Encore un numéro 1 pour les Quatre Fantastiques ? Oui, mais celui-là tombe pile poil avec l’arrivée du groupe au cinéma version MCU. L’occasion parfaite pour Marvel Comics de remettre la machine en marche en mode blockbuster. Ryan North (déjà aux commandes depuis une trentaine d’épisodes) garde la main sur les dialogues malins, les gadgets chelous de Reed, et surtout cette alchimie de groupe qui ne se démode pas. En bonus, on récupère Humberto Ramos au dessin. Et là, faut avouer : c’est flashy, c’est fun, c’est explosif. Ramos n’a rien perdu de sa patte « Spider-Man sous acide », et ça matche bien avec la démesure des aventures fantastiques.

Alors oui, c’est une relance. Mais pas un reboot. Pas besoin d’avoir lu les épisodes précédents pour piger l’essentiel : les Fantastic Four affrontent Dr Fatalis dans un monde où il est EMPEREUR (oui, rien que ça), et forcément, ça part en sucette. Fatalis, fidèle à lui-même, prend une raclée, mais sort un petit tour de passe-passe temporel : chacun des membres est propulsé à une époque différente. Et voilà comment on transforme une baston classique en gros puzzle spatio-temporel. Ryan North aime jouer avec les codes, et ce coup de poker temporel en est un bel exemple.

Le tour de force de la séparation dans Fantastic Four
Séparer la Première Famille de Marvel, c’est une prise de risque. Et pourtant, ça fonctionne. Chaque membre se retrouve isolé, dans un contexte historique différent, avec pour mission de faire savoir aux autres qu’il ou elle est encore en vie. Le résultat ? Un mélange savoureux entre récit d’aventure, voyage temporel et stratégie scientifique façon « McGyver galactique ». Ce n’est pas juste une façon de les mettre dans la panade, c’est une démonstration de ce que le groupe est capable de faire, même éparpillé façon puzzle.
Bien sûr, tout le monde ne sera pas convaincu. Certains fans de la première heure auraient aimé revoir les Quatre Fantastiques en équipe, avec leur bonne vieille dynamique. Mais cette relance assume son virage dès la première page : ça va être différent, et tant mieux. Les clins d’œil aux lecteurs fidèles sont bien là, mais la porte est grande ouverte pour les nouveaux. Et franchement, si vous aimez les récits à tiroirs, les coups de théâtre à la dernière case et les moustaches de Johnny Storm (si, si), ce numéro 1 coche toutes les cases.

Visuellement, Fantastic Four (2025) en met plein les yeux
Humberto Ramos n’a jamais été du genre à faire dans la dentelle. Ici, il livre une copie spectaculaire, débordante d’énergie, de détails et de démesure. Chaque page est un festival de poses dynamiques, d’arrière-plans, et de gros plans stylisés. La grande réussite ? Rendre chaque époque temporelle unique tout en gardant une cohérence graphique qui fait le lien entre les membres. On sent que Ramos s’amuse : et ça, c’est toujours bon signe.
Il faut aussi souligner la continuité avec l’esthétique de la série précédente. Loin de trahir le style mis en place par Ryan North, Humberto Ramos l’embrasse totalement. Que ce soit la texture rocailleuse de Ben, les élasticités improbables de Reed Richards ou le feu toujours classe de Johnny, tout est là. Visuellement, c’est du haut niveau, et ça promet pour la suite si la série garde cette exigence.
Fantastic Four (2025) : un bon départ malgré quelques facilités
Soyons honnêtes : le coup du « on sépare le groupe dès l’épisode 1 », on l’a déjà vu. Mais ce serait râler pour le plaisir, car ici c’est bien exécuté. Ryan North parvient à injecter un vrai suspense, et la structure narrative évite la redite. On sent que la suite sera l’occasion de jouer avec les paradoxes temporels, les retrouvailles, et les gros retournements de situation. Et ça, c’est toujours vendeur.
Reste à voir si la série tiendra ses promesses sur le long terme. Mais pour ce premier épisode, Fantastic Four (2025) fait le job : captiver les anciens lecteurs, séduire les nouveaux, et relancer la machine avec panache. Même si l’idée de base reste classique, l’exécution est suffisamment solide pour donner envie de revenir pour l’épisode 2. Allez, on embarque.
