Venom, victime des idées délirantes du scénariste Larry Hama (Venom : Along Came a Spider 1 à 4)

Dans Venom : Along Came a Spider, Venom se bat pour la 1re fois contre Ben Reily. En effet, le clone de Peter Parker a pris brièvement la place de Peter durant quelques mois. Et croyez-moi, ça n’est pas piqué des vers ! D’ailleurs, je n’ai pas pu m’empêcher d’ironiser de temps en temps…
■ par Doop

 

Ces épisodes de Venom : Along Came a Spider font directement suite à la saga Planet Of The Symbiotes parue dans les magazines Spider-Man de l’époque. Elle a vu Venom s’allier avec Spider-Man et Scarlet Spider afin de mettre fin à une invasion de symbiotes extraterrestres.

 

Je t’aime, je t’aime…. Moi non plus… (image © Marvel)

 

Le téléphone pleure… Des filaments….

Depuis la précédente mini-série, Sinner takes all, Eddie Brock s’est rapproché d’Ann, son ex-femme. Mais il est inquiet : il veut savoir si elle va bien après l’attaque des symbiotes. Il prend donc son téléphone (qui je le rappelle se trouve… dans les égouts) et décide de l’appeler. Il faut dire que c’est vraiment pratique un téléphone situé dans un égout désaffecté sans électricité. Eddie a dû améliorer ses compétences de journaliste et devenir technicien Orange dans une scène se déroulant hors champ. Bref, si c’est bien Ann qui répond, elle ne se trouve pas chez elle ! En effet, son ex-femme est au commissariat. Elle est contrainte d’aider la police à capturer Venom si elle ne veut pas compromettre sa future carrière d’avocat. Bon, déjà, ne sachant pas quand Eddie devait appeler, je suppose qu’Ann devait vivre 24 heures sur 24 dans le QG de la police avec 3 policiers constamment derrière son dos et les mains vissées sur le combiné téléphonique. Je ne lui prédis pas une brillante carrière dans le droit. De toute façon, on va vite se rendre compte, que sa carrière, elle s’en moque royalement. Ann veut bien aider la police contrainte et forcée, mais elle ne veut pas en revanche que son Eddie se fasse attraper. Elle lui fait comprendre que quelque chose ne va pas. Eddie décide donc d’envoyer un des filaments de Venom à travers le combiné téléphonique ! Ça fait déjà 3 fois que Larry Hama nous propose cette idée sans queue ni tête de faire se déplacer des filaments à travers le téléphone ! Ça suffit ! Cela n’a aucun sens, il n’y a pas de lien direct entre 2 personnes qui se parlent, on veut bien l’accepter une fois comme processus narratif moisi (dans Venom : Carnage Unleashed, ses filaments lui avaient permis d’accéder à Internet) mais pas tout le temps !

 

Tu le sens mon gros filament ? (image © Marvel)

 

Connexion orgasmique par téléphone rose

Voyant qu’Ann est au commissariat, le symbiote décide de fusionner avec elle. Cette dernière, Eddie Brock et le costume se voient donc ainsi reliés dans une sorte de communion psychique et physique qui tourne rapidement à l’orgasme ! Non… Je ne plaisante pas du tout… Au café du coin où il travaille, Ben Reily entend qu’il se passe un truc bizarre au commissariat ayant trait à Venom (même si le triolisme avec une entité extraterrestre n’est pas mentionné). Il décide de s’y rendre. La « connexion » entre Eddie et Ann est tellement intense qu’Eddie doit l’interrompre (les draps doivent s’en souvenir ou au pire le téléphone magique). Il décide de se rendre lui-même au commissariat pour aller sauver Ann. Comprenant que le symbiote passe à travers les lignes téléphoniques, la police décide de débrancher tous les téléphones et de mettre Ann dans une pièce sécurisée. Grâce aux propriétés métamorphes du costume de Venom, Eddie se fait passer pour un policier (que Ben retrouve dans les égouts) et enlève Ann. Celle-ci lui avoue quand même que si elle ne voulait pas aider la police à le capturer, elle ne veut pas non plus partir avec lui. Spider-Man arrive et la bataille s’engage. Ben Reily, encore novice, n’arrive pas à maîtriser Venom, surtout qu’Ann ne lui facilite pas la tâche en lui donnant des petits coups par derrière. Elle ne veut pas partir avec Eddie mais bon, faut quand même pas le toucher.

 

Et si j’utilisais un haut-parleur pour affronter Venom ? (image © Marvel)

 

Massacre au haut-parleur !

Ben attaque Venom avec… Un haut-parleur…Qui n’a aucun effet car les ondes soniques ne sont pas assez fortes ! Sans déconner ? Un haut-parleur pour affronter le symbiote ??Je veux bien que Reily soit novice, cela ne veut quand même pas dire qu’il n’a pas de cerveau ! Un policier décide alors de mettre en route toutes les sirènes du commissariat, ce qui produit cette fois-ci un peu plus d’effet sur Venom, qui s’enfuit. Les policiers arrêtent Ann pour obstruction à la justice. Dans les égouts, Venom devient fou et décide que la guerre est déclarée : il veut manger le cerveau de Spider-Man ! Le détective Clark (celui qui avait été capturé par le symbiote) appelle l’institut Ravencroft pour leur demander du matériel afin de capturer Venom. Clark pense que cela sera bon pour sa promotion. C’est pour cette raison qu’il a un peu harcelé Ann (c’est le moins que l’on puisse dire). Cette dernière a droit au fameux coup de téléphone ! Sous les yeux de la reporter Trish Tilby, qui a envahi le commissariat on ne sait trop pourquoi, elle appelle Eddie via le fameux téléphone magique situé dans les égouts. L’explication : elle s’est rappelé du numéro lorsque elle et Eddie ont « fusionné » via le costume, bien évidemment. Comme d’habitude, Eddie envoie un filament du symbiote à travers la ligne. Là je dois vous avouer qu’à un moment, j’ai hésité à continuer de lire la série, de prendre un résumé quelconque et de vous le rebalancer tel quel, cher lecteur. Malheureusement, personne n’a écrit de résumé de cette histoire ! Ann se transforme alors en Miss Venom. Eddie se retrouve donc sous forme humaine, privé de son symbiote. Les 2 époux se sont donnés rendez-vous dans un parc d’attraction. Ann s’enfuit du commissariat sans se douter qu’elle est suivie par Ben Reily.

 

On remarquera toute l’intensité dramatique de la scène rendue par les dessins de Joe St Pierre (image © Marvel)

 

Je ne suis pas qu’un dealeur, je suis aussi un être sensible

Ce dont les 3 héros ne se doutent pas, c’est qu’un gros dealer (qui répond au doux nom de LD-50) a établi avec ses amis sa base d’opération dans le parc d’attraction, qui est surveillé par la police fédérale. Cette dernière a d’ailleurs prévu un assaut dans la journée. Miss Venom, Eddie, Spider-Man et les policiers se retrouvent ainsi dans une bagarre terrible. Eddie est grièvement blessé au lance-flamme par Roach, un acolyte de LD-50. Le seul moyen de le soigner : qu’Ann lui redonne le symbiote. La bataille continue mais Roach en profite pour kidnapper Ann. Ce qu’on ne sait pas sur LD-50, c’est que notre dealer, qui n’a pas peur de tuer des gens au lance-roquette, est en réalité un grand dépressif. Est-ce que j’exagère ?… Eh bien non, c’est réellement une idée de Larry Hama. Tandis qu’il tire des rafales de kalachnikov sur les policiers, il est aussi au téléphone avec son psychiatre afin que ce dernier puisse lui renouveler ses prescriptions d’antidépresseurs… Je vous avoue que cette idée a fait totalement décrocher votre fidèle chroniqueur, qui a décidé à partir de cette ligne de se consacrer uniquement à l’essentiel et de ne plus vous raconter dans le détail les idées foireuses de Larry Hama et de Joe St Pierre. Je veux bien être gentil, mais bon, la suspension d’incrédulité a ses limites. Donc Venom, Spidey et le sergent Clark s’allient pour délivrer Ann de Roach. Cette dernière, dans un dernier retournement de situation, assène à Eddie qu’elle ne veut plus le revoir : elle a trop peur que le costume l’embarque, comme son ex-mari, dans une frénésie meurtrière. Quant à Roach et LD-50, ils vont, sans le vouloir, mettre le feu à des barils d’essence et faire exploser le parc (et eux avec). Venom et Eddie ont compris que le Spider-Man n’est pas Peter Parker, ce qui semble les calmer et mettre un terme à leur volonté farouche de tuer l’homme araignée. Ils ne se contenteront désormais de tuer les criminels !

 

(image © Marvel)

Mon avis sur Venom : Along Came A Spider

Je pense que vous l’avez compris, Along Came A Spider peut prétendre à la première place du top des mini-séries les plus pourries ayant trait à Venom. Mais aussi à celle, beaucoup plus enviable de pire mini-série de tous les temps, largement devant Trouble, Batman : Widenng Gyre , Batman Abduction ou encore Violator/Badrock ! Le scénario de Larry Hama est abominable, truffé de raccourcis, d’incohérences et surtout de traits d’humour complètements à côté de la plaque. Larry Hama a certainement voulu adapter son style aux dessins (trop) cartoony et exagérés de Joe St Pierre, mais il ne réussit qu’à rendre l’histoire encore plus ridicule et véritablement difficile à lire. Plusieurs fois j’ai cru devoir reposer les bouquins en me disant que je perdais mon temps.
Ce n’est pas drôle, la Miss Venom est une idée déjà utilisée dans Sinner Takes All et surtout, cela n’apporte rien de plus, si ce n’est de se débarrasser du personnage d’Ann, que Larry Hama avait pourtant lui-même introduit de manière récurrente à partir de l’arc sur le Rédempteur. Toutes les réserves que l’on peut émettre sur le scénario ne sont rien à côté des dessins de Joe St Pierre, caricaturaux et ne convenant pas à la série. C’est juste ridicule, et si l’idée de faire des épisodes totalement loufoques sur le symbiote peut éventuellement se justifier, l’histoire telle qu’elle est conçue ne joue bien évidemment pas avec les forces du dessinateur. Les transformations du costume sont originales et plutôt réussies, certes, mais pas le reste, et notamment les interactions entre les personnages humains. C’est moche, même avec les standards pourtant peu relevés des années 90. Un dessinateur pas adapté + un scénariste à la ramasse = une mini-série à oublier de toute urgence. Ou pas, puisque Larry Hama et Joe St Pierre vont revenir assez rapidement ! Pas étonnant que Panini ait décidé d’arrêter de publier le titre à partir de ce moment-là  ! Après tout ça, vous voulez quand même lire Venom : Along Came A Spider en VF ? Vous devrez vous procurer les numéros 16 et 17 de la revue Venom aux éditions Panini ! ■




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Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.