Betty, Veronica, Adam Hughes !

Betty, Veronica, Adam Hughes ! [critique de Betty and Veronica]
(image @ Archie Comics)

Dans Betty and Veronica, c’est le trop rare Adam Hughes, spécialisé pour ses dessins de filles « généreuses », qui préside au destin des 2 pensionnaires les plus sexy de Riverdale dans une mini-série en 3 épisodes. Et c’est vraiment très fun !
■ par Doop

 

Betty, Veronica, Adam Hughes ! [critique de Betty and Veronica]
(image © Archie Comics)

Archie Comics, l’éditeur de Betty and Veronica, est l’une des plus vieilles maisons d’édition des États-Unis. Depuis la fin des années 40 et le succès de son héros éponyme, Archie Comics n’a jamais cessé de publier des comic books, tenant même la dragée haute à Marvel et à DC durant les années 50. L’éditeur a continué d’agrandir l’univers Archie, mais a été un peu plus en retrait durant les années 70 à 2000. Archie Comics est revenu sur le devant de la scène grâce à la série Riverdale (on vous parle de la saison 2 de cette série dans un article). Et aussi par sa volonté de donner un coup de fouet à ses productions comics. Archie Comics a embauché des auteurs confirmés comme Mark Waid, Fiona Staples, Francesco Francavilla, et a ainsi relancé ses séries pour un public plus adapté à son époque. Et donc Adam Hughes pour Betty and Veronica !

 

Betty, Veronica, Adam Hughes ! [critique de Betty and Veronica]
(image © Archie Comics)

Une approche très différente de la série télé

Si vous ne connaissez l’univers d’Archie qu’à travers la série télévisée, Betty and Veronica risque de vous surprendre. En effet Adam Hughes utilise les versions papier des personnages et ne reprend absolument pas à ce qui a été fait à la télévision. Vous aurez donc du mal à reconnaitre Jughead, petit faiblard uniquement focalisé sur la nourriture, les parents inexistants de Veronica ou la relation entre les personnages. De fait, Adam Hughes, ici scénariste et dessinateur, propose un véritable hommage aux comics Archie des années 60 avec une intrigue humoristique très simple et utilisée des centaines de fois : la fermeture de Pop’s, le restaurant local et son rachat par la firme du père de Veronica. Pour sauver son restaurant préféré, la douce (mais très robuste) Betty va devoir récolter des fonds au grand dam de sa rivale démoniaque et manipulatrice qui va tout faire pour l’en empêcher. Si l’on a déjà vu et revu ce genre d’histoire, le traitement de Betty and Veronica est quand même excellent.

 

Betty, Veronica, Adam Hughes ! [critique de Betty and Veronica]
(image © Archie Comics)

Une histoire bien réalisée

On peut toujours être inquiet lorsqu’un dessinateur décide de réaliser aussi des scénarios. Adam Hughes s’était déjà livré à ce genre d’exercice avec la mini-série Gen 13 : Local Heroes dans les années 2000 et s’en était plutôt bien sorti. C’est encore le cas avec Betty and Veronica où il nous propose une série très fun, dont l’humour est plutôt bien dosé et les punchlines assez marrantes. Ce qui n’est pas le cas de la moitié des séries qui jouent sur le thème de l’humour, rappelons-le. En utilisant le chien Hot Dog comme narrateur principal et en truffant son récit de clins d’œil, Hughes brise allègrement les frontières du 4ème mur ! Lorsque Hot Dog affirme que les pages 15 et 16 du 2ème numéro n’existent pas car il les a mangées ou quand Betty et Veronica lisent en maillot de bain leur propre comics pour le critiquer, Hughes laisse tomber son intrigue pour jouer la connivence avec le lecteur. Cela pourrait être lourd (il suffit de lire certains comics Deadpool pour s’en rendre compte) mais il faut avouer que cette fois-ci c’est plutôt bien vu, léger et on sent que le dessinateur se moque de lui-même et de sa réputation. On aurait pu s’attendre à un comics où de jeunes filles à moitié dénudées se lancent des blagues à l’humour douteux : il n’en est rien ! Hughes reste dans un ton très léger et gentillet qui correspond totalement au style de la maison d’édition. Et c’est vraiment une bonne idée. La fin est peut-être un peu trop rapidement expliquée mais cela reste tout à fait dans le ton de Betty and Veronica.

 

Betty, Veronica, Adam Hughes ! [critique de Betty and Veronica]
(image © Archie Comics)

Des dessins splendides

Avec Betty and Veronica, Adam Hughes démontre qu’il n’est pas qu’un dessinateur de pin-ups, mais surtout un artiste trop rare qu’on aimerait voir plus souvent. Ses compositions sont excellentes, sa narration est fluide et il n’hésite pas à utiliser beaucoup de cases lorsque le besoin s’en fait sentir. C’est vraiment ce qui m’a le plus marqué : la facilité et l’aisance de sa narration. Si on rajoute à cela des dessins d’une très grande qualité et la colorisation impeccable de José Villarubia, vous aurez une petite histoire qui ne révolutionne pas le genre, certes, mais une lecture très agréable, qui sort des clichés sexistes que l’on aurait pu attendre et qui est parfaitement exécutée. Que demander de plus ? Une réussite à tous les niveaux. ■

Betty, Veronica, Adam Hughes ! [critique de Betty and Veronica]
Couverture du numéro 1 (image © Archie Comics)




A propos Doop 236 Articles
Doop lit des comics depuis une quarantaine d'années. Modérateur sur Buzzcomics depuis plus de 15 ans, il a écrit pour ce forum (avec la participation de Poulet, sa minette tigrée et capricieuse) un bon millier de critiques et une centaine d'articles très très longs qui peuvent aller de « Promethea » à « Heroes Reborn ». Il a développé une affection particulière pour les auteurs Vertigo des années 90, notamment Peter Milligan et Neil Gaiman.