Brian par Bolland : le cover artist de « Killing Joke » se raconte sans tabou à travers ses couvertures

brian bolland artbook
(image © DC Comics)

Artiste notamment connu pour Batman: The Killing Joke et Camelot 3000, Brian Bolland est avant tout l’auteur de couvertures mémorables et entrées dans l’histoire des comics.
■ par JB

 

brian bolland artbook
(image © DC Comics)

 

Difficile d’imaginer une liste des meilleures couvertures de Brian Bolland sans un Joker souriant derrière son appareil photo ou un Juge Dredd criblé de balles. Dans Brian par Bolland, l’artiste revient sur sa carrière : il commente ses couvertures, expose des esquisses et des couvertures rejetées et, surtout, partage ses souvenirs.

 

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(image © DC Comics)

 

Un passage en revue partiel

Autant aborder de suite la particularité de Brian par Bolland : il se focalise sur la carrière de l’artiste chez DC. Le titre anglais est plus évocateur : Cover story: The DC Comics Art of Brian Bolland. Ses débuts sur 2000AD et Judge Dredd ne sont donc qu’évoqués, jamais montrés. Cela devient quelque peu gênant lorsque l’artiste compare ses couvertures DC à celles qu’il a réalisé pour l’anthologie anglaise. Le lecteur devra le croire sur parole ou trouver des galeries de couvertures sur Internet ! Pour en revenir à DC, Brian par Bolland commence véritablement sur les 1res couvertures réalisées pour les séries Green Lantern et Tales of the Green Lantern Corps. Suivent la maxi-série Camelot 3000, Killing Joke, les collaborations avec Grant Morrison, les couvertures pour Wonder Woman, les réalisations ponctuelles sur Sandman, Atom et autres Swamp Thing, le retour sur les séries Batman avec Gotham Knights, Flash et Jack of Fables. La publication de Cover Story date de 2011 : Brian par Bolland ne propose donc pas les couvertures plus récentes telles que Dial H for Hero.

 

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(image © DC Comics)

 

Souvenirs de toute une vie

L’introduction de Brian par Bolland fait un écart à la règle et propose les couvertures des comics qui ont inspiré le jeune Brian Bolland au début des années 60. Celui-ci a grandi avec les histoires de monstres qui ont précédé le retour des superhéros, ce qui influencera son style. Suivent quelques dessins de jeunesse, déjà des couvertures ou copies de couverture pour 3 des 4 images proposées. Dans la guerre DC/Marvel, Brian Bolland a clairement fait son choix : il sera lecteur DC. Sa carrière chez l’éditeur américain commence avec Green Lantern. L’artiste évoque les rumeurs qui place cette collaboration comme le début de l’invasion britannique sans soutenir cette théorie. Chaque segment est ainsi l’occasion d’une anecdote, parfois sans tabou. Brian Bolland n’hésite pas à évoquer la frustration de son moi passé lorsqu’on lui ordonne de travailler sur des crayonnés de Ross Andru. Si vous souhaitez savoir d’où vient le N inversé de sa signature, la réponse est également dans l’ouvrage. Brian Bolland se remémore également sa rencontre avec d’autres artistes : les conseils ignorés de Walt Simonson, qui lui recommande des traits moins détaillés, ou Steve Ditko. Brian Bolland mentionne également son enthousiasme à l’idée de travailler sur Wonder Woman, et sa frustration lorsqu’elle quitte par 2 fois son costume iconique ! Peu à peu, l’artiste se détache du contenu du comics. Bien que Brian Bolland continue à réaliser des couvertures aujourd’hui, l’album parvient à boucler la boucle en se refermant sur des couvertures rappelant ses débuts : The Last Days of Animal Man, Green Lantern Corps et, en conclusion, 2 portraits du Joker.

 

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(image © DC Comics)

 

L’évolution d’un artiste

Loin de se cantonner aux simples anecdotes, Brian Bolland revient également sur l’évolution de sa technique. Premier critique de ses œuvres, il souligne ses erreurs ou précise les éléments dont il est encore fier. Lorsqu’il revient sur ses débuts, il exprime ses doutes sur la morphologie de ses personnages sur les couvertures de Green Lantern. À l’opposé, il est toujours fier des détails de la couverture de Camelot 3000 qui présente la reine extraterrestre. Il évoque également les changements de perception du public, et continue à défendre le look de sa Fée Morgane, à la tenue très légère. Plus technique, il revient sur certaines couvertures de séries Vertigo. Pour Vamps, il mêle photographie, peinture et crayonnés. À l’occasion d’Invisibles, il consacre une page à ses débuts difficiles sur ordinateurs, nécessaires pour de meilleurs effets de lumières. Il embrasse enfin ses influences artistiques. L’album permet de comparer 2 couvertures inspirées du Cauchemar de Füssli, d’évoquer l’inspiration des œuvres de Dulac ou les couvertures de Jack of Fables copiées sur des tableaux fameux. Une dernière attraction de l’ouvrage vient des couvertures rejetées. Elles sont parfois peu différentes de la couverture finale, comme celle de The Last Days of Animal Man 4. À d’autres occasions, elles sont radicalement différentes, comme cette couverture de Wonder Woman où le Joker semble jouer les exhibitionnistes devant l’Amazone (il lui montre en réalité une bombe).

 

 

Un beau livre à recommander aux amateurs de l’histoire de DC

Composé à 80% d’images et à 20% de textes de Brian Bolland lui-même, ce beau livre est à recommander aux inconditionnels de l’artistes et aux amateurs de l’histoire de DC. Les uns se régaleront des histoires et anecdotes de l’artistes, les autres apprécieront sa vision sans tabou de l’éditeur : souvent passionné, parfois distant, Brian Bolland garde le regard du jeune enfant qui, à 10 ans, dévorait Tomahawk et My Greatest Adventures.

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(image © DC Comics, Urban Comics)

Brian par Bolland est un beau livre publié en France par Urban Comics.




A propos JB 70 Articles
Lecteur de comics depuis 30 ans, pinailleur Marvel, râleur DC et nostalgique des séries Valiant des années 90.