The Dying & the Dead : Jonathan Hickman ressuscité [critique]

(image © Image Comics)

Jonathan Hickman, l’architecte de Secret wars, l’event Marvel le plus ambitieux de ces dernières années, revient avec The Dying & the Dead, un récit plus intimiste mais plein de promesses ! Un tome 1 qui introduit un nouvel univers tout en douceur et qui le fait avec maestria.
■ par Dragnir

 

The Dying and The Dead tome 1 (image © Image Comics)

 

1969, alors qu’un mariage est célébré, un groupe armé surgit et massacre tout le monde ! L’objectif du commando est de dérober un objet visiblement précieusement gardé et la femme qui dirige l’opération semble être prête à tout. Mais pourquoi la mariée et cette tueuse se ressemblent-elles comme deux gouttes d’eau ? Dans l’atmosphère aseptisée d’une chambre d’hôpital, une femme se meurt d’un cancer. À ses côtés, son mari l’ex-colonel Canning l’accompagne dans ce qui semble être ces derniers instants. Le vieil homme est sans espoir et c’est pourtant ce qu’un étrange monsieur au teint blafard va lui offrir : la possibilité de sauver sa femme. Le colonel Canning va donc se retrouver face à son passé. Un peuple ancien et mystérieux qu’il a côtoyé jadis lui demande de faire barrage à un ennemi qui pourrit bien détruire les 2 mondes, celui des humains et le leur. Le vieux soldat va donc partir à la recherche de ses anciens acolytes mais seront-ils de taille à affronter ce qui terrifie des immortels ?

 

The Dying and The Dead tome 1 (image © Image Comics)

 

Tranquille mais efficace

Jonathan Hickman est un homme qui aime prendre son temps. Il nous l’a démontré avec son travail chez Marvel où il a mis patiemment en place les éléments conduisant à l’event Secret wars. Et bien il n’a pas changé ses habitudes ! Avec ce The Dying & the Dead, il construit une trame qui apparaît comme complexe de prime abord sans pour autant être inabordable . On sait que le style de l’auteur est assez solennel et même quelques fois pompeux. Mais cela convient parfaitement au type de récit qu’il aborde ici. Les mystères se suivent et ne se ressemblent pas, ce qui a pour effet d’aiguillonner la curiosité. Qui sont donc ces vieillards et qu’ont-ils fait pour qu’une race d’immortels les considèrent comme leur dernière chance ? Quel est donc cet objet dont la puissance pourrait détruire le monde ? Et qui est donc Bah Al’ Sharur ? Et bientôt, on se retrouve emporté dans ce tourbillon de questions avec une sensation de vertige.

 

The Dying and The Dead tome 1 (image © Image Comics)

 

Une réussite graphique

Bon, c’est sûr que The Dying & the Dead n’est pas un récit d’action pure mais il n’en est pas dénué. On peut dire que l’auteur distille savamment cet ingrédient. Il en profite aussi pour mener une réflexion sur l’âge, le temps qui passe et même une certaine forme de nostalgie. Ces hommes au passé obscur ploient sous le poids de l’âge. Ce sont bel et bien leurs souvenirs qui les rattrapent. Le texte est donc subtil, chargé de sens avec des dialogues parfaitement dosés. Et puis, une histoire qui traite de cette façon à la fois Hitler mais aussi Mussolini ne peut pas être mauvais… Aux dessins, on retrouve Ryan Bodenheim qui s’est illustré chez Valiant Comics en signant de superbes covers. Son travail sur The Dying & the Dead est tout bonnement magnifique ! Le trait est clair et totalement maîtrisé et le choix d’une colorisation particulière sert particulièrement bien l’histoire. En effet, le coloriste Michael Garland utilise avec brio plusieurs classes de monochromie en fonction des environnements de case, participant du même coup pleinement à la narration. L’effet n’est donc pas uniquement cosmétique. The Dying & the Dead est donc une belle réussite et l’attente va être longue jusqu’au tome 2 !! ■

Couverture du tome 1 de The Dying and The Dead (image © Glénat Comics)




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Dragnir , c'est 120 kilos d'amour des comics ! Lecteur depuis plus de 40 ans, il est désormais muni d'un cal au pouce de plus de 9 cm a force de tourner les pages des comics indépendants voire underground US ou UK dont il s'est fait une spécialité.