Winnebago Graveyard : very bad road trip [avis]

winnebago graveyard
(image © Image Comics)

Winnebago Graveyard, c’est un film d’horreur en comics. Parfois, on a envie de lire rien d’autre qu’un récit gore et violent qui ne s’embarrasse d’aucun détail. Et si le scénario de Steve Niles est franchement paresseux, les dessins d’Alison Sampson en impose !
■ par Stéphane Le Troëdec

 

Un jeune couple recomposé et leur enfant filent en camping-car à travers la campagne américaine. Sauf que ce qui devait être un voyage pour ressouder les liens familiaux tourne vite au cauchemar à cause des tensions entre le beau-père et le fils. Alors, quand la petite famille croise une fête foraine, cela parait être une bonne idée pour calmer tout le monde. Quand bien même la fête foraine en question fasse un peu vieillotte et usée. Voici donc mère, beau-père et fils laissant toutes leurs affaires dans le camping-car pour profiter d’un peu de répit. Hélas, à leur retour, leur véhicule a disparu. Il ne leur reste donc plus qu’à trouver une chambre dans l’hôtel du coin…

 

winnebago graveyard
(image © Image Comics)

 

L’horreur en comics

Dans Winnebago Graveyard, il ne faut chercher rien d’autre qu’une histoire d’épouvante classique. Jamais le comics ne tente, par exemple, de développer le thème de la famille recomposée. On préfère ici nous coller à leurs basques le temps d’un tour de montagnes russes efficace, mais un peu vain par manque d’ambition, il faut bien l’admettre.

 

winnebago graveyard
(image © Image Comics)

 

Des dialogues inutiles pour comprendre l’intrigue

Les dialogues sont le réel point faible de Winnebago Graveyard. Faites une expérience : prenez l’album et parcourez-le sans lire les dialogues. Vous comprendrez très rapidement qu’ils ne sont pas nécessaires à la compréhension de l’histoire. L’intrigue repose globalement sur des stéréotypes associés au genre horrifique. Les dialogues ne racontent rien des personnages, ne les développent pas. Pire, certaines conversations tombent franchement à plat.

 

winnebago graveyard
(image © Image Comics)

 

Des dessins qui rattrapent le coup !

On résume : une histoire archi-vue et des dialogues inutiles. Que reste-t-il à Winnebago Graveyard pour convaincre ? Le graphisme ! Coup de chance, c’est le gros point fort de l’album. Car autant Steve Niles ne s’est pas réellement foulé sur le scénario, autant Alison Sampson assure la partie graphique. L’artiste joue sur du velours. Quoi de plus visuel qu’une famille poursuivie par une foule de sectateurs brandissant des torches ? Alison Sampson n’a pas son pareil pour poser l’ambiance et glisser des détails qui renforce l’impression d’insécurité. Un exemple ? Observez le ciel des pages 4 et 5 du 1er épisode. Regardez ces nuages en forme de gueules ouvertes ? Sa fête foraine semble tirée des pires histoires de Stephen King. Bref, l’artiste ne néglige aucun détail. Chaque planche, chaque case est travaillée pour tirer du lecteur un sentiment de malaise. Et au final c’est cette application enthousiasmante qui sauve Winnebago Graveyard. ■

winnebago graveyard
(image © Image Comics, Glénat Comics)




A propos Stéphane Le Troëdec 343 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.