Panthère Noire, tome 5 : duel au sommet entre Black Panther et Klaw orchestré par Ta-Nehisi Coates [critique]

(image © Marvel Comics)

Avec le tome 5 de la Panthère Noire, Ta-Nehisi Coates boucle de fort belle manière son run sur la série Black Panther. Il est aidé par Leonard Kirk, qui livre ici une très belle prestation, toute en élégance.
■ par Stéphane Le Troëdec

 

Panthère Noire, tome 5 (image © Marvel Comics)

 

Klaw, l’ennemi juré de la Panthère Noire, compte mettre le Wakanda à feu et à sang ! Pour cela, il a réuni le Dr Fautus, Zenzi, Ras l’Exhorteur et l’industriel criminel Ezekiel Stane. T’Challa, le Roi du Wakanda, vient tout juste de tirer son pays d’une guerre civile et doit affronter une crise sans précédent. Il n’aura pas de trop de l’aide de Shuri, sa sœur, et de Tornade, son ex-épouse, pour rétablir le calme au Wakanda…

 

Panthère Noire, tome 5 (image © Marvel Comics)

 

Klaw sous le feu des projecteurs

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le scénariste Ta-Nehisi Coates a amené sur la série Black Panther une écriture fine et rafraichissante. Pour preuve le personnage du super-vilain Klaw, qui pendant longtemps est resté un criminel de seconde zone. On a coutume de dire que pour qu’un superhéros soit bon, il faut que son ennemi juré le soit aussi. Ta-Nehisi Coates choisit manifestement de retravailler Klaw. Sa présence dans le film Black Panther y est sans aucun doute pour quelque chose. Mais Ta-Nehisi Coates met du cœur à l’ouvrage. Pour preuve l’épisode n°166, qui ouvre ce tome 5, et qui se consacre uniquement à donner du relief à Klaw, lui donner un objectif plus noble (avec des emprunts au background du Mr Freeze de DC). La couverture de l’épisode 167 sonne presque comme une lettre d’intention, avec un très joli effet visuel qui confond la Panthère Noire et Klaw dans le même espace. Klaw prend donc ici une épaisseur qu’on ne lui connaissait pas auparavant (même dans le run de Mark Waid sur Daredevil). Et c’est toute la série qui est ainsi tirée vers le haut.

 

Panthère Noire, tome 5 (image © Marvel Comics)

 

« Un roi délègue »

Ta-Nehisi Coates écrit sa série de manière étonnante, en positionnant presque son héros principal en arrière-plan. Ou plus précisément dans le rôle d’un souverain. T’Challa le dit lui-même : « un roi délègue ». C’est précisément ce qui se passe dans ce tome 5 de la Panthère Noire. Et du coup, les personnages secondaires prennent leur essor. Là aussi on sent que Ta-Nehisi Coates maîtrise son sujet, tissant des références judicieuses. Que ce soit lorsqu’il utilise le personnage de Tornade (et un vieil ennemi qu’on n’avait pas forcément vu venir), ou bien, plus surprenant, Eliot Franklin, alias Le Boulet, un supervilain en quête de rédemption (oui, je parle bien de celui des Démolisseurs !). À force, c’est presque tout un groupe qui se construit, qu’on pourrait surnommer les « Avengers du Wakanda ». Et puis il y a un discours politique qui s’éloigne de celui du film pour s’attacher au rapport entre un souverain et son peuple. D’un autre côté, le traitement rappelle aussi le film quand les femmes prennent clairement le dessus sur les hommes (tant dans les combats que dans la diplomatie). Le tout sans oublier l’utilisation des traditions et légendes africaines. Ouf ! Riche et élégante, l’écriture de ces épisodes n’oublie pas le rythme. Là où le début du run de Ta-Nehisi Coates pêchait, je trouve, par une impression de lourdeur, ces épisodes filent à la vitesse de l’éclair. Malheureusement, ce tome 5 réunit les derniers épisodes du scénariste sur le titre. Le (seul) petit point négatif est cette impression que son run ne se termine pas de manière nette et précise.

 

Panthère Noire, tome 5 (image © Marvel Comics)

 

Graphiquement, une Panthère Noire mince et élégante

Pour Leonard Kirk, il faut emboiter le pas à des dessinateurs comme Brian Stelfreeze ou Chris Sprouse. Et ce n’est pas forcément un cadeau. Leonard Kirk s’en tire haut la main. Il récupère la charte graphique de la série sans problème. On retrouve ainsi une architecture et des véhicules globalement raccord avec ce qu’on a pu voir dans le film Black Panther. Les effets des costumes propres au comics et apparu au début du run sont repris fidèlement, assurant une continuité graphique bienvenue. Sa Panthère Noire n’est pas un superhéros musclé, mais un personnage fin, élégant et élancé. En fin de compte, c’est parfaitement raccord avec la version du personnage imaginé par Ta-Nehisi Coates. ■

Couverture de La Panthère Noire, tome 5 (image © Panini Comics)




A propos Stéphane Le Troëdec 331 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.