Super-héros, une histoire politique : depuis toujours, les comics sont progressistes ! [critique]

Super-Héros, une histoire politique
(image © editions Libertalia)

William Blanc, historien médiévaliste, se penche sur la mythologie des super héros à travers une analyse de l’aspect politique de leur genèse et du message véhiculé. Le résultat ? Super-héros, une histoire politique est tout à fait génial et à lire d’urgence !
■ par Dragnir

 

 

Progressistes, nous voilà !

Il y a peu, j’ai lu sur un réseau social les propos d’un type que se plaignait que les « nouveaux comics progressistes » détruisaient le genre ! Ou encore un autre qui beuglait que « vraiment, c’était mieux avant quand les récits n’étaient que l’occasion de bastons décérébrées et surtout sans messages sous-jacents » ! Et bien le livre de William Blanc, Super-héros, une histoire politique, va permettre à ces bulots dont le quotient intellectuel est inférieur à leur température rectale d’apprendre 2 ou 3 bidouilles utiles quand bien même cela devrait leur provoquer une crise hémorroïdes cérébrales. Avec Super-héros, une histoire politique, William Blanc, doctorant en histoire médiévale, propose une analyse factuelle des conditions historiques et donc politiques de la création de nos chères lectures. Le constat est simple : les comics véhiculent par définition des valeurs humanistes et progressistes ! Dans ces 18 chapitres, on retrouve de fines réflexions sur le symbolisme des héros comme Superman ou encore Howard the Duck mais aussi les inspirations Arthuriennes de nos personnages favoris. En implantant le contexte historique, les choix des artistes, scénaristes et éditeurs nous apparaissent clairement. En ce sens, ce livre est une mine d’or, un puits de savoir !

 

Couverture de Detective Comics 31
(image © DC Comics)

 

Les réacs en PLS !

Des juifs, des féministes, des blacks et même des LGBTQ… Ils sont tous dans les pages de nos comics depuis le début à la fin des années 30, début 40 ! C’est vous dire à quel point, en découvrant ces faits, les nostalgiques de la francisque vont se sentir comme après s’être arraché une poignée de poils pubiens ! L’auteur va même plus loin. Il prouve historiquement que ces histoires étaient souvent écrites par des représentants des minorités, émigrés de 1re ou 2nde génération. Ils y mettaient tous leurs espoirs et leurs peines. Ce sont ces messages profondément humanistes et de foi en l’avenir qui sont à la base de tout. Quant à l’inverse, les ennemis des héros représentent l’obscurantisme et la ségrégation ! Bien sûr, les comics vont suivre les évolutions sociétales mais ils le font toujours dans le sens du progrès. Cependant, Super-héros, une histoire politique ne cache pas que certains préjugés propres à leur époque sont bel et bien apparus dans les comics. Mais ils sont aux mieux anecdotiques, au pire le fruit de contraintes imposées par des facteurs extérieurs au monde des comics.

 

Couverture de Wonder Woman 7
(image © DC Comics)

 

Un combat contre les toutes dictatures

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J’en vois déjà, là-bas tout au fond très à droite qui font grise mine en tentant de se désengourdir le bras qu’ils croyaient pouvoir garder tendu en lisant Captain America. Et bien, nouvelle calotte sur leurs petits raisins de Corinthe : dans les comics, on déteste le totalitarisme ainsi que le prouve encore une fois cette étude ! Vous pourrez toujours essayer de récupérer des héros bien sous tous rapports selon vos critères, que ce seront précisément ceux-là qui lutteront contre les tyrannies féodales totalitaires hors des frontières de l’Amérique mais aussi en traquant les ennemis de l’avenir et du progrès aux US. Les faits sont là, implacables, incontestables. Ils nous sont présentés par un docteur en histoire ne s’appuyant que sur des réalités historiques ! Alors que les « c’était mieux avant quand il n’y avait pas de politique dans les comics », les «  j’ai un bon ami [insérez la minorité de votre choix] mais là, il y en a trop d’un coup dans les comics », ou encore les «  nous on veut juste de bonnes histoires si possibles sans noirs » ravalent leur galette à la bile. Qu’ils portent leur regard de poissons morts sur ce qu’ils n’ont pas l’habitude de contempler : le savoir ! Ils poqueront toujours autant du goulot comme s’ils avaient léché un cul de bouc, mais ils seront toujours un peu moins cons… même si pour eux il y a du boulot ! Pour les autres, les amateurs qui veulent s’instruire sur l’histoire des comics, Super-héros, une histoire politique est une mine d’or ! Jetez-vous dessus ! ■

Couverture de Super-Héros, une histoire politique
Couverture de Super-Héros, une histoire politique (image © editions Libertalia)




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Dragnir , c'est 120 kilos d'amour des comics ! Lecteur depuis plus de 40 ans, il est désormais muni d'un cal au pouce de plus de 9 cm a force de tourner les pages des comics indépendants voire underground US ou UK dont il s'est fait une spécialité.