Les Nouvelles Aventures de Sabrina, la sorcière passe du rose au noir

Avant l’arrivée de Riverdale, le personnage le plus célèbre d’Archie Comics restait Sabrina. La sitcom portée par Melissa Joan Hart avait marqué toute une génération. Pourtant, cette version légère du personnage ne reflétait pas vraiment la noirceur de la sorcellerie. Les créateurs George Gladir et Dan DeCarlo proposaient une héroïne espiègle et familiale. Rien de très inquiétant. Roberto Aguirre-Sacasa et Robert Hack vont changer la donne. Leur relecture plonge Sabrina dans une atmosphère bien plus sombre. Et là, on ne parle plus de chat sarcastique et de sortilèges inoffensifs.

Lancée en 2014 sous le label Archie Horror, Les Nouvelles Aventures de Sabrina assume un ton grave. Sabrina Spellman y lutte pour concilier une vie d’adolescente et un héritage occulte envahi d’entités malveillantes. Chaque choix peut sauver ou condamner son entourage. Netflix adapte la série avec Kiernan Shipka dans le rôle-titre. L’actrice, révélée par Mad Men, incarne une héroïne plus tourmentée que jamais. La série dure deux ans. Elle s’impose depuis comme la version définitive du personnage pour beaucoup de spectateurs, même si elle ont divisé une partie des fans historiques.
Sweet Tooth, l’apocalypse version conte doux-amer

Dans le paysage saturé de dystopies sombres, Sweet Tooth a surpris son monde. Là où beaucoup misent sur la noirceur, la série Netflix adopte un ton plus lumineux. Pourtant, l’univers reste ravagé par un virus dévastateur. L’humanité vacille, et la civilisation s’effondre. Cependant, le récit se pare d’une sensibilité presque féerique. Cette approche rend l’ensemble accessible à un public familial. Beaucoup de spectateurs ignorent d’ailleurs que l’histoire provient d’un comics bien plus rugueux.

À l’origine, Jeff Lemire signe pour Vertigo un récit autrement plus âpre. On y suit Gus, incarné à l’écran par Christian Convery, un enfant né avec des bois et des oreilles de cerf. Dans cet univers, les hybrides humains-animaux sont injustement associés à la pandémie. Le voyage de Gus à travers un monde désertique s’avère brutal et violent. Or, pour la série, Robert Downey Jr et Susan Downey demandent un ton plus doux. Jeff Lemire valide ce choix. Ainsi, l’adaptation atténue la crudité du matériau d’origine. Malgré tout, Sweet Tooth conserve une mélancolie qui fait mouche, même si elle ont parfois simplifié des enjeux plus complexes.
iZombie, le mort-vivant qui mène l’enquête

Après le raz-de-marée Walking Dead, les chaînes cherchent à exploiter la vague zombie. Pourtant, difficile de proposer la même chose encore et encore. Il fallait une variation plus maligne. CW trouve la solution avec iZombie, série issue du comics de Chris Roberson et Michael Allred publié chez Vertigo. Sur le papier déjà, le concept détonne. On ne suit pas un groupe traqué par des hordes affamées. On accompagne une héroïne morte… mais parfaitement fonctionnelle.

De 2015 à 2019, Rose McIver incarne Olivia « Liv » Moore. L’actrice, vue plus tard dans Ghosts, donne un vrai relief au personnage. Sous l’impulsion des producteurs Rob Thomas et Diane Ruggiero-Wright, la série transforme l’intrigue en procedural criminel. Liv travaille à la morgue et consomme des cerveaux pour survivre. Or, chaque bouchée lui transmet les souvenirs du défunt. Elle utilise donc ces visions pour résoudre des affaires. Le ton oscille entre humour noir et polar fantastique. Et même si elle ont parfois flirté avec la redondance, iZombie reste une proposition fraîche dans le paysage horrifique télévisuel.