Le Jeune Messie : Et si Jésus était un jeune garçon découvrant ses pouvoirs ?

(image © SAJE Editions)

Jésus, 7 ans, se découvre des pouvoirs surnaturels. Mais d’où lui viennent ses dons de résurrection ? Jésus se lance dans une quête identitaire pour découvrir la vérité… Le Jeune Messie revisite de manière hollywoodienne les origines du fils de Dieu. Avec Sean Bean en tête d’affiche. Étonnant.
■ par Stéphane Le Troëdec

 

Le Jeune Messie raconte l’histoire imaginaire de Jésus à l’âge de 7 ans. À priori, pas de quoi attirer les amateurs de pop culture, me direz-vous. Pourtant à bien regarder les crédits du film, 2 noms sortent du lot. Sean Bean, tout d’abord, s’est fait connaître pour son interprétation de Boromir dans Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, puis le rôle de Ned Stark dans la série tv Game of Thrones. Ah, tiens, d’un seul coup, j’ai votre attention !

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Anne Rice, la « mère » des vampires qui raconte la vie de Jésus ?

Le 2e nom important au crédit du Jeune Messie, c’est Anne Rice. La romancière a écrit la célèbre Chroniques des vampires, dont le 1er volet a été adapté au cinéma par Neil Jordan dans Entretien avec un vampire. Anne Rice s’est fait connaître par une vision originale et ouvertement sensuelle du mythe vampirique. Elle a d’ailleurs écrit plusieurs histoires érotiques. Aussi, la trouver à l’origine du roman Out of Egypt, dont Le Jeune Messie est l’adaptation, est déjà plus surprenant. Aussi, j’étais curieux de voir Le Jeune Messie, non pas pour ses références religieuses, mais plutôt la méthode employée pour transposer l’histoire du jeune Jésus de façon moderne.

 

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Des moyens à la hauteur de l’histoire

Dès les 1res minutes, Le Jeune Messie intrigue. On est loin d’une série Z, d’un budget minable. L’image a plus d’allure qu’on aurait pu l’imaginer. Les décors d’Alexandrie impressionnent, les paysages sont agréables (le film est tourné en Italie) et les costumes crédibles. Et il ne faut pas longtemps pour que le Malin vienne chercher des ennuis au petit Jésus. Tapi dans l’ombre, il manipule les habitants d’Alexandrie pour nuire au jeune héros. Celui-ci finit par être accusé d’être responsable de la mort d’un garçon. Jésus découvre qu’il possède le pouvoir de ressusciter les morts. Le voisinage étant quand un peu mal à l’aise à l’idée de côtoyer ce garçon un peu bizarre (oui, tout de même), sa famille et lui prennent la décision de quitter Alexandrie pour revenir à Jérusalem. Hélas, Hérode entend parler de ce garçonnet capable de faire relever les morts et charge le centurion Severus (Sean Bean, impeccable) de le traquer…

 

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Jésus Christ « Super »-star

Entre le Malin et Severus, Jésus n’a donc pas un instant à lui. L’intrigue du Jeune Messie est celle d’une quête, de la connaissance de soi. Celle de Jésus qui veut connaître d’où il vient, qui il est. Ses pouvoirs divins sont traités dans le film comme une sorte de superpouvoir, mais dont Jésus ne comprend pas les origines. Le traitement général n’est donc pas tout à fait éloigné des films de superhéros.

 

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Une véritable identité embarrassante

Le principal problème du Jeune Messie reste l’absence de surprise. Pendant tout le film, ou presque, Jésus s’interroge sur la véritable identité de son père et sur le mystère qui entoure l’origine de ses pouvoirs. Seulement nous, spectateurs, dès le début, nous savons le pourquoi du comment. Du coup, la « révélation » finale n’en est une que pour son héros, et nous laisse avec le sentiment que tout était joué depuis le début : pas de surprises, pas de retournement de situation. Le Jeune Messie aurait gagné à peut-être miser sur d’autres enjeux que celui-ci.

 

 

Un Sean Bean impeccable… et qui vole la vedette à Jésus ?

Si cet aspect convenu d’avance ne vous gêne pas, Le Jeune Messie fait passer un agréable moment d’autant plus qu’il prend soin d’éviter tout prosélytisme exacerbé. Le film peut toujours compter sur le caractère épique de l’histoire, et, avouons-le, sur la carrure de Sean Bean, dans le rôle intéressant du centurion Severus. Clairement, Le Jeune Messie profite du charisme de l’acteur, qui porte parfois le long métrage sur ses épaules. ■

(image © SAJE Editions)

Le Jeune Messie est édité en DVD et VOD par SAJE Distribution.




A propos Stéphane Le Troëdec 435 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.