Supergirl : The Killers Of Krypton, un point d’entrée palpitant pour découvrir Kara Zor-El, la cousine de Superman [avis]

Supergirl Killers of Krypton
(image © DC Comics)

Après plusieurs relances confuses, les nouvelles aventures de Kara Zor-El profitent de la relance du titre Superman par Brian M. Bendis pour repartir de zéro, avec une équipe créative ambitieuse et chevronnée. Et c’est une réussite, une bonne « petite » série qui ravira les fans de comics aussi bien du point de vue de l’histoire que du dessin.
■ par Doop

 

Supergirl Killers of Krypton
(image © DC Comics)

 

Un point d’entrée idéal

La série Supergirl a connu plusieurs errements, notamment pour savoir s’il fallait rattacher le comics à la série télévisée ou à un aspect plus « girly ». Avec Supergirl : the killers of Krypton les éditeurs ont enfin fait le choix du comics de base. Ils livrent donc une version déconnectée de celle du petit écran. Après les révélations de Brian M. Bendis dans la mini-série Man of Steel, Kara Zor-El décide de partir dans l’espace à la recherche de Rogol Zaar et de ses complices. Après une longue discussion avec son cousin Superman, ses pérégrinations vont lui faire rencontrer une grande partie de l’univers cosmique de DC, du corps des Green Lantern jusqu’aux Omega Men. Accompagnée de son fidèle Krypto, d’un Coluan (la race des Brainiac) et d’une hache aux propriétés mystérieuses, elle va découvrir un complot beaucoup plus dense et étendu que ce qu’elle croyait. À l’issue de ce résumé assez succinct, on comprend bien que ce Supergirl : the killers of Krypton offre aux lecteurs un véritable point d’entrée, la série comprenant énormément de nouveaux personnages et ne faisant quasiment jamais référence au passé de Kara. En dehors du point de départ établi, tout s’enchaîne de manière fluide et sans références, sinon celles propres à l’histoire.

 

Supergirl Killers of Krypton
(image © DC Comics)

 

Changement de cap pour Supergirl

Ce que j’ai vraiment apprécié dans ce recueil de Supergirl : the Killers of Krypton, c’est que pour la 1re fois depuis longtemps, on offre à un scénariste et à un dessinateur masculins la possibilité d’écrire ses aventures. Depuis quelques temps, c’était devenu une habitude de proposer les séries « pour filles » uniquement à des artistes féminines ou à des scénaristes de télévision, souvent en dépit de leur talent d’écriture ou de leur expérience dans les comics. Comme si c’était les seules capables d’écrire les aventures d’une adolescente. Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit : je pense qu’Ann Nocenti a écrit de meilleures choses que Frank Miller sur Daredevil et que Gail Simone a écrit les aventures des Birds of Prey comme personne. Que la meilleure période de Star Wars est celle de Mary Jo Duffy et de Cynthia Martin… mais que le meilleur auteur sur Catwoman est Ed Brubaker. Je me fiche du sexe du créateur, mais je préfère que l’on mette simplement les bons auteurs aux bonnes places et non pas simplement à cause de la présence ou de l’absence d’un chromosome X ou Y. Et c’est selon toute vraisemblance le cas ici.

 

Supergirl Killers of Krypton
(image © DC Comics)

 

Des artistes confirmés

Et DC Comics ne se moque pas de nous puisqu’il offre les scenarii de Supergirl : The Killers Of Krypton à Mark Andreyko, auteur à mon sens trop sous-estimé et qui a de plus prouvé qu’il savait écrire des personnages féminins forts avec la série Manhunter. Mark Andreyko est un vétéran des comics et il est assez amusant de constater qu’il reprend le travail de Brian M. Bendis alors qu’il avait travaillé avec ce dernier sur la série indépendante Torso il y a plus de 15 ans. Aux dessins, c’est le fantastique Kevin Maguire, spécialiste des expressions et de la physionomie des personnages et vétéran lui aussi, puisqu’il a commencé à la fin des années 80. Et on pouvait s’y attendre, les 2 artistes nous livrent un véritable récit comics, plein d’aventures et de rebondissements comme on les aime. Mark Andreyko prouve qu’il connait bien le personnage, insérant des références subtiles comme un clone de Brainiac et Kevin Maguire offre un véritable festival. Encré par le toujours très fluide Sean Parsons, ses dessins sont de véritables petits bijoux. Le seul problème, c’est qu’il a besoin de renforts car il n’arrive pas à tenir le rythme d’une série mensuelle. Mais quand on se rend compte qu’il est suppléé par des artistes aussi exceptionnels qu’Evan Shaner ou Emanuela Lupacchino, on se dit qu’on va en prendre plein les rétines. Et c’est le cas. Supergirl : The Killers Of Krypton, qui se termine sur un cliffhanger, donne véritablement envie d’y revenir. ■




A propos Doop 244 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.