Snapdragon est l’ennemie la plus intelligente de Black Widow

Dès 1983, dans Marvel Fanfare #12, Ralph Macchio (scénariste) et George Perez (dessinateur) présentent une mercenaire en armure nommée Sheoke Sanada, alias Snapdragon. Sa mission est simple. Abattre Black Widow. L’histoire s’intitule « Le filet se resserre ! » (à lire dans l’Intégrale Black Widow n°2), et le ton est donné. Snapdragon n’est pas une brute. Elle observe. Elle calcule. Au fil des années, elle recroise la route de la Veuve Noire à plusieurs reprises. Pas souvent. Juste assez pour comprendre qu’il vaut mieux garder ses distances.
Ainsi, on la retrouve bien dans la série saluée par la critique écrite par Kelly Thompson (scénariste comics). Snapdragon fait alors partie d’un groupe de vilains décidés à démolir méthodiquement la vie de l’héroïne. Mauvaise idée. Très mauvaise idée. Elle est même l’une des premières à réaliser à quel point le plan est suicidaire. Résultat, dès que Black Widow commence à riposter, Snapdragon disparaît. Elle se replie. Elle retourne dans l’ombre. Une décision lucide, presque rare chez un antagoniste Marvel, et la preuve qu’elle a compris une chose essentielle. Mieux vaut parfois survivre que tenter de gagner.
Les Fléaux de la pègre restent encore à exploiter

Le Fléau de la pègre n’est pas un individu. C’est un titre porté par une dizaine de personnes au fil des années. Peut-être beaucoup plus. Le premier d’entre eux, un certain Delazny, apparaît en 1985 dans Iron Man #194. Dennis O’Neil (scénariste comics) et Luke McDonnell (dessinateur) posent alors les bases d’un concept trouble. Mais il faudra presque dix ans pour que les lecteurs commencent à comprendre à quoi sert vraiment ce Fléau de la pègre.
Car le Fléau n’est pas un homme isolé. C’est un réseau tentaculaire d’assassins. Cette lignée commence avec Thomas Holloway, vétéran de la Seconde Guerre mondiale. Écœuré par un système judiciaire qu’il juge inefficace, il décide de rendre sa propre justice. Par tous les moyens. Le problème, c’est que cette idée fascinante n’a jamais été pleinement exploitée. Comme la plupart des Fléaux, le concept n’apparaît que rarement. Toujours en coup de vent. Jamais développé comme il le mérite. Et c’est sans doute pour cela que le Fléau de la pègre reste aujourd’hui l’un des angles morts les plus frustrants de Marvel.
Tête d’œuf, le vilain Marvel classique qui n’arrive jamais à revenir

Le docteur Elihas Starr, alias Tête d’œuf, fait ses débuts en 1962 dans Tales to Astonish #38. L’histoire s’intitule « La Guerre des fourmis ! ». Stan Lee et Larry Lieber (scénaristes), accompagnés de Jack Kirby au dessin, donnent naissance à un savant de génie. Un cerveau pur. Le genre qui bascule du mauvais côté après s’être fait pincer en train de vendre des secrets gouvernementaux. Tête d’œuf incarne alors tout ce que l’on attend du grand méchant de l’âge d’or Marvel. Intelligent. Arrogant. Calculateur. Et visuellement impossible à oublier.
Sur le fond, Tête d’œuf n’est pourtant pas si différent d’autres antagonistes de la même époque. Beaucoup d’entre eux sont devenus des piliers de la mythologie Marvel. Lui non. En près de soixante-dix ans d’existence, Tête d’œuf n’a occupé le devant de la scène que dans moins de trois douzaines de titres. Trop peu pour marquer durablement les esprits. Malgré son potentiel et son statut de vilain « classique », Tête d’œuf semble condamné à rester en marge. Et à l’heure actuelle, rien n’indique qu’il soit prêt à tenter un véritable retour.