Multiple Man : Un scénariste de X-Men multiplie les clones !

Multiple Man
image : © Marvel Comics

J’étais assez sceptique lorsque j’ai appris l’existence d’une mini-série Multiple Man datant d’avant la relance House of X. De plus, Matthew Rosenberg est un scénariste qui, s’il fait parfois du bon travail sur Uncanny X-Men, ne me passionne pas vraiment par ses écrits. Si la série est un beau foutoir, le scénariste retombe toutefois sur ses pattes dans cette série pas très innovante mais sympathique. Loin du niveau de Peter David, certes, mais au moins Multiple Man a le mérite de faire revenir sur le devant de la scène l’un de mes personnages préférés.
■ par Doop

 

Multiple Man
image : © Marvel Comics

L’attaque des clones

Autant vous prévenir : si jouer avec les différents doubles de Madrox est déjà compliqué, cela devient complètement incompréhensible quand par-dessus on rajoute des dizaines de voyages temporels. Et c’est le cas dans Multiple Man !  L’histoire commence lorsque les X-Men trouvent un double de Madrox encore vivant après l’exposition aux brumes des inhumains (apparemment il était mort dans Inhumans vs X-Men, mais je ne veux pas en parler au risque de faire exploser ma tension artérielle). Malheureusement ce double a une durée de vie limitée et est soumis à une dégénérescence classique chez les Madrox non-originaux. Il faut donc que le Fauve trouve une solution pour en faire un « Madrox-prime », capable de survivre et de créer d’autres doubles. Jusqu’ici tout va bien. En revanche, tout commence à se compliquer lorsque ce Madrox décide de voler la ceinture temporelle de Bishop pour aller chercher de l’aide et qu’un 2ème Madrox apparaît ! C’est encore pire lorsque cinq nouveaux Madrox ayant tous des pouvoirs différents et issus de plusieurs futurs alternatifs se joignent à la bagarre afin d’empêcher ledit Madrox de devenir un tyran dans le futur. Vous ne comprenez plus rien ? Moi non plus. Et Matthew Rosenberg aussi, puisqu’il passe son temps à faire dire à ses personnages que les voyages dans le temps, c’est le bazar. Lorsqu’un scénariste cherche à expliquer ses atermoiements en faisant dire à ses créations que c’est normal qu’on n’y comprenne rien, on sent un peu le piège et l’auteur qui cherche à se dédouaner. Et pourtant, Multiple Man retombe bien sur ses pattes avec un final qui, s’il ne permet pas de comprendre tout ce qu’il s’est passé, propose une conclusion plutôt honnête et remet de l’ordre dans la chronologie du personnage. Il faut dire que Matthew Rosenberg prend un malin plaisir à décliner toutes les versions possibles d’un Madrox en super-héros. On a le Madrox-Cable, le Madrox-Hulk, le Madrox-Deadpool, le Madrox-Wolverine ! C’est amusant mais parfois un peu trop fréquent.

 

Multiple Man
image : © Marvel Comics

Une avalanche de dystopies qui tarissent l’émotion

Si l’idée de proposer plusieurs Madrox avec des pouvoirs différents au sein de Multiple Man est une bonne idée de base, le procédé reste toutefois un petit peu trop redondant. Il y a tellement de doubles, de futurs et de réalités différentes que finalement, on se laisse porter par l’histoire sans trop vouloir rentrer dedans. Le traitement et l’intrigue auraient largement mérité un peu plus d’éclaircissements, voire de rappels. Et cela nuit considérablement aux effets de surprise que propose Matthew Rosenberg dans son Multiple Man. Un Madrox meurt ? Lequel ? Il y en a tellement que l’on ne sait plus qui est qui ! C’est un peu dommage. En plus, le scénariste évacue trop rapidement les personnages secondaires qui ne sont pas des doubles. Le traitement de Layla Miller et de son fils est très développé au départ et l’on se dit que cela risque d’être un élément important de l’histoire. Cette idée est toutefois totalement oubliée dès le 2ème épisode. C’est dommage. Si l’intrigue reste lisible et même si la fin fait sens, je n’ai pas vraiment aimé le deus ex machina des dernières pages, mais je pense qu’il n’y avait pas moyen de conclure autrement. Après, Matthew Rosenberg fait de la série une série pleine d’humour, même si c’est parfois trop présent. Il y a des tonnes de références, de clins d’œil comme lorsque l’un des sorts du Dr Strange fait référence au scénariste Chip Zdarsky ou lorsque la photo des auteurs est présente sur un mur dans une scène rappelant Days of Future Past.

 

Multiple Man
image : © Marvel Comics

Des dessins très agréables

Je ne connais pas Andy Mc Donald mais il faut reconnaître que ses dessins et ses designs sont plutôt bons. Et ce n’est pas si facile lorsqu’on doit dessiner 10 000 Madrox par page ! Le dessinateur ne connaît aucune difficulté à alterner les scènes de combat avec de très nombreux intervenants. C’est propre, clair et lisible. Andy Mc Donald arrive quand-même à différencier les différents clones, ce que le scénariste n’arrive pas toujours à faire, ce qui est un comble ! Un dessinateur prometteur à suivre qui fait de Multiple Man une série qui se lit bien. En résumé, Multiple Man est une mini-série sympathique, bien dessinée mais qui s’embourbe parfois un peu trop inutilement dans des circonvolutions temporelles. Cela reste fun à lire, mais ne vous attendez toutefois pas à du Peter David, le scénariste qui a su le mieux utiliser le personnage ! ■

Multiple Man
image : © Marvel Comics

Multiple Man est un comics publié aux États-Unis chez Marvel Comics

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(image © Marvel Comics)




A propos Doop 329 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.