New Justice, tome 1 : le grand retour du Scott Snyder qu’on aime, épique et spectaculaire [avis]

(image © DC Comics)

New Justice, c’est le retour gagnant de Scott Snyder au scénario cosmique, celui de Lex Luthor en génie maléfique, et le comeback du Limier Martien en leader de la Ligue de Justice. New Justice redevient le navire amiral de la flotte DC. Avec en prime l’explosion d’un dessinateur : Jorge Jimenez !
■ par Stéphane Le Troëdec

 

(image © DC Comics)

 

Depuis la destruction du Mur Source (dans Batman : Metal), notre univers « perd » de l’énergie. C’est un nouveau défi pour une toute nouvelle Ligue des Justiciers, réunissant les plus grands héros de la Terre et menée par le Limier Martien. Une force cosmique à la puissance incommensurable, la « Totalité » traverse l’espace pour s’échouer sur la Terre. La nouvelle Justice League découvre vite que la Totalité émet un mystérieux code. Selon d’anciennes légendes de Neo-Genesis, ce pourrait être la solution pour réparer la destruction du Mur Source. Encore faut-il pouvoir rejoindre le cœur de cette force protégée par une enveloppe quasi imperméable. La Ligue de Justice trouve rapidement la solution : injecter les corps miniaturisés de Batman et Hawkgirl dans les organismes de Superman et du Limier Martien, capable de supporter la puissance de la Totalité. Seulement, les superhéros ignorent que Lex Luthor les a trahis : le génie maléfique réunit secrètement une nouvelle Légion Fatale composée de leur plus féroces adversaires…

 

(image © DC Comics)

 

Le grand retour de Scott Snyder ?

Scott Snyder écrirait-il mieux seul qu’à plusieurs ? C’est la question qu’on est en droit de se poser en refermant ce tome 1 de New Justice. Car les dernières prestations de Scott Snyder en équipe étaient loin d’être convaincantes : Batman : Metal démarrait très fort pour finir dans un flou artistique, et No Justice souffrait d’incohérences gênantes. Avec ce New Justice tome 1, Scott Snyder est déjà beaucoup plus à son aise, réactivant une Justice League qu’on avait pas vu aussi séduisante depuis bien longtemps (au moins depuis le début du New52), déployant une intrigue qui rappelle (beaucoup) le travail de Grant Morrison. Le tout soutenu aux dessins par 2 artistes très en forme. C’était exactement ce que j’attendais, et c’est précisément ce que j’ai lu.

 

(image © DC Comics)

 

La révélation Jorge Jimenez

Jorge Jimenez, retenez le nom de ce dessinateur, car il pourrait aller loin, très loin. Les lecteurs du comics Super Sons, les aventures des fils de Batman et Superman, le connaissent déjà. Mais avec New Justice, Jorge Jimenez lève le niveau de son dessin d’encore un cran. Il livre des planches stupéfiantes, très colorées et très lisibles sans jamais sacrifier au spectaculaire. Ça vibre d’une énergie communicative ! Les dessins de Sean Chen, autre dessinateur de New Justice, sont plus calmes, mais aussi plus classieux. Scott Snyder peut donc remercier ces 2 artistes : pas sûr que New Justice aurait été aussi agréable et spectaculaire sans eux.

 

(image © DC Comics)

 

Le grand retour de Lex Luthor

Ce tome 1 de New Justice marque aussi le grand retour d’un supervilain célèbre, Lex Luthor. Ce dernier parait être le seul génie du mal capable d’affronter la Ligue de Justice. Ces dernières années, Luthor était passé dans le camp des bons, en ersatz de Superman et défenseur de Metropolis. New Justice, c’est le moment qu’on attendait depuis longtemps, celui où, enfin, il allait trahir. Scott Snyder lui donne une bonne raison de le faire, et surtout lui fait réunir une équipe composée des adversaires directs de chaque membre de la Ligue. À un moment, on peut craindre que Snyder n’utilise pas le concept jusqu’à bout, que finalement il n’y ait que Luthor et le Joker qui soient importants. Mais l’intrigue de New Justice donne une occasion de briller à chaque personnage de la Légion Fatale (et indirectement à ceux de la Ligue). Il y a ici un « effet miroir » qui fonctionne totalement.

 

(image © DC Comics)

 

L’Aventure intérieure ?

Évidemment, dans ces 1ers épisodes de New Justice, Scott Snyder empreinte une idée déjà utilisée dans L’Aventure Intérieure, un film de Joe Dante où Dennis Quaid était miniaturisé puis injecté dans un corps humain. Mais le scénariste l’adapte à l’univers DC. Imaginez un instant un Batman miniaturisé dans le corps de Superman a quelque chose d’assez excitant, avouez-le. Mais Scott Snyder ne s’arrête pas qu’au 1er degré. Il met sous le feu des projecteurs des personnages moins iconiques comme Hawkgirl. Son affrontement avec Luthor est un des meilleurs moments de l’album. New Justice est aussi une plongée dans l’esprit et le passé tragique du Limier Martien. Scott Snyder brasse les idées, les persos (notamment un qu’il n’avait pas assez utilisé dans Metal), les concepts, avec clins d’œil pointus à la clé, parfois même avec un peu trop de densité. Mais plus globalement, l’affrontement Justice League/Legion Fatale vient délicatement souligner les failles psychologiques des superhéros DC. L’Aventure intérieure, comme je le disais. ■

(image © DC Comics, Urban Comics)

New Justice, tome 1 est un comics publié en France par Urban Comics.




A propos Stéphane Le Troëdec 280 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.