmée. Les personnages historiques sont resté sympathiques, mais la nostalgie ne suffit pas. Au final, Scary Movie 6 pourra distraire les fans les moins exigeants. Les autres risquent surtout de revoir le 1er film en rentrant. Histoire de vérifier qu’ils savaient encore rire en 2000…




A propos Jet Pamplemousse 50 Articles
Au fin fond de l'Univers, à des années et des années-lumière de la Terre, Veille celle que le gouvernement intersidéral appelle, Quand il n'est plus capable de trouver une solution à ses problèmes, Quand il ne reste plus aucun espoir : Jet PAMPLEMOUSSE !