SHAZAM ! Ibis, Spy Smasher, Bulletman… Ces héros éclipsés par le succès de Captain Marvel !

 

crossover Fawcett

 

Le 1er crossover Fawcett de l’histoire

Dans Whiz Comics 16, 17 et 18, les lecteurs assistent ainsi au tout 1er crossover de la compagnie Fawcett. Cette rencontre se déroule dans les 2 séries du magazine pour un total de 6 épisodes. Les 2 têtes d’affiche s’affrontent dans un combat sans merci. Pour être précis, ce n’est pas le 1er crossover de l’histoire des comics, puisque la rencontre entre Namor The Submariner et The Human Torch, dont on parlera dans un autre article, a eu lieu un an plus tôt chez Timely Comics, l’ancêtre de Marvel. À priori, les pouvoirs de Captain Marvel doivent lui permettre de maitriser Spy Smasher sans aucune difficulté. Mais ce dernier lui donne pourtant du fil à retordre, inventant des stratagèmes de plus en plus ingénieux afin d’échapper à son poursuivant. Finalement, Captain Marvel utilise un pouvoir encore inconnu des lecteurs pour désenvoûter Armstrong : la super hypnose ! C’est lors de ce passage que ses yeux sont, pour la 1re fois, dessinés avec des pupilles et non pas avec deux rond noirs ! Spy Smasher est réhabilité (en dépit de la demi-douzaine de morts et de sabotages engendrés par son conditionnement) et peut reprendre sa lutte contre le crime. Après un changement de costume (dans Whiz Comics 25) ; Spy Smasher obtient en 1941 son propre magazine qui dure 11 numéros jusqu’en 1943. Pour information, la couverture du 1er numéro est réalisée à partir d’une encre spéciale aux reflets métallique, ce qui en fait certainement la toute 1re couverture collector de l’histoire ! Comme tous les héros caractérisés par leur allégeance au drapeau américain et à la chasse aux espions, sa popularité décroît rapidement à la fin de la Guerre. Lorsque sa série s’arrête, le personnage continue tout de même de faire les beaux jours de Whiz Comics, mais sous le nom de Crime Smasher. Alan Armstrong a en effet rangé son costume de super héros pour devenir un détective privé et combattre non plus les nazis, mais les criminels en tout genre. Le héros attire tout de même à lui de nombreux dessinateurs de qualité, dont Jack Binder, Carmine Infantino ou Pete Costanza. En 2010, DC propose une nouvelle version mais cela ne fonctionne pas. Désormais Spy Smasher est totalement oublié.

 

Bulletman

 

Bulletman

En mai 1940 Nickel Comics débarque dans les rayons et propose non seulement un format inédit (moitié moins de pages, moitié moins cher et une périodicité double) mais aussi un héros convainquant : Bulletman, crée par Bill Parker et Jon Smalle. Jim Barr est un jeune garçon plutôt tranquille dont la vie bascule le jour où son père, agent de police, est exécuté par des malfrats de bas étage. Obsédé par l’idée de prendre sa revanche, il passe alors tout son temps dans les laboratoires. Au bout de quelques années il met au point une potion capable d’éradiquer toute pensée criminelle de l’esprit des malfaiteurs en tous genres. Il essaye de s’engager dans la police mais échoue aux tests d’aptitude physique. Trop frêle pour faire partie des forces de l’ordre, Jim Barr se crée une 2e potion qui le transforme alors en un athlète accompli. Il repasse alors le test, le réussit et devient finalement un spécialiste en balistique. Il met ensuite au point un casque anti-gravité qui lui permet non seulement de voler, mais aussi de repousser les balles. Jim comprend qu’il tient sa revanche : il enfile un polo rouge, un pantalon jaune, une ceinture de cuir et devient Bulletman, le justicier volant ! En dépit de sa popularité, Bulletman n’est pourtant pas un personnage très original puisque ses origines sont un mélange entre celles de Bruce Wayne et de Flash. De plus, la qualité de son strip est d’un niveau plutôt moyen. La série Bulletman nous permet de découvrir toutefois l’un des premiers sidekick féminin des comics : Bulletgirl. Cette dernière, de son vrai nom Susan Kent, est la fille du chef de la police. Elle découvre par hasard la double identité de Bulletman dans Master Comics 13 daté d’avril 1941. Munie d’un second casque anti gravité, Bulletgirl partage les aventures de Bulletman et son désir d’éradiquer le crime. Quelques mois plus tard, Bulletman obtient son propre comics dans lequel on fait connaissance avec le personnage de Bulletboy, un neveu, et surtout de… Bulletdog ! Mais la sauce ne prend pas et les nouveaux comics non anthologiques disparaissent rapidement des stands.

 

 

En dehors de Captain marvel, point de répit

Les autres héros importants de Whiz Comics ont pour nom Golden Arrow, un archer semblable à Green Arrow ou à Hawkeye, Lance O’Casey, un loup des mers crée par le scénariste et dessinateur Bob Kingots qui réalisera lui-même un tour du monde en bateau, le journaliste Scoop Smith, le détective Dan Dare ou encore le héros Master Man. Ces titres ne connaissent pas le succès. Il faut bien se rendre à l’évidence : en dehors de Captain Marvel et de quelques titres de la Marvel Family, Fawcett Comics n’arrive pas à imposer sur la longueur et avec la même popularité d’autres titres de super héros. Les éditeurs de Fawcett comprennent que pour augmenter le nombre de leurs lecteurs, il va peut-être agrandir la famille Marvel… ■




A propos Doop 253 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.