Paper Girls, tome 5 : des héroïnes toujours aussi attachantes mais une intrigue à la peine [avis]

(image © Image Comics)

Ce 5e et avant-dernier tome de Paper Girls commence enfin à apporter quelques réponses aux questions soulevées. Mais, en dépit de la qualité indéniable de la série, on reste un peu trop sur notre faim pour pouvoir vraiment s’en satisfaire pleinement. Tout va donc se jouer dans le dernier album de Paper Girls.
■ par Doop

 

(image © Image Comics)

 

Après plusieurs bonds dans le temps, Erin, Mac, KJ et Tiffany se retrouvent cette fois-ci dans un lointain futur, presque 100 ans après leur naissance. C’est en gros exactement le même principe que d’habitude, à savoir un tome = une période dans le temps où nos héroïnes vont devoir trouver un moyen de s’échapper et de retourner à leur époque. Tout cela bien évidemment sous fond de guerre entre 2 factions : ceux qui sont pour les voyages temporels et ceux qui en interdisent toute utilisation. Encore une fois, l’intrigue est toujours obscure. On retrouve des personnages connus mais ils sont placés dans des situations et des localités différentes. Après 5 tomes, on a toujours un peu de mal à savoir où Brian K.Vaughan et Cliff Chiang veulent nous emmener. Pour le moment, l’intrigue de fond n’est toujours pas satisfaisante. Trop complexe, pas assez de clefs pour tout gérer, on se laisse entrainer dans l’action sans trop connaitre le but. Au bout de 5 volumes, c’est assez frustrant. De plus, je trouve que Brian K. Vaughan a cette fois-ci du mal à donner une réelle ampleur à son récit. Il ne prend pas assez de risques et joue sur ses forces. La dernière image de ce tome laisse d’ailleurs entrevoir un ton, ou tout du moins, une blague assez caractéristique de ses opinions et de ses idées. En soi, ce n’est pas un problème mais on l’a déjà souvent vu dans son œuvre. De fait, on n’est pas vraiment surpris. C’est assez classique quand on y pense : une intrigue obscure, un retour dans les années 80, des voyages dans le temps : nous sommes en plein dans la mode du moment. Et c’est toujours très casse gueule ! Heureusement, le scénariste se rattrape avec une caractérisation sans faille de ses personnages.

 

(image © Image Comics)

 

Une caractérisation impeccable

Ce qui fonctionne très bien en revanche, ce sont ses personnages principaux. L’idée de proposer plusieurs versions de nos héroïnes (ado, adulte) permet de leur donner une profondeur, comme on peut s’en rendre compte ici avec Tiffany 2000, une version un peu punk de Tiffany, qui ne sait pas vraiment quoi faire de ce futur annoncé. Nous avons aussi Mac qui essaye par tous les moyens d’échapper à son destin (elle doit mourir d’une leucémie) et qui va devoir prendre des décisions assez drastiques. La relation entre Mac et KJ va elle aussi évoluer : les 2 jeunes filles vont devoir régler les conséquences de la vision entrevue par cette dernière. De ce point de vue, c’est très satisfaisant. J’ai en revanche beaucoup plus de mal avec les personnages secondaires. Qu’il s’agisse du bébé, de la femme préhistorique ou des agents du futur, je n’arrive pas à m’intéresser à eux !

 

(image © Image Comics)

 

Des dessins toujours au top !

Le point fort de Paper Girls c’est avant tout le graphisme de Cliff Chiang. Il faut dire qu’avec les différents sauts dans le temps, le dessinateur a de quoi s’amuser !  Cette fois-ci, il peut donc mettre tout son talent sur des villes futuristes et des accessoires imaginaires. Son sens du design fonctionne donc encore à plein régime.

 

(image © Image Comics)

 

Un succès mérité ?

Paper Girls est une bonne série. Elle a des défauts, mais reste qualitativement au-dessus de la moyenne. En revanche, lorsque je me rends compte qu’elle a obtenu plusieurs Eisner Awards, je trouve que c’est un peu surcoté, pour les raisons évoquées plus haut. Comparaison n’est pas raison mais en toute honnêteté, ce n’est pas le meilleur travail de Brian K.Vaughan selon moi. C’est surtout que Paper Girls est une série qui ne reposera finalement que sur sa conclusion, le voyage proposé étant à mon gout trop confus pour permettre une bonne compréhension des enjeux. Quand on pense qu’il ne reste qu’un seul tome avant la fin, on se demande bien comment B.K. Vaughan va pouvoir conclure ses multiples intrigues. C’est ce qui fera, à mon sens, la réussite de Paper Girls. ■

(image © Image Comics, Urban Comics)

Paper Girls tome 5 est un comics publié en France chez Urban Comics.




A propos Doop 260 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.