Queen Sonja : la Diablesse en mode conquérante [avis]

(image © Dynamite)

Queen Sonja esquive complètement le potentiel de son titre pour se contenter d’une aventure très classique. Une série spinoff qui n’apporte rien de neuf, mais qui comblera tout de même les amateurs de Red Sonja.
■ par Stéphane Le Troëdec

 

(image © Dynamite Entertainment)

 

L’ascension vers le trône

Chez l’éditeur Dynamite, on aime les spinoffs. La licence Red Sonja ayant remporté son petit succès chez les lecteurs américains, l’éditeur met en branle une série dérivée. Pour rappel, le personnage de Red Sonja apparait en 1973 dans le comics Conan le Barbare. Et donc l’idée d’une série mettant en scène une Sonja devenue « reine » n’a rien de farfelu dans la mesure où Conan, lui, a bien été roi. Seulement voilà, Queen Sonja n’utilise jamais vraiment cette idée. En gros, Red Sonja nous est montrée sur le trône uniquement dans l’introduction et la conclusion. Le reste du comics consiste en un grand flashback. Cinq épisodes pour une aventure qui explique comment la Diablesse à l’épée a conquis sa couronne. Du coup, si vous pensiez voir Sonja dans des intrigues de cour, ou bien sur le trône à la tête de son pays, vous en serez pour vos frais. Mais rien n’est perdu puisqu’il s’agit des 5 premiers épisodes d’une série qui en compte 35 aux États-Unis. On peut donc espérer que les prochains numéros utiliseront pleinement le potentiel du titre.

 

(image © Dynamite Entertainment)

 

De l’heroic fantasy sans risques

Queen Sonja est donc une aventure tout à fait ordinaire de la guerrière rousse. Si le genre de nous plait pas, ce n’est pas ce comics qui va vous faire changer d’avis. On y retrouve les clichés inhérents au sous-genre. Sans génie, mais sans faux-pas non plus. Queen Sonja raconte comment la guerrière, partie en quête d’une épée légendaire, finit par prendre conscience de l’oppression d’un royaume et choisit de renverser une dictature. On suit le schéma classique de l’heroic fantasy (la quête), qui dérive vers l’histoire d’une révolte menée par l’héroïne. Elle rallie différents clans (essentiellement des femmes) avant de lancer l’assaut final contre les grands méchants (essentiellement des hommes). Il y a bien un traitre, mais on le voit venir à des kilomètres. Petite nouveauté : l’héroïne quitte son célèbre bikini à cotte de mailles pour une armure un peu plus « couvrante ». Mais bon, uniquement à la fin, on ne rigole pas avec le fan service. Queen Sonja est agaçant par son absence de prise de risques et à la fois confortable par ses stéréotypes.

 

(image © Dynamite Entertainment)

 

Des dessins gâchés par la colorisation

Aux dessins, Mel Rubi ne démérite pas mais hélas il n’est pas aidé par son coloriste. Pour s’en convaincre, il suffit de feuilleter les quelques planches originales du dessinateur reprises dans la VO. Hélas, Graph Zeppelin n’a pas jugé bon de les reprendre. Le coloriste Vinicius Andrade dégrade le dessin d’origine, avec des couleurs beaucoup trop prononcées qui « couvrent » beaucoup trop le dessin de Mel Rubi. Alors, oui, cela donne un côté « peint », sauf qu’ici Andrade n’y va pas avec le dos de la cuillère. Dommage parce qu’avec un peu de finesse et de subtilité, le dessin aurait pu être bien plus réussi et Queen Sonja aurait laissé une meilleure impression. ■

(image © Dynamite Entertainment, Graph Zeppelin)

Queen Sonja est un comics publié en France chez Graph Zeppelin.




A propos Stéphane Le Troëdec 267 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.