Hexed : On a trouvé la fille illégitime de Constantine et Buffy, elle s’appelle Lucifer ! [omnibus – critique]

(image © BOOM Studio !)

Lassé par Hellblazer ? Pas envie de vous investir dans une série longue ? Hexed tombe à point nommé et trouve un juste équilibre entre aventures occultes et girl power. Et si Emma Rios n’est clairement pas au niveau qu’on attend d’elle, Dan Mora offre une prestation véritablement enthousiasmante !
■ par Stéphane Le Troëdec

 

Magie street level (image © BOOM Studio !)

 

« Lucifer », c’est le surnom que s’est donnée Luci Jenifer Inacio Das Neves. Cette jeune cambrioleuse professionnelle s’est faite une spécialité : dérober des objets magiques rares ! Mais Lucifer traîne de sacrée casseroles derrière elle. Car le vol d’artefacts mystiques l’a amené par le passé à trahir des créatures dangereuses et vindicatives… L’une d’entre-elle, surnommée Dietrich, vient bientôt lui demander des comptes. Lucifer se retrouve à devoir monter un « casse » en un temps très court. Trop court, bien entendu…

 

(image © BOOM Studio !)

 

Entre Hellblazer et Buffy contre les vampires

Le nom de Michael Alan Nelson ne vous dit probablement rien de prime abord. Si je vous dis qu’il a écrit Day Men, très agréable série vampirique disponible chez Glénat Comics, cela vous parle peut-être déjà un peu plus. Michael Alan Nelson abandonne les suceurs de sang pour s’intéresser à Lucifer, cambrioleuse professionnelle spécialisée dans l’occultisme. Pour se faire une idée rapide d’Hexed, on peut dire que c’est un peu Hellblazer façon Buffy contre les vampires. John Constantine pour tout son décorum mystico-occulte, ses sorciers, ses démons et ses machinations. Buffy pour son héroïne punchy et un girl power de tous les instants. Disons que si vous êtes en manque de nouvelles aventures du sorcier de chez Vertigo, Hexed pourrait être un bon choix. À condition d’être prévenu : les aventures de Lucifer sont beaucoup plus light et lumineuses.

 

Le travail d’Emma Rios sur les premiers épisodes est vraiment décevant (image © BOOM Studio !)

 

Une Emma Rios attendue et très décevante

Autant vous le dire tout de suite : graphiquement, Hexed revient de loin. Car mon très bon a priori s’est envolé dès les 1re pages feuilletées ! Qu’est-il arrivé à Emma Rios ? Je gardais de cette dessinatrice un bon souvenir. J’avais remarqué sa « patte » graphique lors de ses passages trop rapides sur quelques séries et mini-séries Marvel (Captain Marvel, Osborn, ou Cloak & Dagger pour n’en citer que quelques-unes). Et puis j’avais en tête Pretty Deadly, western étonnant réalisé avec Kelly Sue DeConnick sorti en 2015 (et dont on n’a pas vu la suite, malheureusement). Très clairement, les 4 premiers épisodes qui composent la 1re partie d’Hexed ne sont pas à la hauteur de l’artiste qu’on connait. Peut-être parce qu’Hexed, datant de 2009, est un de ses 1er travaux pro ? Bref, ma lecture semblait mal embarquée et j’ai dû me forcer pour continuer ma lecture. Mais heureusement, sur le plan graphique, les choses s’arrangent dans les épisodes suivants.

 

Changement subtil d’encrage lors d’un flashback (image © BOOM Studio !)

 

Dan Mora : la très bonne surprise d’Hexed !

Par un curieux effet d’équilibre, le plaisir des yeux est venu d’un dessinateur que je n’attendais pas : Dan Mora. Retenez ce nom, il pourrait bien refaire le même coup prochainement (spoiler : Klaus, chez Glénat Comics en novembre 2018). C’est bien simple : sur Hexed, en reprenant en main les designs d’Emma Rios, il parvient à sublimer les personnages et toute l’ambiance visuelle. Ainsi, Miss Brisendine et la Catin, 2 entités surnaturelles plutôt fadasses sous E. Rios, se voient revisitées par le coup de crayon de Dan Mora. Idem avec Lucifer, l’héroïne qui redevient pêchue. C’est toute la série qui profite de l’élan : Dan Mora insuffle à Hexed un dynamisme, un souffle nouveau, un élan qui m’a poussé à prolonger la lecture. Et j’ai bien fait, car Hexed m’a embarqué dans son univers occulte mais pas glauque, contrepoint réussi et plus léger d’un Hellblazer, on l’a dit, ou même d’un Black Magick, par exemple (guettez bientôt la review sur TopComics). Si vous êtes en manque d’aventures fantastiques, vous devriez vous laisser tenter par Hexed.

Couverture de l’omnibus Hexed (image © Glénat Comics)




A propos Stéphane Le Troëdec 141 Articles
Stéphane Le Troëdec est spécialiste des comics, traducteur et conférencier. En 2015, il s'occupe de la rubrique BD du Salon Littéraire. Puis en 2017, il rejoint l'équipe de Boojum, l'animal littéraire, dont il devient le responsable de la rubrique pop culture. Ses autres hobbys sont le cinéma fantastique et les jeux. Enfin, et c'est le plus important : son chiffre porte-bonheur est le cinq, sa couleur préférée le bleu, et il n’aime pas les chats.