Birds of Prey, tome 1 : un comics pour les (très) jeunes lecteurs

birds of prey tome 1
(image © DC Comics)

Suite aux évènements de DC Rebirth, la série Birds of Prey redéfinit son groupe pour une nouvelle génération de lecteurs. Pourtant confiée à des scénaristes de séries tv, Birds of Prey est une mouture superficielle et pas très profonde, réservée uniquement aux jeunes lecteurs ou lectrices qui ne se sont pas familiers de ces personnages. À offrir uniquement à une jeune fille de 12 ans.
■ par Doop

 

birds of prey tome 1
(image © DC Comics)

 

Une histoire simple

C’est assez difficile pour moi d’aborder cette nouvelle version des Birds of Prey dans la mesure où il y a 15 ans j’ai été un grand fan de la version de Chuck Dixon et de Gail Simone. Mais l’avantage avec ce Rebirth c’est que toute comparaison est totalement impossible puisque les personnages sont totalement différents. Barbara Gordon semble avoir 15 ans, Black Canary est une chanteuse de punk/rock rebelle et Huntress est un tout nouveau personnage. Les scénaristes Julie et Shawna Benson ont transformé Birds of Prey en une série pour adolescentes, enlevant tout côté un peu sombre ou adulte. Ce qui, à la rigueur, aurait peut-être pu fonctionner si l’on ne rattachait pas la série à une continuité confuse. L’histoire est très basique : un mystérieux personnage se fait passer pour Oracle (l’ancienne identité de Barbara Godon quand elle était clouée sur une chaise roulante), poussant le duo Batgirl/Black Canary à se reformer. Quand l’Oracle en question vend des informations à la mafia de Gotham, les 2 justicières vont tout faire pour retrouver l’identité de ce nouvel ennemi. Allant même jusqu’à s’allier avec Huntress, une jeune femme sans pitié dont la mafia a tué sa famille. C’est très basique et cela manque réellement de caractérisation. On ne me fera pas croire que la série s’adresse à des lecteurs confirmés. L’intrigue est trop simple : nos personnages sont déplacés d’un point A vers un point B, qui les amène via un indice à un point C et ainsi de suite, jusqu’à une révélation finale qu’on avait senti venir depuis un moment. Ce n’est pas parce qu’on écrit des épisodes de série TV qu’on sait écrire des comics, et Birds of Prey le prouve encore une fois. C’est trop prévisible et linéaire.

 

birds of prey tome 1
(image © DC Comics)

 

Des personnages superficiels

Disons-le clairement, les personnages de ce Birds of Prey sont superficiels et avec des personnalités trop caricaturales pour pouvoir les mettre réellement en valeur. Le pire traitement étant réservé à Black Canary, devenue simplement une rebelle rock’n roll qui … ne fait absolument rien. Huntress n’est définie que par son sentiment de vengeance jusqu’à ce qu’une conversation avec ses 2 nouvelles meilleures amies lui fasse comprendre que tuer c’est mal. Clairement, Birds of Prey lorgne plus Riverdale que vers un comics classique présentant les 3 héroïnes les plus complexes de l’univers DC. Je comprends l’idée de sortir un comics Birds of Prey dénué de toute personnalité alors qu’un film générique pointe le bout de son nez. Mais quand même. On reste dans le cadre de l’univers DC Comics de base ! Je ne parle même pas des méchants de l’histoire, totalement transparents et dont j’ai déjà oublié les noms. Julie et Shawna Benson ne savent pas écrire pour un public de lecteurs, tout simplement, comme le prouvent les punchlines et les blagues nullissimes et pas vraiment réfléchies. Généralement, quand on a un scénario assez superficiel, on se rattrape un peu en disant que les dessins sauvent l’ensemble… Pas cette fois-ci.

 

birds of prey tome 1
(image © DC Comics)

 

Des dessins qui manquent de maturité

Je ne connaissais pas Claire Roe ou Roge Antonio, et si on est quand même loin de dessins abominables, ce n’est pas du tout mon style. Comme le scénario, les 2 dessinateurs simplifient leurs planches pour en faire un comics qui plaira aux tous jeunes. Comme il faut rajouter de l’humour, on a pas mal de visages un peu déformés pour caricaturer et énormément d’exagérations dans les expressions. Il y a un style, certes, mais pas très agréable à l’œil. De plus, Claire Roe a énormément de difficultés avec les scènes d’action. Dès que les héroïnes sont en mouvement (et elles le sont beaucoup puisque l’histoire est assez vide), c’est très difficile de comprendre ce qui se passe. Roge Antonio s’en sort un peu mieux. Si vous rajoutez à cela des designs assez faibles, vous aurez une série qui ne m’a pas du tout convaincu. Après, nul doute que ce Birds of Prey pourra ravir les jeunes lectrices qui ont envie de lire des histoires simples et sans ambition, avec des héroïnes bad-ass mais pas trop. En revanche, si vous êtes un afficionado de la version de Gail Simone, ce comics Birds of Prey n’est pas pour vous. ■

birds of prey tome 1
(image © DC Comics, Urban Comics)

Birds of Prey T1 : Qui est Oracle ? est un comics publié en France par Urban Comics.




A propos Doop 267 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.